Flavio Bolsonaro, 45 ans, devance le président sortant Lula avec 47,06 % des voix après dépouillement de 99 % des urnes, inversant les prédictions des sondages. Une vague conservatrice submerge le Brésil aux législatives, le Parti libéral remportant 19 sièges au Sénat et devenant le premier parti de la Chambre des députés.
Surprise au Brésil : Flavio Bolsonaro devance Lula au premier tour avec 47 %
Le Brésil n'en peut plus, a déclaré Flavio Bolsonaro
Comment expliquer que les sondages se soient trompés à ce point ? Ils donnaient Lula légèrement en tête.
C'est la deuxième fois en huit ans que cela se produit au Brésil. En 2018, les sondages avaient aussi sous-estimé la force de la droite. Il y a probablement des électeurs qui ne disent pas à qui ils vont voter, ou qui changent d'avis au dernier moment.
Mais on ne sait pas vraiment pourquoi. L'article note le phénomène sans l'expliquer. Est-ce que c'est de la réticence à avouer son vote ? De la volatilité électorale ? On ne le sait pas.
Et Trump, il a vraiment influencé le résultat ?
Son influence a certainement pesé. Les sanctions et les droits de douane contre le Brésil depuis le procès contre Jair Bolsonaro en 2025 ont marqué la campagne. Mais Trump n'a pas explicitement soutenu Flavio Bolsonaro.
C'est important de noter ça : Trump n'a pas apporté son soutien officiel. Son influence est indirecte, par les sanctions. On ne peut pas dire qu'il a fait campagne pour Flavio.
Pourquoi les électeurs de droite votent-ils pour Flavio plutôt que pour son père ?
Jair Bolsonaro est inéligible et assigné à résidence après sa condamnation pour tentative de coup d'État. Flavio est sa solution légale. Et il se présente comme plus modéré que son père.
Mais on ne sait pas vraiment ce que signifie « plus modéré ». C'est sa propre caractérisation. Les électeurs qui l'ont choisi parlent surtout du rejet du PT et de leurs préoccupations économiques.
Et au Parlement, c'est vraiment un raz-de-marée conservateur ?
Oui. Le Parti libéral est devenu le premier parti de la Chambre des députés et a remporté 19 sièges au Sénat. Avec cette majorité, Flavio Bolsonaro aurait les coudées franches pour gouverner.
Et potentiellement pour faire passer une loi d'amnistie en faveur de Jair Bolsonaro. C'est un enjeu majeur qui n'est pas au cœur du débat public, mais qui pourrait être une conséquence directe de ce résultat.
Lula peut-il encore gagner le second tour ?
Il part derrière, mais seulement de deux points. Beaucoup de petits candidats de droite sont éliminés, et leurs électeurs pourraient aller à Flavio. Mais Lula peut aussi bénéficier d'un vote utile de la gauche.
C'est vrai, mais on ne sait pas comment les électeurs des petits candidats vont se reporter. Flavio part favori, mais rien n'est joué.
Le Pouls
- Flavio Bolsonaro obtient 47,06 % des suffrages contre 45,12 % pour Lula au premier tour
- Le Parti libéral remporte 19 sièges au Sénat et devient le premier parti de la Chambre des députés
- Le second tour est prévu le 25 octobre 2026
- Environ 160 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes, avec une abstention de 21 %
Flavio Bolsonaro, 45 ans, devance le président sortant Lula avec 47,06 % des voix après dépouillement de 99 % des urnes, inversant les prédictions des sondages. Une vague conservatrice submerge le Brésil aux législatives, le Parti libéral remportant 19 sièges au Sénat et devenant le premier parti de la Chambre des députés.
Le fils de Jair Bolsonaro obtient 47,06 % des suffrages contre 45,12 % pour le président sortant Lula au premier tour de la présidentielle brésilienne, créant une surprise électorale avant un second tour prévu le 25 octobre.
Le dimanche 5 octobre 2026, les Brésiliens se sont rendus aux urnes pour le premier tour d'une présidentielle qui a déjoué les attentes des sondeurs. Avec 47,06 % des suffrages exprimés après le dépouillement de près de 99 % des bulletins, Flavio Bolsonaro, sénateur conservateur de 45 ans, a devancé le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva, qui en a obtenu 45,12 %. À 80 ans, Lula brigue un quatrième mandat non consécutif. Les deux hommes s'affronteront au second tour le 25 octobre.
Cette avancée de Flavio Bolsonaro constitue une surprise politique majeure. Les enquêtes d'opinion, jusqu'à la veille du scrutin, accordaient un léger avantage au président sortant. Comme en 2018, lors de l'affrontement entre Lula et son père Jair Bolsonaro, les sondages ont sous-estimé la force électorale de la droite. Flavio Bolsonaro a été désigné candidat par son père après que ce dernier a été condamné à 27 ans de prison pour une tentative de coup d'État contre Lula en 2022. Inéligible et assigné à résidence, l'ex-président ne peut pas briguer le pouvoir lui-même, mais sa marque politique s'est avérée plus puissante que jamais.
Les électeurs qui ont choisi Flavio Bolsonaro expriment des préoccupations bien ancrées. Maria de Nazaré Azevedo, fonctionnaire de 57 ans à Rio, a voté à gauche par crainte de voir le Brésil devenir une colonie d'une puissance étrangère. À l'inverse, Raphael Machado, avocat de 45 ans à Brasilia, a voté pour Bolsonaro en rejetant le Parti des travailleurs de Lula, estimant que ce parti a gouverné pendant vingt ans sans rien accomplir. Le coût de la vie et la criminalité galopante pèsent lourdement sur l'opinion publique, malgré les programmes sociaux de Lula qui ont sorti des millions de personnes de la pauvreté dans les années 2000. Flavio Bolsonaro a promis une approche musclée contre le crime et l'austérité budgétaire.
Le contexte international a également influencé cette élection. Le président américain Donald Trump avait déclaré suivre « de très près » le scrutin brésilien, après avoir vu des alliés parvenir au pouvoir en Argentine, en Colombie et au Pérou. Bien que Trump n'ait pas apporté son soutien explicite à Flavio Bolsonaro, son influence a pesé sur la campagne, notamment par le biais de droits de douane et de sanctions imposés au Brésil depuis le procès de 2025 contre Jair Bolsonaro. Lula avait appelé son homologue américain à ne pas « se mêler » des élections brésiliennes.
Le premier tour a également révélé une vague conservatrice massive aux législatives. Le Parti libéral de Jair Bolsonaro a remporté 19 sièges au Sénat sur les 54 à pourvoir, et en compte 28 sur 81 au total. Il est devenu le premier parti de la Chambre des députés. L'ex-première dame Michelle Bolsonaro a été élue au Sénat, tout comme Carlos Bolsonaro, frère de Flavio. Jair Renan, le plus jeune fils Bolsonaro, âgé de 28 ans, a également été élu à la Chambre. Cette majorité parlementaire robuste pourrait permettre au camp Bolsonaro de faire approuver une loi d'amnistie en faveur de Jair Bolsonaro.
Aux élections régionales, le mouvement conservateur s'est confirmé. Tarcisio de Freitas a été réélu gouverneur de São Paulo au premier tour avec plus de 60 % des voix, infligeant une défaite cinglante à Fernando Haddad, ancien ministre des Finances de Lula et pressenti comme son successeur potentiel. Sergio Moro, le juge qui avait condamné Lula à une peine de prison pour corruption en première instance avant que cette condamnation soit annulée en 2021 pour partialité, a été élu gouverneur du Paraná. À Rio de Janeiro, Douglas Ruas, bolsonariste, a créé la surprise en devançant largement au premier tour Eduardo Paes, allié de Lula, qui menait pourtant dans les sondages.
Flavio Bolsonaro s'est dit « très satisfait » du résultat dimanche soir, remerciant ses électeurs de lui avoir donné « un vote de confiance pour le changement » et affirmant que « le Brésil n'en peut plus ». Il se présente comme une version « plus modérée » de son père. Pour le second tour, il part a priori favori, pouvant bénéficier des voix des petits candidats de droite qui ont participé au premier tour. L'abstention s'est élevée à 21 %, pratiquement identique au taux de 2022, dans un pays où le vote est obligatoire. Quelque 160 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes. Le 25 octobre déterminera si le Brésil rejoindra la vague conservatrice qui a engrangé les victoires dans la région, ou si Lula parviendra à conserver le pouvoir.
Citations marquantes
Je suis très inquiète de la direction que prend le pays, parce que je veux être indépendante, je ne veux être la colonie de personne— Maria de Nazaré Azevedo, fonctionnaire de 57 ans à Rio, ayant voté à gauche
Nous votons pour Flavio Bolsonaro pour ne pas voter pour le PT. Ce parti a déjà passé vingt ans au gouvernement et n'a rien fait, vraiment rien— Raphael Machado, avocat de 45 ans à Brasilia