Élections en Israël : Nétanyahou peut-il perdre ?

Les attaques terroristes du Hamas du 7 Octobre ont traumatisé la population israélienne, et la spirale de guerres se poursuit à Gaza, au Liban, en Iran et en Cisjordanie.
Une ombre noire sur les débats, même écarté du pouvoir
Libération juge que Nétanyahou continuerait de peser sur la vie politique israélienne même en cas de défaite.
Mark

Pourquoi Libération parle-t-il de « peurs » au pluriel ?

Mimi

Parce que chaque camp a la sienne : le Premier ministre face à la justice, ses alliés, une opposition divisée, les Israéliens traumatisés par le 7 Octobre, et ceux de l'étranger confrontés à l'antisémitisme.

Luke

Précisons que c'est un éditorial. Dire que les menaces de Nétanyahou naissent de sa peur d'une enquête, c'est une interprétation du journal, pas un fait établi.

Mark

Et les chiffres ?

Mimi

Environ 810 000 électeurs vivent à l'étranger, sur 7,3 millions. Beaucoup se sont déplacés, car on ne vote pas à distance.

Luke

Le texte ne dit pas combien se sont déplacés. Et « de plus en plus d'Israéliens » envisageraient de partir : aucune donnée n'est fournie.

Mark

Quel rôle pour Gadi Eisenkot ?

Mimi

Il dirige le parti Yashar. Le journal en fait un espoir fragile de retour à la normalité, tout en reconnaissant qu'il n'est pas un grand modéré.

Luke

Rien ne dit dans le texte qu'il peut gagner, ni quels sondages le placent où. Le titre pose une question, il ne la tranche pas.

Mark

Et après le scrutin ?

Mimi

Le système proportionnel rendra la formation d'un gouvernement difficile, et Nétanyahou pèsera sur les débats même écarté.

  • Le Premier ministre agite des menaces extrêmes, tandis que sa propre survie politique et judiciaire semble suspendue au résultat du scrutin.
  • Une population traumatisée par le 7 Octobre craint une nouvelle victoire qui aggraverait l'isolement international et les atteintes à la justice.
  • Une opposition divisée cherche encore à se convaincre qu'une alternative crédible existe, portée par Gadi Eisenkot et son parti Yashar.
  • Le scrutin proportionnel promet des négociations longues et ardues, et Nétanyahou pourrait continuer à peser sur le débat même hors du pouvoir.
  • Les Israéliens de l'étranger, nombreux à avoir fait le déplacement pour voter faute de vote à distance, incarnent une mobilisation tendue vers l'avenir.

Au seuil d'un scrutin où Israël doit choisir son avenir, la question qui hante le pays est aussi vieille que ses blessures : un homme qui a tenu le pouvoir pendant des années peut-il enfin en tomber ? Libération répond qu'il le peut, et que ce possible porte en lui à la fois le soulagement et l'inquiétude. Car la peur, ici, n'a pas un seul visage : elle habite le dirigeant lui-même, ses alliés, une opposition divisée et surtout une population encore marquée par le 7 Octobre. Dans cette lumière incertaine, un homme dont le nom signifie l'intégrité apparaît comme une promesse fragile, celle d'un pays qui tenterait de se relever de la guerre.

À la veille des élections législatives israéliennes, Libération s'interroge : Benyamin Nétanyahou peut-il perdre ? Le journal répond que oui, c'est possible, et que la peur traverse toute la société.

Le Premier ministre lui-même agite des menaces, évoquant une attaque nucléaire sur Tel-Aviv ou un effondrement économique. Pour l'éditorial, ces menaces trahissent sa propre angoisse : une défaite ouvrirait la voie à une enquête sur le 7 Octobre et à ses condamnations pour corruption.

Ses alliés, qualifiés d'extrémistes, entretiennent depuis quatre ans une spirale de guerres à Gaza, au Liban, en Iran et en Cisjordanie. L'opposition, divisée, peine à croire en sa propre alternative.

Mais la peur la plus profonde est celle des Israéliens eux-mêmes, traumatisés par le 7 Octobre. Une nouvelle victoire de Nétanyahou signifierait, selon le journal, un isolement accru, de nouvelles atteintes à la justice et un état de guerre permanent ; beaucoup envisageraient de quitter le pays.

Les Israéliens de l'étranger, environ 810 000 sur 7,3 millions d'électeurs, ont vécu la montée de l'antisémitisme et sont nombreux à avoir fait le voyage pour voter.

Dans ce paysage, Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, apparaît comme un espoir fragile de retour à la normalité. Le chemin reste long : le scrutin proportionnel rendra la formation d'un gouvernement difficile, et Nétanyahou continuerait à projeter son ombre sur les débats.

À la veille des élections législatives israéliennes, un éditorial de Libération décrit un pays où la peur est partout, et où elle prend des formes très différentes selon ceux qui l'éprouvent. La question posée en titre est simple : Benyamin Nétanyahou peut-il perdre ? Le journal répond que oui, c'est possible.

La première peur est celle que le Premier ministre agite lui-même, sans nuance. Il brandit la menace d'une attaque nucléaire sur Tel-Aviv et celle d'un effondrement économique global pour Israël. Libération y voit un procédé habituel chez le chef du Likoud, proche d'une intimidation malsaine. Selon l'éditorial, ces menaces naissent de sa propre crainte : une défaite pourrait ouvrir la voie à une enquête indépendante sur les massacres commis par le Hamas le 7 Octobre et sur le rôle obscur qu'il aurait joué en ne prévenant pas cette tragédie. S'y ajoutent les nombreuses condamnations pour corruption qui le menacent s'il perdait le pouvoir.

Vient ensuite la peur des alliés du Premier ministre, que le journal qualifie de ramassis d'extrémistes variés. Depuis l'élection de 2022, il y a quatre ans, ils entretiennent selon lui un cycle de terreurs et de fractures à Gaza, au Liban, en Iran et en Cisjordanie.

L'opposition a aussi sa peur. Divisée, comme le reste du pays, elle peine à se convaincre qu'une alternative est possible.

Surtout, il y a la peur des Israéliens eux-mêmes, toujours traumatisés par les attaques du 7 Octobre. Ceux qui vivent sur place savent, écrit Libération, ce que signifierait une nouvelle victoire de Nétanyahou, si souvent remonté à la surface quand on le donnait pour fini : un isolement international aggravé, la poursuite des atteintes à l'état de droit, en particulier contre la justice, dans une démocratie très fragilisée, et le maintien d'un état de guerre et de siège permanents. De plus en plus d'Israéliens envisageraient de quitter le pays si le Premier ministre était reconduit.

La dernière peur est celle des Israéliens de l'étranger, environ 810 000 sur 7,3 millions d'électeurs. Depuis trois ans, ils ont vécu la montée de l'antisémitisme. Beaucoup ont fait le déplacement pour voter ce mardi, puisque le vote à distance n'existe pas en Israël.

Dans ce paysage, l'éditorial désigne Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, mot qui signifie « intègre » en hébreu. Le journal note qu'il n'est pas un grand modéré, mais voit en lui un espoir fragile : celui d'un début de retour à une certaine normalité, d'un premier pas vers une guérison nationale et, peut-être, vers la fin de la spirale de guerres et de destructions.

Le chemin s'annonce toutefois long et difficile. Le système proportionnel compliquera la tâche d'un nouveau gouvernement, qui devra réaliser des prouesses de compromis. Et même écarté du pouvoir, Nétanyahou continuerait, selon Libération, à projeter son ombre sur les débats. Il s'agit d'un éditorial : ce sont les analyses du journal, non des faits établis par une enquête.

Benyamin Nétanyahou peut perdre cette élection.
— Éditorial de Libération
Quieres la nota completa? Lee el original en Libération ↗
Contáctanos FAQ