À Olechky, petite ville du sud de l'Ukraine tenue par l'armée russe depuis 2022, les derniers habitants ont pu quitter les lieux le 30 octobre, pendant une trêve locale négociée entre Kiev et Moscou. Vidée de presque toute sa population, cette cité du bord du Dniepr témoigne une fois de plus de ce que la guerre fait aux existences ordinaires, réduites à attendre des médicaments, de l'eau et de la nourriture. Que ce répit ait été rendu possible par une médiation venue de Washington rappelle aussi combien la paix locale dépend encore de faiseurs de compromis extérieurs.
Olechky : des habitants évacués pendant le cessez-le-feu local entre Kiev et Moscou
« On veut juste être avec nos enfants »
Pourquoi cette évacuation compte-t-elle autant, alors que la ville est si petite ?
Parce qu'elle montre qu'un arrêt des combats, même local, permet de déminer des routes, d'apporter de l'aide et de faire sortir des civils. Ce n'était pas arrivé dans ces conditions jusqu'ici.
Précisons : le cessez-le-feu est le plus long depuis février 2022, mais il ne dure que six jours et prend fin dimanche soir. Ce n'est pas encore une preuve que quelque chose tient.
Combien de personnes ont été évacuées ?
On ne le sait pas. Ni Moscou ni Kiev n'ont donné de chiffre.
Et les 2 000 habitants restants sont une estimation ukrainienne, pas un recensement. Les deux camps disent aussi que beaucoup voulaient rester.
Le trajet passe par la Russie puis la Biélorussie. Pourquoi ?
C'est ce qu'a annoncé Davyd Arakhamia : Anapa, un vol vers la Biélorussie, puis un car vers l'Ukraine. Le texte n'explique pas ce choix.
Exactement, on décrit le trajet, pas ses raisons.
Et le « précédent » évoqué par le Kremlin ?
C'est l'avis du Kremlin, pas un engagement. Rien n'indique pour l'instant que d'autres opérations soient prévues.
The Pulse
- Une ville qui comptait 24 000 habitants n'en abrite plus qu'environ 2 000, privés de médicaments, d'eau et de nourriture.
- Des drones des deux camps survolent la ville en permanence, et des routes minées coupent tout accès à l'aide.
- Une trêve localisée, annoncée sous médiation américaine, a permis de déminer les routes et de distribuer l'aide sur place.
- Les habitants évacués prennent un itinéraire inhabituel, via Anapa puis la Biélorussie, avant un retour vers les territoires contrôlés par Kiev.
- La trêve expire dimanche soir, et des négociations doivent s'ouvrir en novembre aux Émirats arabes unis, sans garantie d'un répit durable.
À Olechky, petite ville du sud de l'Ukraine tenue par l'armée russe depuis 2022, les derniers habitants ont pu quitter les lieux le 30 octobre, pendant une trêve locale négociée entre Kiev et Moscou. Vidée de presque toute sa population, cette cité du bord du Dniepr témoigne une fois de plus de ce que la guerre fait aux existences ordinaires, réduites à attendre des médicaments, de l'eau et de la nourriture. Que ce répit ait été rendu possible par une médiation venue de Washington rappelle aussi combien la paix locale dépend encore de faiseurs de compromis extérieurs.
Vendredi 30 octobre, des cars attendaient à Olechky, ville de la région de Kherson, tenue par l'armée russe depuis 2022. Devant leurs immeubles, des habitants se tenaient prêts à partir, leurs affaires à leurs pieds. C'était le quatrième jour d'un cessez-le-feu local, un fait rare dans cette guerre.
Avant l'invasion, la ville comptait 24 000 habitants. Il n'en restait qu'environ 2 000, sur la ligne de front, près du Dniepr. Ces dernières semaines, les médicaments, l'eau et la nourriture ont manqué. D'anciens résidents ont raconté à l'AFP que certains en étaient réduits à chasser des pigeons pour survivre.
L'aide ne passait pas. Les drones des deux camps survolaient la ville sans cesse, et les routes étaient minées. La situation a changé lorsque la trêve, annoncée grâce à la médiation de Melania Trump, a permis de déminer les routes et de distribuer de l'aide.
La médiatrice russe aux droits humains Yana Lantratova et son homologue ukrainien Dmytro Loubinets sont venus superviser l'opération. Des habitantes, dans des images diffusées par des médias ukrainiens, ont dit avoir traversé « tellement d'épreuves ». L'une voulait simplement « être avec [ses] enfants ». L'itinéraire, par Anapa puis la Biélorussie, est inhabituel. Le nombre exact d'évacués n'a pas été communiqué.
Ce cessez-le-feu est le plus long depuis février 2022. Il expire dimanche soir, et des négociations doivent s'ouvrir en novembre aux Émirats arabes unis. Ailleurs, les combats continuent.
Vendredi 30 octobre, des cars attendaient à Olechky, ville de la région de Kherson, dans le sud de l'Ukraine, tenue par l'armée russe depuis 2022. Des habitants se tenaient devant leurs immeubles, leurs affaires à leurs pieds, prêts à partir. C'était le quatrième jour d'un cessez-le-feu localisé entre Kiev et Moscou, un fait rare dans cette guerre.
Selon des estimations ukrainiennes, environ 2 000 personnes vivaient encore à Olechky, contre 24 000 avant l'invasion russe. La ville se trouve sur la ligne de front, près du Dniepr, qui sépare les deux armées dans ce secteur. Ces dernières semaines, les habitants manquaient de médicaments, d'eau et de nourriture. D'anciens résidents ayant réussi à fuir, interrogés par l'AFP, ont raconté que certains en étaient réduits à chasser des pigeons. Début octobre, d'autres disaient que les gens survivaient avec le peu qu'ils tiraient de leur potager.
L'aide ne passait pas. Les drones des deux camps survolaient la ville en permanence, la prenant sous un feu croisé, et les routes d'accès étaient minées. Kiev et Moscou s'accusaient mutuellement d'empêcher les convois d'arriver. La situation a changé quand un cessez-le-feu sur place a été annoncé la semaine dernière par la première dame américaine, Melania Trump. La trêve doit se terminer dimanche soir.
Les routes ont été déminées ces derniers jours, et de l'aide humanitaire a été distribuée sur place, ont indiqué Moscou et Kiev. Vendredi, la médiatrice russe aux droits humains, Yana Lantratova, et son homologue ukrainien, Dmytro Loubinets, sont arrivés à Olechky pour superviser l'opération, désormais achevée. Yana Lantratova a diffusé sur Telegram une vidéo de personnes attendant de monter dans les cars. Dmytro Loubinets a publié des images où il échange avec des habitants, dont plusieurs le remercient en larmes.
L'itinéraire est inhabituel. Le député ukrainien Davyd Arakhamia a expliqué sur Telegram que la délégation ukrainienne, accompagnée des habitants évacués, a pris la route d'Anapa, dans le sud de la Russie. De là, tous doivent s'envoler pour la Biélorussie, puis rentrer en Ukraine en car, vers les territoires contrôlés par Kiev.
Ni Moscou ni Kiev n'ont dit combien de personnes avaient été évacuées. Les autorités des deux pays avaient d'ailleurs indiqué auparavant que de nombreux habitants voulaient rester, même si les combats reprenaient. Yana Lantratova a précisé que ses services restaient en contact avec ceux qui sont restés, pour connaître leurs besoins futurs.
Des habitantes se sont exprimées dans des images diffusées par des médias ukrainiens. L'une a dit qu'on avait traversé « tellement d'épreuves » au cours des cinq dernières années. Une autre s'est dite épuisée : avec la santé, a-t-elle dit, on resterait peut-être un peu plus longtemps, « mais c'est tout. On veut juste être avec nos enfants ».
Ce cessez-le-feu est le plus long depuis le début de l'invasion à grande échelle en février 2022. D'autres trêves partielles, notamment à Pâques orthodoxes, avaient été marquées par des violations. Ailleurs dans le pays, les attaques se poursuivent sans relâche. Le Kremlin estime que cette trêve pourrait servir de « précédent » à d'autres opérations humanitaires sur le front. Des négociations russo-ukrainiennes sous médiation américaine doivent se tenir en novembre aux Émirats arabes unis.
Notable Quotes
La délégation ukrainienne, accompagnée des habitants évacués, s'est mise en route pour Anapa, d'où ils s'envoleront pour la Biélorussie.— Davyd Arakhamia, député ukrainien, sur Telegram
Nous restons en contact avec ceux qui sont restés à Olechky afin de connaître leurs besoins futurs.— Yana Lantratova, médiatrice russe aux droits humains