Trump exempte la Russie des sanctions du Graham Act, provoquant la colère de Zelensky

Au moins un mort à Kherson lors des bombardements russes de la nuit du vendredi au samedi.
Trahi par son allié, Zelensky se tourne vers l'Europe
Après la suspension des sanctions du Graham Act par Trump, le président ukrainien demande 70 milliards d'euros supplémentaires à ses alliés européens.
Mark

Pourquoi Trump a-t-il choisi ce moment précis pour suspendre le Graham Act ? Qu'est-ce qui l'y a poussé ?

Mimi

Il invoque l'intérêt national américain, mais le contexte suggère des calculs énergétiques — il a déjà annoncé un accord avec Poutine pour importer du diesel russe. Et avec les élections de mi-mandat qui approchent, les prix de l'énergie sont un enjeu politique majeur aux États-Unis.

Luke

Mais on ne sait pas exactement ce que contient cet accord avec Poutine. Le décret dit « intérêt national », ce qui est vague. Trump a-t-il vraiment négocié un accord énergétique, ou c'est une justification après coup ?

Mark

Et Zelensky ? Comment réagit-il concrètement ?

Mimi

Il se dit trahi et se tourne vers l'Europe. Il demande 70 milliards d'euros supplémentaires pour l'année prochaine, en plus des 155 milliards que la guerre coûtera déjà.

Luke

Mais les Européens ne se sont engagés à rien. Macron a dit qu'il était trop tôt pour articuler un chiffre. C'est une promesse vague face à une demande précise.

Mark

Qu'est-ce que le Graham Act aurait vraiment changé pour l'Ukraine ?

Mimi

C'était un outil symbolique et pratique — des droits de douane jusqu'à 100 % sur les importateurs de pétrole et gaz russes, et pour la première fois, des sanctions contre la flotte fantôme russe. Ça aurait pu étouffer les revenus énergétiques russes.

Luke

Mais Trump avait déjà le pouvoir de l'appliquer ou non. Le Congrès avait écrit la loi en lui donnant une grande latitude. Donc la question n'est pas ce que la loi aurait pu faire, mais pourquoi Trump a choisi de ne pas l'utiliser.

Mark

Et sur le terrain, qu'est-ce qui change ?

Mimi

L'Ukraine intensifie ses frappes contre les raffineries russes, ce qui agace Trump. Les bombardements russes s'intensifient aussi. Au moins une personne a été tuée à Kherson vendredi soir. L'hiver approche, et l'Ukraine craint de manquer de ressources.

Luke

On ne sait pas encore comment cette crise diplomatique affectera le soutien militaire américain à l'Ukraine. Le décret porte sur les sanctions, pas sur l'aide militaire. Mais c'est un signal politique très fort.

  • Trump suspend les sanctions énergétiques du Graham Act invoquant l'intérêt national américain
  • Zelensky demande 70 milliards d'euros supplémentaires aux alliés européens pour 2027
  • Le Graham Act visait pour la première fois la flotte fantôme russe et prévoyait des droits de douane jusqu'à 100 %
  • Au moins une personne tuée à Kherson lors des bombardements russes du vendredi au samedi
  • Trump a annoncé début octobre un accord avec Poutine pour importer du diesel russe

Trump invoque l'intérêt national américain pour suspendre les sanctions énergétiques contre la Russie, y compris les droits de douane jusqu'à 100% sur les importateurs de gaz et pétrole russes. Zelensky dénonce une trahison et demande aux alliés européens 70 milliards d'euros pour faire face à l'invasion, tandis que l'Ukraine intensifie ses frappes contre les raffineries russes.

Donald Trump a exempté vendredi la Russie de nouvelles sanctions majeures du Graham Act, provoquant la colère de Zelensky qui se tourne vers l'Europe pour obtenir 70 milliards d'euros supplémentaires.

Vendredi soir, la Maison-Blanche a publié un décret suspendant les sanctions prévues par le Graham Act, la première grande riposte législative du Congrès contre Moscou depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. Le président américain a justifié cette exemption en invoquant « l'intérêt national des États-Unis », écartant ainsi un arsenal législatif conçu pour frapper le secteur énergétique russe — y compris, pour la première fois, la flotte fantôme russe — et ciblant Vladimir Poutine ainsi que d'autres hauts responsables du Kremlin. La loi donnait à Trump le pouvoir d'imposer des droits de douane pouvant atteindre jusqu'à 100 % sur les cinq principaux pays importateurs de gaz et de pétrole russes, notamment la Chine et l'Inde.

Cette décision a provoqué une rupture ouverte avec Kiev. Volodymyr Zelensky, qui avait salué la promulgation du Graham Act en septembre comme « un outil extrêmement puissant capable de mettre un terme à cette guerre terroriste », s'est dit « trahi » par son allié américain. Le contexte de cette exemption aggrave le malaise : début octobre, Trump avait annoncé avoir conclu un accord avec Poutine visant à lever des sanctions pour permettre aux États-Unis d'importer de grandes quantités de diesel russe. Depuis, l'Ukraine a dénoncé ne pas avoir été avertie d'attaques russes imminentes et a signalé des restrictions dans l'utilisation des services satellitaires de SpaceX, une dépendance critique pour son armée face à des pénuries de missiles intercepteurs.

Le Graham Act porte le nom du sénateur républicain Lindsey Graham, mort en juillet, qui avait été un farouche défenseur de l'Ukraine et un pourfendeur de la Russie. Son adoption en septembre par le Congrès représentait un moment symbolique majeur — la première action législative substantielle contre Moscou depuis le retour de Trump. En le suspendant, le président a non seulement contrecarré la volonté du Congrès, mais il a aussi signalé à Zelensky que le soutien américain était désormais conditionnel à des calculs énergétiques et électoraux.

Face à cette détérioration, Zelensky s'est tourné vers l'Europe. Réunis vendredi à Bruxelles, les dirigeants de l'Union européenne ont assuré le président ukrainien de leur soutien, mais sans engagement financier immédiat. Zelensky a présenté des chiffres alarmants : la guerre coûtera 155 milliards d'euros l'année prochaine, et l'Ukraine a besoin d'au moins 70 milliards d'euros supplémentaires de la part de ses alliés européens. Emmanuel Macron a tempéré les attentes, déclarant qu'« il est trop tôt pour articuler un chiffre », tout en réaffirmant que les Européens « ne lâcheront pas » Kiev — une formule qui sonnait comme une promesse creuse face aux besoins concrets énoncés.

Sur le terrain, la situation s'aggrave. Après quatre ans et demi d'invasion à grande échelle, l'Ukraine fait face à une intensification des bombardements russes, qui ont tué au moins une personne à Kherson dans la nuit du vendredi au samedi. L'Ukraine a réagi en multipliant les frappes de longue portée contre les raffineries russes, reprenant après plusieurs jours de pause une campagne qui agace Trump — confronté au mécontentement des Américains sur les prix de l'énergie à l'approche des élections de mi-mandat. Les autorités russes rapportent l'abattage de dizaines de drones se dirigeant vers Moscou.

Zelensky, évitant toute critique directe du président américain, a indiqué à Bruxelles que son équipe était « en pourparlers » avec les négociateurs américains et qu'une rencontre était possible dans les prochains jours. Mais le fossé s'élargit : d'un côté, une Ukraine qui craint d'être abandonnée par son allié le plus puissant ; de l'autre, une administration américaine qui sacrifie les sanctions contre Moscou pour des accords énergétiques et pour apaiser les électeurs américains préoccupés par les prix du carburant. L'hiver approche, et l'Ukraine devra affronter une guerre intensifiée sans la garantie du soutien américain qu'elle croyait acquis.

Un outil extrêmement puissant capable de mettre un terme à cette guerre terroriste et de pousser la Russie à faire la paix
— Volodymyr Zelensky, lors de la promulgation du Graham Act en septembre
La guerre coûtera 155 milliards d'euros l'année prochaine. Et nous avons besoin d'au moins 70 milliards d'euros de plus de votre part
— Volodymyr Zelensky, aux dirigeants européens réunis à Bruxelles
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