Les Israéliens expatriés sacrifient vacances et retrouvailles pour voter le 27 octobre

Voter c'est plus que jamais une priorité
Une expatriée israélienne explique pourquoi elle a renoncé à célébrer la naissance de son petit neveu pour voter aux législatives du 27 octobre.
Mark

Pourquoi ces gens acceptent-ils de dépenser autant d'argent et de temps pour voter alors qu'ils vivent à l'étranger?

Mimi

Parce qu'Israël n'autorise pas le vote par correspondance pour les expatriés. C'est une règle stricte. Si tu veux voter, tu dois être physiquement présent le jour du scrutin. Pour beaucoup, c'est une question de principe — ils sentent que ce vote est crucial pour l'avenir du pays.

Luke

Mais combien de ces 53 000 personnes vont réellement se présenter? C'est une intention déclarée, pas une certitude. Et l'initiative « Fly&Vote » — elle est vraiment apolitique, ou est-ce que le Likoud a raison de soupçonner qu'elle favorise l'opposition?

Mimi

L'initiative affirme être strictement apolitique. Elle fournit juste une plateforme pour trouver des vols. Mais tu as raison de noter que c'est une intention déclarée, pas un chiffre confirmé.

Mark

Et ces expatriés — ils représentent quel pourcentage de l'électorat total?

Mimi

Environ un million d'Israéliens vivent à l'étranger selon le ministre de l'Aliya. Mais on ne sait pas exactement combien sont inscrits sur les listes électorales ou combien vont réellement voter.

Luke

C'est important. Si 53 000 personnes votent sur un million d'expatriés, c'est 5%. Ça peut être décisif dans un scrutin serré, mais ça reste une minorité de la diaspora. Et les sondages — ils incluent les votes des expatriés ou pas?

Mimi

Les sondages mentionnés ne précisent pas s'ils incluent les expatriés. C'est une question ouverte.

Mark

Qu'est-ce qui divise vraiment ces expatriés? C'est juste Netanyahu ou c'est plus profond?

Mimi

C'est plus profond. Pour certains, c'est la réforme judiciaire et les droits humains. Pour d'autres, c'est la capacité de Netanyahu à affronter les menaces extérieures. Le 7-Octobre est aussi une ligne de partage — certains le tiennent responsable, d'autres pensent qu'il est le seul capable de gérer la crise.

Luke

Et les gens qui ont quitté Israël — comme Chaya — est-ce qu'ils représentent une tendance plus large? Combien de personnes ont quitté le pays ces dernières années pour les raisons qu'elle cite?

Mimi

Elle dit que « nombre de ses amis » ont quitté pour les mêmes raisons, mais on n'a pas de chiffres globaux sur l'émigration liée à la réforme judiciaire ou à la situation politique.

Mark

Donc ces témoignages sont puissants, mais ils ne nous disent pas vraiment l'ampleur du phénomène.

Luke

Exactement. On a des histoires individuelles convaincantes et des intentions déclarées, mais pas de données solides sur qui va vraiment voter et comment ça va peser sur le résultat.

  • Israël n'autorise pas le vote par correspondance pour les expatriés; plus de 53 000 Israéliens de l'étranger ont l'intention de rentrer voter le 27 octobre
  • Aucun bloc politique n'obtient la majorité requise de 61 sièges selon les derniers sondages
  • L'initiative « Fly&Vote » a enregistré un peu moins de 35 000 inscriptions et fait face à une action en justice du Likoud
  • Environ un million d'Israéliens vivent à l'étranger selon le ministre de l'Aliya

Israël n'autorise pas le vote par correspondance pour les expatriés, les forçant à se déplacer physiquement. Plus de 53 000 Israéliens de l'étranger ont l'intention de rentrer pour voter. Les expatriés interrogés expriment des motivations diverses : certains veulent sanctionner Netanyahu pour la réforme judiciaire et la situation à Gaza, d'autres le soutiennent comme seul homme politique d'envergure capable de rivaliser avec Trump ou Poutine.

Des milliers d'Israéliens vivant à l'étranger sacrifient vacances et retrouvailles familiales pour rentrer voter aux législatives du 27 octobre, malgré l'explosion des prix des billets d'avion. Ce scrutin s'annonce décisif pour le pays, divisé entre partisans et opposants de Benjamin Netanyahu.

Chaya a réservé son billet aller-retour pour Tel-Aviv dès l'annonce de la date des législatives du 27 octobre. Cette Israélo-suisse installée à Paris depuis deux ans et demi considère ce voyage comme incontournable, même s'il lui coûte cher. Elle a renoncé à un déplacement prévu pour célébrer la naissance de son petit neveu. « Ce voyage a un vrai coût. Il fallait choisir. Voter c'est plus que jamais une priorité », explique-t-elle. Elle a même décidé de partir quelques jours avant le scrutin, au cas où l'espace aérien serait fermé — une précaution qui en dit long sur ses craintes concernant la stabilité du pays.

Chaya n'est pas seule dans cette démarche. Israël n'autorise pas le vote par correspondance pour ses citoyens vivant à l'étranger, sauf dans des cas exceptionnels comme celui des diplomates. Les quelque un million d'Israéliens expatriés qui souhaitent participer au scrutin doivent donc être physiquement présents le jour du vote. Cette contrainte, combinée à l'explosion des prix des billets d'avion, force des milliers de personnes à faire des choix difficiles. Gali, une Franco-Israélienne de 49 ans, prendra un vol le 26 octobre et ne restera que quinze heures sur place — le temps de voter avant de reprendre l'avion pour un rendez-vous professionnel. Son mari fera le même aller-retour. Comme les élections tombent en pleine période de vacances scolaires en France, ils ont dû renoncer à leurs congés pour financer ces billets.

Ce qui pousse ces expatriés à consentir de tels sacrifices, c'est leur conviction que ce scrutin est décisif pour l'avenir du pays. Chaya a quitté Israël en 2023 après l'élection du gouvernement actuel, lassée par les manifestations massives contre la réforme judiciaire qui n'avaient pas été entendues. Elle avait manifesté plusieurs fois par semaine pendant des mois. « Je ne veux pas revivre ces dernières années », dit-elle. Elle énumère ses préoccupations : la réduction des prérogatives de la Cour suprême, l'occupation, la situation à Gaza, les attaques de colons contre les Palestiniens. Gali partage cette inquiétude. Elle oscille entre peur et espoir, espérant que Benjamin Netanyahu perdra le pouvoir. « La démocratie, c'est quelque chose auquel il ne faut pas toucher. Et il y a touché. Il a franchi une ligne rouge », affirme-t-elle.

Mais les expatriés ne forment pas un bloc monolithique. Claude, 77 ans, rentrera en Israël le 27 octobre pour voter en faveur de Netanyahu. Bien qu'il reconnaisse qu'il y a « des choses intolérables » à lui reprocher, il le considère comme l'homme de la situation, le seul politicien d'envergure capable de rivaliser avec des figures comme Donald Trump ou Vladimir Poutine. Gabriel, 75 ans, qui vit entre Tel-Aviv, Paris et le Portugal, fera un passage éclair de quatre jours pour voter Netanyahu, craignant que les partis de gauche ne parviennent à former des alliances qui compromettraient ses chances de reconduction. Jean, 76 ans, a lui aussi voté pour Netanyahu par le passé, mais cette fois il veut « tourner la page ». Il tient le Premier ministre responsable du 7-Octobre et estime que l'image du pays a été suffisamment endommagée.

Le scrutin s'annonce extrêmement serré. Selon les derniers sondages, ni la coalition de Netanyahu ni l'opposition, profondément divisée, n'obtiennent la majorité de 61 sièges requise pour former un gouvernement. Dans un tel contexte, les voix des expatriés pourraient s'avérer décisives. Une initiative citoyenne appelée « Fly&Vote », portée par l'ONG américaine America-Israel Democracy Coalition, facilite le retour des électeurs expatriés en mettant à disposition une plateforme gratuite pour rechercher les meilleures offres de vols. Selon l'initiative, un peu moins de 35 000 Israéliens se sont inscrits pour rentrer voter, et plus de 53 000, selon une enquête, ont l'intention de faire le déplacement.

Cette mobilisation inquiète le Likoud, le parti de Netanyahu. Craignant qu'un afflux d'expatriés ne favorise les partis d'opposition, le parti a engagé une action en justice contre « Fly&Vote », invoquant des faits de corruption électorale et une violation de la loi sur le financement des partis. Les initiateurs du programme assurent qu'il est strictement apolitique. « Fly and Vote ne soutient aucun parti politique, aucune personnalité politique. L'idée, c'est d'aider les Israéliens de l'étranger à pouvoir exercer leur droit de vote », déclare Sylvie L., représentante du programme pour la France et la Belgique.

Au-delà des calculs électoraux, ce qui frappe dans les témoignages des expatriés, c'est l'intensité de leur engagement malgré la distance. Beaucoup redoutent aussi que le scrutin ne débouche sur une nouvelle impasse politique, comme ce fut le cas entre 2019 et 2022 avec cinq élections en trois ans et demi. « Cela ne serait pas bon », estime Claude. « Le monde nous observe de près ». Pour ces Israéliens dispersés aux quatre coins du globe, le 27 octobre représente bien plus qu'un simple vote : c'est une tentative de peser sur le destin d'un pays qu'ils ont quitté mais dont ils se sentent toujours responsables.

Ce voyage a un vrai coût. Il fallait choisir. Voter c'est plus que jamais une priorité
— Chaya, Israélo-suisse installée à Paris
La démocratie, c'est quelque chose auquel il ne faut pas toucher. Et il y a touché. Il a franchi une ligne rouge
— Gali, Franco-Israélienne de 49 ans
Avec notamment ce grand mystère de savoir s'il savait ou ne savait pas pour le 7-Octobre. Malgré tout il est l'homme de la situation, le seul homme politique d'envergure capable d'avoir du répondant par rapport à des hommes comme Donald Trump ou comme Vladimir Poutine
— Claude, 77 ans, partisan de Netanyahu
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