COP17 sur la biodiversité : des textes clés adoptés à Erevan malgré de profonds désaccords

Le simple fait que les pays aient trouvé un accord est une bonne nouvelle
Catherine Weller, de Fauna et Flora, réagit à l'adoption du texte d'examen de l'accord de Kunming-Montréal.
Mark

Que s'est-il réellement passé vendredi soir à Erevan ?

Mimi

Après deux semaines tendues, la plénière, repoussée plusieurs fois, a adopté deux textes clés presque sans débat, sous les applaudissements.

Luke

Mais on ne connaît pas encore leur contenu détaillé. Ce qu'on sait vient de documents de travail, pas des versions finales.

Mark

Pourquoi l'examen de l'accord de Kunming-Montréal compte-t-il ?

Mimi

Parce que cet accord fixe 23 objectifs pour 2030, dont 30 % de terres et d'océans protégés, et que presque tous sont en retard.

Mark

Est-ce une vraie avancée ?

Mimi

Catherine Weller, de Fauna et Flora, y voit une bonne nouvelle, tout en jugeant le texte peu exaltant et peu détaillé.

Luke

Et Monique Barbut dit que cette COP ne restera pas dans les annales. L'accord est un fait, son efficacité reste à prouver.

Mark

Et sur l'argent ?

Mimi

L'UE a tenté de faire entrer la Chine et d'autres émergents dans la liste des donateurs, inchangée depuis 2006. Qui paie reste la question centrale.

Luke

Quant à l'alliance Russie, Arabie saoudite, Argentine et Brésil, elle vient d'un seul négociateur anonyme, pas d'une position confirmée.

  • Adoptés dans une salle qui applaudit à la hâte, deux textes sortent d'une plénière repoussée à plusieurs reprises, après deux semaines de négociations tendues.
  • Presque tous les objectifs de Kunming-Montréal accusent du retard, et le constat d'échec pèse sur chaque phrase du premier texte.
  • Les subventions aux activités nuisibles, comme l'exploitation pétrolière, font l'objet de discussions âpres sans résolution claire.
  • Un désaccord sur qui doit financer la biodiversité se joue autour de l'entrée possible de pays émergents comme la Chine parmi les donateurs, une liste figée depuis 2006.
  • Des attaques contre les bases scientifiques et des soupçons d'alliances entre plusieurs États inquiètent les négociateurs, tandis que le financement, la contribution des entreprises et le choix de l'hôte de 2028 restent ouverts.

Vendredi soir, à Erevan, la COP17 sur la biodiversité a fini par adopter deux textes après deux semaines de négociations éprouvantes entre près de deux cents pays. Le premier, un examen de l'accord de Kunming-Montréal, rappelle une vérité que le monde préfère souvent taire : presque aucun des vingt-trois objectifs fixés pour 2030 n'est sur la bonne voie. Le second touche à la question la plus ancienne et la plus sensible de la protection de la nature, celle de savoir qui paie. Le simple fait d'un accord, dans un climat de méfiance envers la science et de finances publiques exsangues, est déjà un signe, même si la route reste longue.

Vendredi 30 octobre, à Erevan, la dernière séance plénière de la COP17 sur la biodiversité s'est ouverte tard dans la soirée, après plusieurs reports. Les discussions entre près de deux cents pays semblaient bloquées, mais une fois les délégués installés, les textes sont passés rapidement. Le ministre arménien de l'Environnement, Hambardzum Matevosyan, a soumis deux documents à l'assemblée, sans objection, et la salle a applaudi. Le contenu détaillé restait à publier.

Le premier texte est un examen de l'accord de Kunming-Montréal, signé en 2022 et souvent présenté comme l'équivalent pour la nature de l'accord de Paris. Ses vingt-trois objectifs pour 2030 prévoient de protéger 30 % des terres et des océans, de combattre la pollution et les espèces envahissantes, et de restaurer les écosystèmes. Presque tous sont en retard. Pour Catherine Weller, de l'ONG Fauna et Flora, le texte n'est ni exaltant ni précis, mais l'accord lui-même est une bonne nouvelle, car il pousse les États à accélérer avec des propositions concrètes. Les subventions aux activités nuisibles, comme l'exploitation pétrolière, ont été fortement débattues.

Le second texte concerne la mobilisation des ressources. L'Union européenne a tenté de convaincre de grands pays émergents, dont la Chine, de rejoindre la liste des donateurs, figée depuis 2006. La vraie question reste qui paiera, dans un contexte où les budgets publics sont partout sous pression.

Les tensions se sont aussi portées sur la science. Plusieurs pays sont accusés de vouloir affaiblir les bases scientifiques de la protection de la nature, après des tentatives de retarder les rapports du Giec. La ministre française Monique Barbut a jugé que cette COP ne resterait pas pour ses avancées. Il reste à préciser les textes, à trancher le financement et à désigner, entre le Panama et l'Équateur, l'hôte de 2028.

Vendredi 30 octobre, tard dans la soirée, la dernière séance plénière de la COP17 sur la biodiversité s'est enfin ouverte à Erevan, en Arménie. Elle avait été repoussée plusieurs fois, et les discussions entre les représentants de près de 200 pays semblaient patiner. Une fois les délégués assis, les choses sont allées vite : plusieurs textes clés ont été adoptés, au terme de deux semaines de négociations marquées par de profonds désaccords.

Le ministre arménien de l'Environnement, Hambardzum Matevosyan, a d'abord rappelé les compromis discutés plus tôt dans la journée par les négociateurs. Il a ensuite soumis deux textes importants à l'assemblée. Aucune objection ne s'est élevée, et il a déclaré leur adoption d'un « Et voilà. Parfait. » Des applaudissements ont retenti dans la salle. Le contenu détaillé des textes n'était pas disponible dans l'immédiat.

Le premier doit constituer un « examen mondial » de l'accord de Kunming-Montréal, conclu en 2022 et considéré comme l'équivalent, pour la nature, de l'accord de Paris sur le climat. Cet accord fixe 23 objectifs à atteindre d'ici 2030 : protéger 30 % des terres et des océans, lutter contre la pollution et les espèces envahissantes, restaurer les écosystèmes dégradés. Presque tous accusent du retard.

Catherine Weller, de l'ONG Fauna et Flora, a expliqué à l'AFP que le texte devait répondre aux preuves irréfutables que le monde n'est pas en voie d'atteindre ses objectifs pour 2030. Selon elle, il n'est ni particulièrement exaltant ni détaillé, mais le simple fait que les pays aient trouvé un accord est une bonne nouvelle. Le texte vise à remettre les États sur les rails avec des propositions concrètes. Un document de travail les appelait à « accélérer » leurs efforts et soulignait la nécessité d'un renforcement des mesures contre les causes profondes de la perte de biodiversité, sous plusieurs formulations. Les subventions et incitations aux activités nuisibles à la nature, comme l'exploitation pétrolière, ont été âprement discutées.

Le second texte porte sur la « mobilisation des ressources ». Un document de travail y abordait la participation des pays émergents au groupe des pays donateurs. L'Union européenne a tenté, pendant la COP, de convaincre de grands pays émergents, dont la Chine, de rejoindre cette liste qui n'a pas été actualisée depuis 2006. La question de fond est de savoir qui paie pour atteindre les objectifs financiers fixés pour 2030, un sujet sensible alors que les finances publiques sont dégradées partout et que les États se renvoient la responsabilité d'augmenter leurs dotations.

D'autres points restaient en discussion vendredi soir : la contribution des entreprises à un fonds onusien pour la conservation, très peu doté, et le choix du pays qui accueillera la COP sur la biodiversité de 2028, entre le Panama et l'Équateur.

Les tensions ont aussi porté sur les bases scientifiques qui éclairent la politique mondiale de protection de la nature, que plusieurs pays sont accusés de vouloir affaiblir. Cela survient peu après des tentatives de pays dépendants des énergies fossiles de retarder la publication des rapports du Giec. La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, a jugé devant la presse, avant la plénière, que cette COP « ne restera pas dans les annales pour ses avancées ». Elle s'est dite très dérangée par les attaques contre la science, toujours menées par les mêmes, sur toutes les négociations environnementales, sans nommer d'États. La veille, un négociateur d'un autre pays développé avait évoqué à l'AFP une alliance manifeste entre la Russie, l'Arabie saoudite, l'Argentine et, dans une certaine mesure, le Brésil pour édulcorer des rapports scientifiques.

Il reste à connaître le contenu précis des textes adoptés, à trancher le financement et la place des pays émergents parmi les donateurs, et à désigner l'hôte de 2028.

Cette COP ne restera pas dans les annales pour ses avancées.
— Monique Barbut, ministre française de la Transition écologique
Le simple fait que les pays ont pu trouver un accord est une bonne nouvelle.
— Catherine Weller, Fauna et Flora, à l'AFP
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