Plus de 400 à 500 lycées seront fermés lundi 5 octobre en France, dont plus d'un tiers en Île-de-France, en raison de conditions de sécurité insuffisantes. Le mouvement, lancé le 17 septembre en région parisienne, s'est étendu progressivement à tout le pays avec des débordements violents : incendies, dégradations et agressions contre les forces de l'ordre et civils.
Mobilisation lycéenne : 400 à 500 lycées fermés lundi, la situation s'intensifie
Des gens cagoulés de noir avec des bidons d'essence
Pourquoi ce mouvement a-t-il pris une telle ampleur en seulement trois semaines ?
Il a commencé le 17 septembre comme une protestation localisée en région parisienne, mais il s'est étendu progressivement à tout le territoire. Les lycéens ont des revendications légitimes sur les postes d'enseignants non pourvus et l'état des établissements, mais ce qui a vraiment changé, c'est que des débordements violents se sont mêlés au mouvement.
Attendez — on parle de 400 à 500 lycées fermés lundi, mais le ministre dit qu'il y en avait déjà 400 à 500 qui avaient suspendu les cours vendredi. Ça veut dire que le nombre ne progresse pas vraiment, ou qu'il y a une rotation ?
C'est une bonne question. Le ministre a dit qu'il y en aurait « probablement autant lundi, mais avec une reprise partielle des cours, progressive ». Donc c'est plus nuancé que ça ne paraît.
Et les violences — elles viennent des lycéens eux-mêmes ou d'autres ?
C'est compliqué. Il y a clairement des incidents impliquant des mineurs : un adolescent qui a aspergé une femme au spray inflammable, un autre qui a jeté de l'essence sur un professeur. Mais la présidente de région parle de gens « cagoulés de noir » qui arrivent avec des bidons d'essence, ce qui suggère une infiltration extérieure.
Mais elle ne nomme personne, elle ne donne pas de chiffres. C'est une observation, pas une preuve. Et sur les blessures — 78 personnels de l'Éducation nationale blessés, c'est depuis le début des événements. On ne sait pas combien de ces blessures viennent des lycéens, combien des forces de l'ordre, combien d'autres sources.
Et ce lycéen qui a perdu un œil à Tours ?
La procureure a dit que les lésions étaient « compatibles avec l'impact d'une balle de défense de type LBD ». La famille a porté plainte contre les forces de l'ordre. Mais on ne sait pas exactement ce qui s'est passé — il y avait des incendies, les pompiers intervenaient, les forces de l'ordre étaient prises à partie par des jets de projectiles.
Donc c'est une situation confuse. Et le policier roué de coups à Belfort — deux mineurs sont poursuivis pour violences aggravées, mais l'un d'eux envisage de porter plainte pour tentative de meurtre contre le policier. Ça montre qu'il y a des versions très différentes de ce qui s'est passé.
Le gouvernement dit qu'il répond aux revendications. Est-ce que c'est suffisant ?
Le Premier ministre a fixé un calendrier : traitement prioritaire des postes non pourvus d'ici le 16 octobre, réunion mardi sur la rénovation des établissements. Mais les organisateurs disent qu'ils veulent des « mesures concrètes » et qu'ils continueront la mobilisation jusqu'aux vacances de la Toussaint.
Et on ne sait pas vraiment qui sont les « organisateurs ». Le gouvernement soupçonne La France insoumise, mais Fabien Roussel le nie. C'est un vide d'information important.
O Pulso
- Entre 400 et 500 lycées fermés lundi 5 octobre en France, dont plus de 160 en Île-de-France
- Mouvement lancé le 17 septembre en région parisienne, étendu à tout le territoire
- Plus de 5 000 personnes interpellées depuis le début de la mobilisation
- 24 établissements incendiés ou saccagés, 78 personnels de l'Éducation nationale blessés
- Un lycéen de 16 ans a perdu l'usage d'un œil à Tours ; un adolescent de 15 ans mis en examen pour agression au spray inflammable à Marseille
Plus de 400 à 500 lycées seront fermés lundi 5 octobre en France, dont plus d'un tiers en Île-de-France, en raison de conditions de sécurité insuffisantes. Le mouvement, lancé le 17 septembre en région parisienne, s'est étendu progressivement à tout le pays avec des débordements violents : incendies, dégradations et agressions contre les forces de l'ordre et civils.
Un mouvement de protestation lycéenne lancé le 17 septembre s'est étendu à tout le territoire français, paralysant plus de 400 lycées. Plus de 5 000 personnes ont été interpellées et plusieurs incidents violents ont été signalés.
Le mouvement de protestation lycéenne qui a éclaté le 17 septembre dans la région parisienne s'est transformé en trois semaines en une mobilisation nationale d'une ampleur sans précédent, paralysant entre 400 et 500 établissements scolaires et laissant derrière lui un bilan de violences qui divise le gouvernement et la classe politique sur les responsabilités de chacun.
Le ministre de l'Éducation nationale a annoncé dimanche que les cours seraient suspendus lundi 5 octobre dans 400 à 500 lycées sur les 3 700 que compte le pays, là où les conditions de sécurité ne permettaient pas la reprise. Cette fermeture massive intervient après une semaine marquée par 24 établissements incendiés ou saccagés et 78 personnels de l'Éducation nationale blessés depuis le début des événements. En Île-de-France, la situation est encore plus critique : plus d'un tiers des 468 lycées publics de la région, soit plus de 160 établissements, resteront fermés lundi. La présidente LR de la région, Valérie Pécresse, a dénoncé une « logique d'émeute urbaine » qui aurait remplacé les revendications légitimes des lycéens, pointant du doigt l'arrivée de personnes « cagoulées de noir avec des bidons d'essence » venues mettre le feu à des bâtiments.
Face à cette escalade, le gouvernement tente de reprendre l'initiative. Le Premier ministre a adressé dimanche une « feuille de route » à plusieurs ministres fixant un calendrier de réponses aux demandes des lycéens. À partir de lundi, les cours doivent reprendre « partout » où la sécurité et l'état des locaux le permettent. Le gouvernement s'engage à mettre en place dans chaque académie dès cette semaine un « traitement prioritaire du remplacement des absences longues et des postes non pourvus », avec un premier bilan attendu le 16 octobre. Une réunion est également convoquée mardi avec les présidents de région pour discuter de la rénovation des établissements scolaires et « identifier les urgences ».
Mais les incidents violents continuent de dominer le récit public. À Tours, un lycéen de 16 ans nommé Maël a perdu l'usage de son œil droit après des incidents survenus lors du blocage d'un établissement. La procureure de la République a indiqué que les lésions à l'œil étaient « compatibles avec l'impact d'une balle de défense de type LBD ». La famille a porté plainte pour « violences par personne dépositaire de l'autorité publique ». À Belfort, deux mineurs âgés de 17 et 15 ans ont été arrêtés pour avoir roué de coups un policier vendredi. Le procureur a requis la mise en examen pour violences aggravées, estimant qu'il n'y avait pas « d'éléments suffisamment probants » pour établir un caractère intentionnel homicide. L'un des adolescents, mineur, envisage de déposer plainte pour tentative de meurtre, son avocat dénonçant une « exceptionnelle sauvagerie » de la part d'un fonctionnaire de police.
Les violences ne se limitent pas aux affrontements avec les forces de l'ordre. À Marseille, un adolescent de 15 ans et demi a été mis en examen dimanche pour « acte de barbarie » après avoir projeté un spray enflammé sur le visage d'une femme de 40 ans, auxiliaire de vie, qui tentait de s'interposer lors d'une tentative de destruction d'abribus jeudi matin. Le parquet a précisé que le mineur, élève en seconde au lycée Colbert, « reconnaissait immédiatement les faits et, en saisissant la portée, exprimait de profonds regrets ». À La Ciotat, un adolescent de 16 ans a été interpellé dimanche matin pour avoir aspergé d'essence un enseignant de 59 ans qui tentait d'éteindre un feu devant le lycée Méditerranée vendredi. Le professeur a décrit avoir reçu « une douche à l'essence » et ressenti une « brûlure dans l'œil ».
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a rejeté dimanche toute accusation d'intervention « disproportionnée » de la police, affirmant que les forces de l'ordre « ne répriment pas la jeunesse » mais « protègent » élèves et étudiants désireux de « porter pacifiquement leurs revendications ». Il a dénoncé les « accusations graves et sans fondement » du syndicat de la magistrature, qui avait appelé à cesser « de réprimer la jeunesse pour la faire taire ».
Sur le plan politique, le candidat communiste à la présidentielle Fabien Roussel a appelé dimanche enseignants, salariés et militants à soutenir les lycéens lors de la journée de mobilisation prévue mardi, afin que « les revendications émergent plutôt que la violence ». Il a rejeté les accusations du gouvernement contre La France insoumise, soupçonnée par Matignon d'être à l'origine du mouvement. Plus de 5 000 personnes ont été interpellées depuis le début de la mobilisation, et les organisateurs appellent à la poursuite du mouvement, faute de « mesures concrètes ». La situation devrait s'intensifier mardi, jour de nouvelle mobilisation redouté par le gouvernement, tandis que les vacances de la Toussaint approchent le 17 octobre.
Citações Notáveis
À partir de ce lundi 5 octobre, le principe est que les cours devront reprendre partout où la sécurité et l'état des locaux le permettent— Le Premier ministre, dans une lettre aux ministres
Quand des gens, qui n'ont rien à voir avec le lycée, débarquent cagoulés de noir avec des bidons d'essence et viennent foutre le feu, ça s'appelle une logique d'émeute urbaine— Valérie Pécresse, présidente LR de la région Île-de-France