Trois ans après le 7 Octobre, Israël miné par le deuil, la guerre et les divisions

364 personnes tuées lors de l'attaque du Hamas contre le festival Nova le 7 octobre 2023 ; des milliers d'autres blessées et traumatisées, affectant profondément la cohésion sociale israélienne.
En Israël, de près ou de loin, tout le monde a perdu quelqu'un ce jour-là
Un jeune soldat en formation réfléchit sur l'ampleur du traumatisme collectif trois ans après le massacre.
Mark

Pourquoi le mémorial du festival Nova est-il devenu un lieu si central pour comprendre l'état d'Israël en ce moment ?

Mimi

Parce que c'est là que le chiffre devient visage. 364 morts, ce n'est qu'un nombre jusqu'à ce que vous voyiez Libby Cohen-Meguri sourire sur une photo, jusqu'à ce que vous sachiez qu'elle est morte en parlant à sa famille. Le mémorial force le pays à regarder ce qu'il a perdu.

Luke

Mais le reportage ne nous dit pas comment les Israéliens interprètent différemment ce qui s'est passé ce jour-là. Il y a probablement des désaccords profonds sur les causes, sur la responsabilité. Ça, c'est absent.

Mark

Adar dit que « tout le monde a perdu quelqu'un ». Est-ce vraiment vrai ?

Mimi

C'est ce qu'il ressent, et c'est important. Mais c'est aussi une façon de parler de l'ampleur du traumatisme. Même ceux qui n'ont pas perdu quelqu'un directement vivent dans une société où le deuil est omniprésent.

Luke

Oui, mais le reportage ne nous donne pas les chiffres. Combien de familles ont été directement touchées ? Quel pourcentage de la population ? C'est une affirmation émotionnelle, pas une donnée.

Mark

Comment la cohésion initiale s'est-elle transformée en divisions ?

Mimi

Par l'usure. Le choc unit les gens pendant un moment, mais quand la guerre s'éternise, les questions deviennent politiques. Qui est responsable ? Où allons-nous ? Ces questions divisent.

Luke

Le reportage dit que l'absence de « vérité officielle » a ravivé les divisions. Mais qu'est-ce que cela signifie exactement ? Y a-t-il une commission d'enquête ? Des rapports contestés ? Le lecteur ne sait pas.

Mark

Adar semble certain de son rôle. Est-ce représentatif ?

Mimi

Il représente ceux qui trouvent du sens dans le service, qui voient une continuité entre le 7 octobre et leur engagement. Mais il y a probablement d'autres soldats qui questionnent, qui sont épuisés.

Luke

Exactement. Le reportage nous montre un soldat motivé, mais nous ne savons rien du moral des troupes en général, du taux de désertion, des critiques au sein de l'armée elle-même. C'est un portrait, pas une analyse.

  • Le souvenir des 364 morts du festival Nova reste une blessure ouverte, incarnée dans des portraits souriants que des soldats en uniforme viennent encore contempler trois ans après.
  • La cohésion née du choc initial a cédé la place à l'épuisement : trois ans de guerre ont ravivé les divisions politiques et idéologiques que le deuil collectif avait un temps masquées.
  • Des questions fondamentales — pourquoi les défenses ont-elles failli, où mène ce conflit — restent sans réponse officielle, alimentant la méfiance et le désaccord.
  • Les premières élections depuis le 7 octobre s'annoncent moins comme un scrutin ordinaire que comme un test de la capacité d'Israël à se rassembler autour d'une vision commune.
  • Des soldats comme Adar, bientôt déployés sur de nouveaux fronts, incarnent une certitude personnelle que la société dans son ensemble peine à retrouver collectivement.

Trois ans après le massacre du 7 octobre 2023, Israël porte un deuil qui n'a pas fini de remodeler son tissu social. Ce qui avait brièvement uni le pays dans l'horreur s'est peu à peu effrité sous le poids d'une guerre prolongée et de questions restées sans réponse. À la veille des premières élections depuis le massacre, la société israélienne se retrouve à un carrefour : chercher une direction commune ou s'enfoncer davantage dans ses fractures anciennes.

Adar traverse le mémorial du festival Nova en uniforme, son M-16 en bandoulière. Il cherche parmi les portraits des victimes celui de Libby Cohen-Meguri, 22 ans, amie de sa sœur. Elle figure parmi les 364 personnes tuées ce jour-là, touchée au ventre en fuyant, morte sur l'asphalte à 8 h 19, le téléphone à l'oreille. « En Israël, de près ou de loin, tout le monde a perdu quelqu'un ce jour-là », dit-il avec un sourire triste.

Cette douleur partagée avait d'abord soudé le pays dans un élan rare. Mais trois ans plus tard, la cohésion s'est effondrée. La guerre prolongée, l'épuisement collectif et l'absence de réponses claires sur les défaillances du 7 octobre ont rouvert les fractures politiques et sociales qu'un bref moment d'unité avait recouvertes.

À la veille des premières élections depuis le massacre, Israël ne cherche pas seulement un gouvernement : il cherche une direction. Pour Adar, bientôt déployé à Gaza ou au Liban, le sens de son engagement reste intact. Mais cette certitude personnelle contraste avec le doute qui traverse une société tiraillée entre le deuil non résolu, la fatigue de la guerre et des divisions idéologiques que trois ans de conflit n'ont fait qu'approfondir.

Trois ans après le 7 octobre 2023, Adar traverse le mémorial du festival Nova en uniforme militaire, son fusil M-16 en bandoulière. Il cherche une photo parmi les portraits souriants des jeunes gens assassinés ce jour-là. Il la trouve : Libby Cohen-Meguri, 22 ans, brune aux yeux pétillants. Elle faisait partie des 364 personnes tuées quand les commandos du Hamas ont ouvert le feu sur le festival. Touchée au ventre en tentant de s'échapper, elle est morte sur l'asphalte à 8 h 19, le téléphone collé à l'oreille, ses proches à l'autre bout du fil pour lui faire leurs adieux.

Adar termine sa formation militaire à 50 kilomètres de là. Il est venu rendre hommage aux victimes parce que Libby était l'amie de sa sœur. « En Israël, de près ou de loin, tout le monde a perdu quelqu'un ce jour-là », dit-il avec un sourire triste. Le deuil n'est pas une abstraction ici ; c'est une expérience partagée qui a d'abord soudé le pays dans le choc et l'horreur.

Mais trois ans plus tard, cette cohésion initiale s'est effondrée. À la veille des premières élections depuis le massacre, les anciennes fractures politiques et sociales ont resurgi, ravivées par trois années de guerre prolongée, par l'épuisement collectif et par l'absence d'une vérité officielle capable de rassembler. Le pays qui s'était brièvement uni dans la douleur se retrouve fragmenté par les questions sans réponse : pourquoi les défenses ont-elles failli ce jour-là ? Où en est vraiment le conflit ? Vers où le pays doit-il se diriger ?

Pour Adar, qui sera bientôt déployé à Gaza, au Liban ou ailleurs, le sens de son engagement reste clair. « Ici, on se rappelle pourquoi on se bat », affirme-t-il. Mais cette certitude personnelle contraste avec le doute qui traverse la société israélienne plus largement. Les élections qui approchent ne sont pas seulement un scrutin politique ordinaire ; elles sont un test de savoir si Israël peut retrouver une direction commune ou si le pays restera fracturé par le deuil non résolu, la fatigue de la guerre et les divisions idéologiques que trois ans de conflit n'ont fait qu'approfondir.

En Israël, de près ou de loin, tout le monde a perdu quelqu'un ce jour-là
— Adar, jeune soldat en formation
Ici, on se rappelle pourquoi on se bat
— Adar, expliquant son engagement militaire
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