Trois ans après les attaques du Hamas qui ont coûté la vie à près de 1200 personnes en Israël, le monde observe une nation suspendue entre effondrement et renaissance, incapable encore de nommer ce qu'elle a appris ou ce qu'elle espère. Le conflit, loin d'avoir été contenu, a traversé les frontières et transformé le Moyen-Orient tout entier, de Gaza à Beyrouth, de Damas à Tel-Aviv. Dans ce vide où les réponses diplomatiques font défaut, c'est la vie ordinaire — une course cycliste, un tournoi de football — qui tente, modestement, de tenir lieu d'horizon.
Trois ans après le 7-Octobre, Israël confronté à un « abîme existentiel »
Un abîme où il n'y a ni accords, ni réconciliation, ni paix
Pourquoi Haaretz utilise-t-il cette expression précise — « abîme existentiel » — plutôt que simplement dire qu'Israël est en crise ?
Parce qu'une crise, c'est quelque chose qu'on peut résoudre avec des politiques ou des négociations. Un abîme existentiel, c'est différent. C'est l'absence de toute voie de sortie visible — pas de diplomatie, pas de réconciliation, pas même une tentative créative. C'est l'idée que le pays est confronté à une question plus profonde sur ce qu'il est et ce qu'il peut devenir.
Mais attendez — Haaretz dit aussi qu'« seul l'espoir » peut combler cet abîme. C'est une affirmation, pas une analyse. Comment mesure-t-on l'espoir ? D'où vient-il exactement ?
C'est vrai que c'est vague. Mais peut-être que c'est le point : après trois ans, même les journalistes sérieux ne savent pas quelle est la solution concrète. Ils savent ce qui manque, mais pas ce qui pourrait le remplacer.
Et Be'eri ? Pourquoi L'Équipe a-t-il choisi de raconter l'histoire d'Erez Manor et sa course cycliste ?
Parce que c'est une incarnation vivante de cette tension. Cet homme a perdu sa famille, il croit que les attaques reviendront, et pourtant il organise une « Course de l'espoir ». C'est pas de la naïveté — c'est une forme de résistance.
Mais on ne sait pas vraiment ce qu'Erez pense de la situation politique. On sait qu'il a survécu, qu'il a perdu des proches, qu'il croit à une nouvelle attaque. Ce que L'Équipe nous donne, c'est une image symbolique, pas une analyse de ce qui pourrait changer les choses.
Les chiffres — 1200 morts en Israël, 73000 à Gaza — comment la presse les présente-t-elle ?
Ils sont énoncés comme des faits, mais rarement mis en relation. Haaretz parle de l'abîme israélien. L'Orient Le Jour parle de la déstabilisation régionale. Mais peu de journaux demandent comment ces deux réalités — deux traumatismes de magnitude très différente — peuvent coexister dans le même conflit.
Et c'est important, parce que ça change la question. Si on ne regarde que le 7-Octobre, on voit une attaque terroriste. Si on regarde les 73000 morts à Gaza, on voit une guerre. Les deux sont vrais, mais la presse tend à les traiter séparément.
Le Pouls
- Trois ans après le 7-Octobre, Israël n'a toujours pas de réponses claires sur ce qui a changé, qui a failli, ni quelles leçons concrètes ont été tirées des attaques.
- La presse internationale décrit un « abîme existentiel » : ni accord diplomatique, ni réconciliation, ni même ébauche créative de sortie de crise à l'horizon.
- Le conflit s'est propagé bien au-delà de ses frontières initiales, faisant plus de 73 000 morts à Gaza et continuant de déstabiliser l'ensemble de la région.
- Dans le kibboutz de Be'eri, où plus de 100 civils ont été tués, la reconstruction avance lentement, portée par des gestes symboliques comme une « Course de l'espoir ».
- En Cisjordanie, les clubs de football palestiniens ont repris la compétition sous le nom de « Coupe des 1000 martyrs », témoignant d'un deuil collectif qui cherche lui aussi une forme de continuité.
Trois ans après les attaques du Hamas qui ont coûté la vie à près de 1200 personnes en Israël, le monde observe une nation suspendue entre effondrement et renaissance, incapable encore de nommer ce qu'elle a appris ou ce qu'elle espère. Le conflit, loin d'avoir été contenu, a traversé les frontières et transformé le Moyen-Orient tout entier, de Gaza à Beyrouth, de Damas à Tel-Aviv. Dans ce vide où les réponses diplomatiques font défaut, c'est la vie ordinaire — une course cycliste, un tournoi de football — qui tente, modestement, de tenir lieu d'horizon.
Ce mercredi marque le troisième anniversaire des attaques du Hamas, qui ont tué près de 1200 personnes en Israël. La presse internationale dresse un portrait d'une nation hantée par des questions fondamentales restées sans réponse.
Haaretz parle d'un « abîme existentiel » — non comme figure de style, mais comme description précise d'un vide où il n'existe ni accords diplomatiques, ni réconciliation, ni tentative créative de paix. Israël Hayom évoque à la fois « effondrement » et « renaissance », mais pose les mêmes interrogations lancinantes : qu'a-t-on vraiment changé depuis octobre 2023 ? Le quotidien libanais L'Orient Le Jour élargit le cadre : le séisme du 7-Octobre continue de faire trembler le Moyen-Orient entier, de Gaza à Beyrouth, transformant une région que personne n'a su contenir.
Pourtant, la vie cherche ses chemins même dans l'abîme. Dans le kibboutz de Be'eri, où plus de 100 civils ont péri ce jour-là, Erez Manor — propriétaire d'un magasin de vélos, survivant, endeuillé — organise dans quelques jours une « Course de l'espoir ». Il reste convaincu que le danger reviendra un jour, mais cette certitude ne l'a pas immobilisé.
En Cisjordanie, les clubs de football palestiniens ont repris la compétition sous le nom de « Coupe des 1000 martyrs », en hommage aux sportifs morts à Gaza, où le bilan total dépasse désormais les 73 000 morts. Ces deux chiffres — 1200 et 73 000 — définissent le paysage d'un conflit qui n'a pas de fin visible. Trois ans après, la presse ne propose pas de résolution. Elle constate que le tremblement continue.
Le 7 octobre marque trois ans depuis les attaques du Hamas qui ont tué près de 1200 personnes en Israël. Ce mercredi, la presse internationale se penche sur l'état du pays à cet anniversaire, et le tableau qu'elle brosse est celui d'une nation confrontée à des questions sans réponses.
Le journal Haaretz, dans sa version anglophone, emploie une formule qui résume le malaise : Israël fait face à un « abîme existentiel ». Ce n'est pas une simple métaphore de journaliste. Le quotidien décrit précisément ce qu'il entend par là : un abîme où il n'existe ni accords diplomatiques, ni réconciliation, ni paix véritable, ni même tentative créative de sortie diplomatique. C'est un vide où la vie elle-même semble réduite à sa plus simple expression, dépouillée de tout ce qui pourrait ressembler à une normalité. Seul l'espoir, suggère le journal, pourrait combler cet abîme.
Israël Hayom, de son côté, parle d'« effondrement » et de « renaissance », mais pose les questions qui hantent le pays : qu'est-ce qui a vraiment changé depuis octobre 2023 ? Où les responsables ont-ils failli ? Quelles leçons concrètes en ont-ils tirées ? Trois ans plus tard, ces interrogations restent largement sans réponse. Le quotidien libanais L'Orient Le Jour élargit la perspective : le séisme du 7-Octobre continue de faire trembler le Moyen-Orient, de Gaza à Beyrouth, de Damas à Tel-Aviv. Le conflit n'a pas été contenu ; il s'est propagé, transformant la région entière.
Mais la vie, même dans l'abîme, cherche des chemins. Le journal L'Équipe s'est rendu dans le kibboutz de Be'eri, près de Gaza, où plus de 100 civils ont été tués le 7-Octobre. Là, dans ce petit village, la vie reprend lentement. Erez Manor, propriétaire d'un magasin de vélos, en incarne le symbole. Ancien voyageur qui a roulé sur presque tous les continents avant d'ouvrir sa boutique, il a survécu aux attaques mais a perdu plusieurs membres de sa famille. Il reste convaincu que « ils » — ceux de Gaza — essaieront de revenir un jour. Pourtant, cette certitude ne l'a pas paralysé. Dans neuf jours, il organisera une « Course de l'espoir » qui s'élancera de Be'eri.
En Cisjordanie occupée, les clubs de football palestiniens ont repris la compétition le mois dernier. Le tournoi porte un nom lourd : la « Coupe des 1000 martyrs », en hommage aux sportifs morts dans la bande de Gaza. Car le bilan du conflit s'est alourdi bien au-delà des 1200 morts du 7-Octobre. La guerre a fait plus de 73000 morts à Gaza. Ces chiffres — 1200 ici, 73000 là — définissent désormais le paysage du Moyen-Orient.
Trois ans après, Israël reste suspendu entre l'effondrement et la renaissance, entre l'abîme existentiel et l'espoir fragile d'une course cycliste, entre les questions sans réponse et la nécessité de continuer. La presse internationale, en ce jour d'anniversaire, ne propose pas de résolution. Elle constate simplement que le tremblement continue.
Citations marquantes
Qu'est-ce qui a changé depuis ? Où avons-nous failli ? Quelles leçons en avons-nous tirées ?— Israël Hayom
Un abîme où il n'y a ni accords diplomatiques, ni réconciliation, ni paix, ni aucune tentative de créativité diplomatique— Haaretz