Primaire de la gauche : 140 000 inscrits, débats dominés par les querelles stratégiques

On n'a pas été au niveau, a reconnu Glucksmann
Le favori de la primaire admet que les débats n'ont pas permis aux candidats de montrer leur stature présidentielle.
Mark

Pourquoi 140 000 inscrits, c'est important ? C'est beaucoup ou peu ?

Mimi

C'est au-dessus des attentes. La commission organisatrice l'a présenté comme une validation du processus — assez de monde pour que le vainqueur puisse dire qu'il représente vraiment la gauche social-démocrate.

Luke

Mais on ne sait pas qui sont ces 140 000 personnes. Sont-ce des militants de longue date ou des gens qui se sont inscrits juste pour cette primaire ? Le chiffre brut ne dit pas grand-chose sur la légitimité réelle.

Mark

Et les débats ? Qu'est-ce qui s'est vraiment passé ?

Mimi

Trois débats où Glucksmann et Faure se sont battus sur la question de l'alliance avec La France insoumise. Glucksmann dit non, Faure dit peut-être oui. Ça a dominé tout le reste.

Luke

Une spectatrice a dit qu'elle était découragée. C'est anecdotique ou symptomatique ?

Mimi

Symptomatique, je pense. Les débats ressemblaient plus à des querelles internes du PS qu'à un vrai départage présidentiel. Personne n'a vraiment établi sa stature.

Mark

Glucksmann est le favori selon les sondages, non ?

Mimi

Oui, mais même lui a reconnu que « on n'a pas été au niveau ». Il n'a pas dominé les débats, notamment face à Ségolène Royal.

Luke

Et Faure ? Il est à 3-5 % dans les sondages. Pourquoi reste-t-il en lice ?

Mimi

Il est le patron du PS depuis huit ans. Il compte sur la loyauté des militants socialistes, même si ce n'est plus la majorité du parti.

Luke

Mais Boris Vallaud, son ancien allié, l'a lâché pour rejoindre Glucksmann. Ça montre que Faure n'a pas vraiment le contrôle de son propre parti.

Mark

Alors qui va gagner ?

Mimi

Aucune idée. Les débats n'ont pas clarifié les choses. Le vote des 9 et 10 octobre devrait trancher, mais pour l'instant, c'est ouvert.

  • 140 282 inscrits pour voter les 9 et 10 octobre 2026
  • Trois débats dominés par la question d'une alliance avec La France insoumise
  • Glucksmann (Place publique) s'oppose à toute alliance avec LFI ; Faure (PS) reste ouvert
  • Glucksmann favori selon les sondages, mais n'a pas émergé clairement des débats
  • Faure cantonné entre 3 et 5 % dans les intentions de vote

La participation dépasse les attentes avec 140 282 inscrits, offrant une légitimité au vainqueur de cette désignation pour 2027. Les trois débats ont révélé des divisions profondes sur la stratégie d'alliance avec LFI, éclipsant les propositions de fond des cinq candidats.

Plus de 140 000 personnes se sont inscrites à la primaire de la gauche sociale-démocrate pour les 9 et 10 octobre 2026. Les débats ont été dominés par des tensions entre Glucksmann et Faure sur une alliance avec La France insoumise.

Cent quarante mille deux cent quatre-vingt-deux inscrits. C'est le chiffre que la commission organisatrice a annoncé dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 octobre : voilà combien de citoyens pourront se présenter aux urnes les 9 et 10 octobre pour désigner le candidat de la gauche sociale-démocrate à la présidentielle de 2027. Le nombre dépasse les prévisions initiales. Patrick Mennucci, président de la commission, y a vu une promesse : « Ces dizaines de milliers de citoyens sont la garantie de l'unité autour du vainqueur de cette désignation. »

Mais les trois débats télévisés qui ont précédé ce scrutin ont raconté une histoire différente. Une spectatrice du panel interrogateur, désignée dimanche soir pour poser des questions lors du dernier débat sur BFMTV, a résumé le malaise : elle s'est dite « découragée » et « triste », jugeant même difficile de croire qu'un des candidats puisse remporter la présidentielle. Les échanges entre les cinq candidats ont ressemblé moins à un départage en vue de 2027 qu'à un congrès du Parti socialiste — des querelles internes, des règlements de comptes, peu de clarté sur la stature présidentielle de quiconque.

La question stratégique a écrasé tout le reste : faut-il s'allier avec La France insoumise après la présidentielle, ou non ? Raphaël Glucksmann, leader de Place publique et favori selon les intentions de vote, a voulu « clarifier ». Il s'oppose catégoriquement à toute alliance avec la formation de Jean-Luc Mélenchon lors des législatives qui suivraient. Aidé par le député socialiste Jérôme Guedj, il a accusé Olivier Faure, patron du PS, de vouloir se rapprocher du patriarche insoumis — comme il l'a déjà fait deux fois, lors de la Nupes en 2022 et du Nouveau Front populaire en 2024. Glucksmann a reproché à Faure d'avoir « l'esprit de défaite » et d'être « obscène » en exigeant de lui qu'il qualifie de « génocide » les actions meurtrières de l'armée israélienne à Gaza. Dimanche, il s'est dit « absolument convaincu » qu'un rassemblement de la gauche non-LFI était possible pour mener « la mère de toutes les batailles » face au Rassemblement national.

Olivier Faure, cantonné entre 3 et 5 % dans les sondages, a riposté en accusant Glucksmann de faire de Mélenchon le « vainqueur par contumace » et en ravivant le reproche de « macronisme » qui colle à la peau de l'eurodéputé. Il a souligné que Glucksmann s'était entouré « de gens qui ont participé à la politique macroniste ». Faure, lui, plaide pour un rassemblement de la gauche à l'Assemblée nationale. Mais ni l'un ni l'autre n'a réussi à prendre clairement le leadership dans les débats. Glucksmann n'a pas émergé face à Ségolène Royal, qui l'a ciblé à plusieurs reprises, notamment après qu'il l'eut accusée dans une vidéo d'avoir fait « la danse du ventre à Macron ». Royal a dénoncé une « agression à connotation sexuelle », et Glucksmann a dû s'excuser. Faure, de son côté, n'a pas réussi à se défaire de son image d'homme d'appareil et de tacticien que ses adversaires lui prêtent, ni à émerger auprès du grand public alors qu'il dirige le PS depuis huit ans.

Les deux principaux rivaux ont concentré leurs efforts sur une cible précise : les militants socialistes. Cette primaire fermée exige de payer 15 euros pour voter, ce qui en restreint l'accès. Bien que chaque débat ait attiré de nouveaux électeurs — Place publique et le PS ont doublé leurs adhérents par rapport à 2025, selon Mennucci — le profil exact de ces nouveaux venus reste difficile à établir. Glucksmann a multiplié les déplacements dans les fédérations socialistes qui le soutiennent, en Occitanie, dans l'Hérault et la Seine-Maritime, cherchant à se constituer une base confortable au-delà de ses militants de Place publique. Faure, qui n'est plus majoritaire dans les instances du PS depuis que son ancien allié Boris Vallaud l'a lâché pour rejoindre Glucksmann, mène un travail de fourmi. Il compte sur « l'esprit de drapeau » au sein de son parti. Un de ses soutiens l'explique ainsi : « Pour énormément de responsables de fédération, ça leur déchire le cœur d'appeler à voter pour quelqu'un qui n'est pas socialiste. Olivier passe son temps à appeler le réseau, les fédérations, les élus. On gère comme pour un congrès. »

Raphaël Glucksmann lui-même a reconnu dimanche que « on n'a pas été au niveau ». Les trois débats ont laissé l'impression d'un processus fragmenté, dominé par des tensions stratégiques qui ont éclipsé les propositions de fond. Avec 140 282 inscrits prêts à voter, la légitimité du vainqueur sera indéniable. Mais ce que ce vainqueur aura réellement établi — une vision claire, une autorité incontestée, une capacité à unifier — reste à voir.

Ces dizaines de milliers de citoyens sont la garantie de l'unité autour du vainqueur de cette désignation
— Patrick Mennucci, président de la commission organisatrice
On n'a pas été au niveau
— Raphaël Glucksmann, dimanche soir
Quer a matéria completa? Leia o original em France 24 ↗
Fale Conosco FAQ