Primaire de gauche : l'alliance avec LFI divise Glucksmann et Faure

Je ne crois pas que tu veux vraiment gagner
Glucksmann répond à Faure qui affirme vouloir être élu président de la République.
Mark

Pourquoi cette alliance avec LFI divise-t-elle autant la gauche ? C'est une question tactique ou idéologique ?

Mimi

C'est les deux. Glucksmann dit qu'on ne peut pas gouverner avec quelqu'un qui « surfe sur des fièvres identitaires ». Faure dit qu'il faut rassembler tout le monde pour battre le Rassemblement national. C'est deux visions du pouvoir.

Luke

Mais on ne sait pas vraiment ce que Mélenchon en pense. Il n'était pas là. On débat de son absence, pas de sa position.

Mark

Et sur Gaza, le mot « génocide » — c'est vraiment un désaccord politique ou c'est une question de vocabulaire ?

Mimi

Pour Faure, c'est une question de précision morale. Pour Glucksmann, c'est peut-être plus compliqué — il dit que c'est « obscène » d'utiliser ce mot, mais on ne sait pas exactement pourquoi.

Luke

Ségolène Royal a trouvé un équilibre : elle comprend les deux positions. Mais le débat n'a pas vraiment clarifié ce que chacun pense vraiment des actions israéliennes.

Mark

Glucksmann a l'air de dominer le débat, non ?

Mimi

Il est agressif, oui. Mais il a aussi eu du mal sur la CSG. Et il se fait attaquer sur ses liens avec les macronistes.

Luke

Le premier débat a eu 709 000 téléspectateurs. On ne sait pas si ce deuxième débat a eu plus ou moins de spectateurs. C'est difficile de dire qui « gagne » sans ces chiffres.

  • L'ombre de Jean-Luc Mélenchon a plané sur tout le débat sans qu'il y soit présent, cristallisant la fracture centrale entre Faure, partisan d'un rassemblement de toute la gauche, et Glucksmann, qui refuse toute ambiguïté sur les alliances.
  • Le mot « génocide » appliqué à Gaza a déclenché l'un des échanges les plus vifs : Faure l'a revendiqué, Glucksmann l'a jugé « obscène », et Royal, plus offensive lors du premier débat, a cette fois cherché une voie médiane.
  • Glucksmann s'est retrouvé fragilisé sur son propre terrain économique, sa proposition de baisse de la CSG essuyant les critiques de ses quatre rivaux.
  • Les cinq candidats ont néanmoins trouvé un terrain d'entente rare : la disqualification de Jordan Bardella après les révélations de Mediapart sur des accusations d'antisémitisme.
  • Le vote des militants se tiendra les 9-10 puis 16-17 octobre, avec un troisième débat dimanche sur BFMTV pour clore une campagne interne aussi intense que révélatrice des tensions qui traversent la gauche française.

Dans la course à la présidentielle de 2027, cinq candidats de la gauche sociale-démocrate se sont retrouvés jeudi soir sur France 2 pour un deuxième débat révélateur : celui d'une famille politique qui cherche à se définir autant par ce qu'elle refuse que par ce qu'elle propose. La question de l'alliance avec La France insoumise et celle du mot « génocide » appliqué à Gaza ont agi comme des miroirs, reflétant des conceptions profondes et irréconciliables de ce que signifie gouverner à gauche. Les militants trancheront entre le 9 et le 17 octobre, choisissant non seulement un candidat, mais une vision de la gauche elle-même.

Jeudi soir, pour la deuxième fois en une semaine, Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel se sont affrontés sur France 2 et France Inter dans un débat de plus de deux heures. Les lignes de fracture étaient les mêmes qu'une semaine plus tôt sur LCI, mais l'intensité avait monté d'un cran.

La question de l'alliance avec La France insoumise a une nouvelle fois dominé les échanges. Faure, qui voit dans le rassemblement de toute la gauche la seule stratégie crédible face au Rassemblement national, a dénoncé l'omniprésence fantomatique de Mélenchon dans chaque débat, le qualifiant d'« éléphant dans la pièce ». Glucksmann lui a opposé une exigence de clarté, affirmant qu'un futur président ne pouvait s'allier à « ceux qui surfent sur des fièvres identitaires ». Lorsque Faure a affirmé vouloir lui aussi gagner la présidentielle, Glucksmann a répondu sèchement : « Je ne crois pas. » Guedj a enfoncé le clou, accusant le patron du PS de mettre « toute la gauche dans la panade » par sa complaisance envers LFI.

L'autre fracture a porté sur Gaza. Faure a défendu l'emploi du mot « génocide », incompris par ses refus de la part de Glucksmann et Guedj. Royal, plus offensive lors du premier débat, a cette fois adopté une posture plus nuancée, reconnaissant la légitimité de ceux qui hésitent à employer ce terme tout en soulignant les déclarations de certains ministres israéliens.

Glucksmann a également été mis en difficulté sur sa proposition de baisse de la CSG, critiquée par l'ensemble de ses rivaux. Seule unanimité du soir : les cinq candidats ont jugé Jordan Bardella « disqualifié » après les révélations de Mediapart. Ils ont aussi condamné les violences en marge des mobilisations lycéennes, refusant de cibler uniquement LFI comme le leur demandait le gouvernement.

Les militants désigneront leur candidat pour la présidentielle de 2027 les 9-10 et 16-17 octobre. Un dernier débat est prévu dimanche sur BFMTV.

Jeudi soir, les cinq candidats à la primaire de la gauche sociale-démocrate se sont affrontés pour la deuxième fois sur le plateau de France 2 et France Inter, dans un débat qui a duré plus de deux heures. Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel ont repris les mêmes lignes de fracture qui les divisaient une semaine plus tôt sur LCI, mais avec une intensité croissante. Le clivage majeur reste la question de l'alliance avec La France insoumise aux prochaines législatives — une question qui oppose frontalement le patron du Parti socialiste et l'eurodéputé de Place publique.

Olivier Faure s'est agacé de voir Jean-Luc Mélenchon dominer chaque débat par son absence, qualifiant le leader insoumis d'« éléphant dans la pièce ». Il a rappelé que le vrai danger était une victoire du Rassemblement national en 2027, et que la gauche devrait se préparer à un possible second tour entre Mélenchon et Marine Le Pen. Pour Faure, le rassemblement des forces de gauche aux législatives reste la seule stratégie viable. Il a souligné qu'il avait repris le Parti socialiste « quand il était dans la poussière » et qu'il était « le seul à pouvoir rassembler l'ensemble des forces de gauche ».

Glucksmann a répliqué que la clarté sur les alliances était essentielle, affirmant que le prochain président de la République ne pourrait pas « jouer à une alliance avec ceux qui surfent sur des fièvres identitaires ». Il a insisté : « Moi je veux gagner cette élection pour être élu président de la République. » Quand Faure a dit la même chose, Glucksmann a répondu sèchement : « Je ne crois pas. » Jérôme Guedj, député PS, a renforcé l'attaque en accusant Faure de mettre « toute la gauche dans la panade » par sa « danse du ventre » devant LFI. Glucksmann a aussi pointé du doigt les anciens macronistes dans l'entourage de Faure, le critiquant de vouloir rompre avec la politique actuelle tout en s'entourant de ceux qui y ont participé.

Le désaccord sur la qualification des actions israéliennes à Gaza a également enflammé le débat. Olivier Faure a plaidé pour l'emploi du mot « génocide », demandant : « Je ne comprends pas pourquoi on n'utilise pas les bons mots. » Glucksmann et Guedj ont refusé cette terminologie. Glucksmann a qualifié la position de Faure d'« obscène ». Ségolène Royal, qui avait violemment attaqué Glucksmann sur ce sujet lors du premier débat, a adopté une position plus nuancée cette fois, disant comprendre « ceux qui ne veulent pas utiliser le mot génocide » tout en soulignant qu'« aujourd'hui en Israël, il y a des ministres qui affirment vouloir un génocide » à Gaza.

Glucksmann a également rencontré des difficultés sur son terrain économique, sa proposition de baisse de la CSG sur les salaires ayant été critiquée par ses rivaux. Cependant, les cinq candidats se sont retrouvés unanimes sur un point : Jordan Bardella, patron du Rassemblement national, est désormais « disqualifié » après les accusations d'antisémitisme publiées par Mediapart. Ils ont aussi condamné les violences en marge des mouvements lycéens, tout en déplorant celles commises par certains policiers, et ont refusé de tomber dans « le piège » consistant à focaliser les critiques sur LFI, accusée par le gouvernement et la droite d'attiser les débordements.

Le premier débat sur LCI avait attiré 709 000 téléspectateurs en moyenne. L'un des cinq candidats sera désigné par les militants les 9 et 10 octobre, puis les 16 et 17 octobre, pour représenter la gauche sociale-démocrate à la présidentielle de 2027. Un troisième et dernier débat doit avoir lieu dimanche sur BFMTV.

Je ne comprends pas pourquoi on n'utilise pas les bons mots
— Olivier Faure, sur l'emploi du mot « génocide » à Gaza
Le prochain président de la République ne pourra pas jouer à une alliance avec ceux qui surfent sur des fièvres identitaires
— Raphaël Glucksmann, sur la stratégie d'alliance avec LFI
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