Dans les salles du Centre Pompidou, jusqu'au 20 octobre, le cinéaste franco-sénégalais Alain Gomis déploie l'ensemble de son œuvre — une invitation rare à contempler un art qui refuse de choisir entre deux continents. Sa filmographie, née de l'entre-deux africain et européen, rappelle que les identités les plus fécondes sont souvent celles qui habitent les seuils plutôt que les territoires. Cette rétrospective est moins une célébration qu'une reconnaissance : celle d'un regard qui a toujours su que la frontière n'est pas un mur, mais un lieu de respiration.
Rétrospective Alain Gomis à Paris : la transe infuse du cinéma franco-sénégalais
Un cinéma qui respire l'air des deux côtés de l'Atlantique
Pourquoi cette rétrospective maintenant ? Qu'est-ce qui change pour Gomis ?
C'est une reconnaissance institutionnelle majeure. Le Centre Pompidou lui donne les clés, pas seulement pour montrer ses films, mais pour programmer sa vision complète. C'est rare.
Mais on ne sait pas vraiment ce qu'il y a dans la carte blanche. On sait qu'elle existe, pas ce qu'elle contient.
Tu dis que son cinéma refuse le cadre. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?
Que ses films ne rentrent pas dans les catégories habituelles. Pas africain au sens conventionnel, pas français non plus. Il crée une troisième langue.
Mais la source ne donne aucun exemple de film, aucun titre. On parle de son œuvre sans la nommer.
Cette notion de mélange — c'est un choix esthétique ou une réalité biographique ?
Les deux, probablement. Gomis est franco-sénégalais. Mais ce qui compte, c'est qu'il en a fait une méthode cinématographique.
Vrai. Mais on ne sait pas comment ses films incarnent concrètement ce mélange. La source parle beaucoup de concept, peu de substance.
Qu'est-ce qu'on peut attendre de cette rétrospective ?
De voir comment une œuvre se construit quand on refuse les frontières. De comprendre un cinéaste qui pense depuis l'entre-deux.
Et de découvrir ses films, si on ne les connaît pas. Mais pour ça, il faudrait aller au Centre Pompidou.
Le Pouls
- Le Centre Pompidou consacre trois semaines entières à Alain Gomis, signalant que son œuvre longtemps inclassable mérite enfin d'être lue comme un tout cohérent.
- La tension au cœur de ses films — ni cinéma africain au sens convenu, ni cinéma français classique — crée un inconfort productif qui bouscule les catégories habituelles de la programmation culturelle.
- La carte blanche accordée au réalisateur va plus loin qu'une simple rétrospective : elle lui confie les clés de la programmation, exposant ses influences et ses obsessions au grand jour.
- Paris devient, le temps de l'événement, le point de convergence d'une œuvre qui appartient simultanément à plusieurs mondes, offrant au public une cartographie rare d'un geste cinématographique en perpétuel mouvement.
Dans les salles du Centre Pompidou, jusqu'au 20 octobre, le cinéaste franco-sénégalais Alain Gomis déploie l'ensemble de son œuvre — une invitation rare à contempler un art qui refuse de choisir entre deux continents. Sa filmographie, née de l'entre-deux africain et européen, rappelle que les identités les plus fécondes sont souvent celles qui habitent les seuils plutôt que les territoires. Cette rétrospective est moins une célébration qu'une reconnaissance : celle d'un regard qui a toujours su que la frontière n'est pas un mur, mais un lieu de respiration.
Alain Gomis a pris possession du Centre Pompidou pour trois semaines. Jusqu'au 20 octobre, l'institution parisienne lui offre un espace exceptionnel pour présenter l'intégralité de sa filmographie, accompagnée d'une carte blanche — ce moment singulier où un créateur choisit lui-même ce qu'il donne à voir, au-delà de ses propres films.
Ce que cette rétrospective révèle, c'est la cohérence d'une œuvre construite dans l'entre-deux. Gomis ne revendique ni le cinéma africain dans son acception la plus attendue, ni le cinéma français dans sa tradition la plus balisée. Il habite l'écart entre les deux rives, et c'est précisément cet écart qui donne à ses films leur souffle particulier — une tension vivante, une transe née de la circulation permanente entre l'Afrique et l'Europe.
L'invitation du Centre Pompidou dit quelque chose d'important : que ce geste cinématographique, longtemps perçu comme inclassable, mérite d'être pensé en totalité. La carte blanche, elle, va plus loin encore — elle reconnaît non seulement l'œuvre, mais la vision, les obsessions, les influences qui la nourrissent.
Jusqu'au 20 octobre, cette rétrospective offre une occasion rare : voir comment un cinéaste peut construire une langue filmique qui respire des deux côtés de l'Atlantique, sans jamais renier l'une ou l'autre de ses appartenances.
Alain Gomis a installé son univers cinématographique au Centre Pompidou pour trois semaines. Jusqu'au 20 octobre, le réalisateur franco-sénégalais y présente l'ensemble de son œuvre — films et carte blanche — invité par l'institution parisienne à dérouler le fil d'une pratique qui refuse les frontières.
Ce que Gomis construit depuis des années, c'est un cinéma du mélange. Pas du syncrétisme facile, pas de la juxtaposition de couleurs. Plutôt une respiration qui circule entre deux continents, qui prend racine en Afrique et en Europe sans jamais se fixer définitivement nulle part. Ses films vibrent de cette tension — celle d'un créateur qui regarde depuis l'entre-deux, qui pense depuis l'entre-deux, qui filme depuis l'entre-deux.
La rétrospective fonctionne comme une cartographie. Elle trace les lignes de force d'une œuvre qui a toujours refusé le cadre étroit, la case facile. Gomis ne fait pas du cinéma africain au sens où on l'entend souvent — exotique, documentaire, ancré. Il ne fait pas non plus du cinéma français classique. Il fait quelque chose d'autre, quelque chose qui existe dans l'écart entre les deux, dans le dialogue permanent, dans la transe que produit cette circulation.
Cette invitation du Centre Pompidou reconnaît ce que les cinéphiles savent depuis longtemps : que Gomis est un artiste majeur, que son geste cinématographique mérite d'être vu en totalité, d'être pensé comme un ensemble cohérent. La carte blanche — ce moment où un créateur prend les clés de la programmation — dit aussi quelque chose : qu'on lui fait confiance pour montrer non seulement ses films, mais sa vision, ses influences, ses obsessions.
Jusqu'au 20 octobre, Paris devient le point de convergence d'une œuvre qui appartient à plusieurs mondes à la fois. C'est une occasion rare de voir comment un cinéaste peut habiter l'espace entre deux rives sans jamais renier l'une ou l'autre, comment il peut construire une langue filmique qui respire l'air des deux côtés de l'Atlantique.
Citations marquantes
Un cinéma du mélange, une œuvre vibrante et hors cadre, entre deux continents— Description de la programmation du Centre Pompidou