Le 31 octobre, alors que des centaines de milliers de Français descendaient dans la rue contre la hausse du coût de la vie, une minorité de casseurs a semé la violence dans plusieurs villes, jusqu'à viser des gendarmes à coups de cocktails Molotov. Il arrive souvent qu'une colère sociale légitime soit ainsi recouverte par ses franges les plus radicales, et que la question de la protestation se déplace vers celle de l'ordre. Entre le défilé pacifique de la majorité et les vitrines brisées, la nuit a dessiné la frontière mouvante entre expression démocratique et désordre. Le pays regarde désorma
Manifestations du 31 octobre : Nuñez dénonce des «centaines» de casseurs, 565 interpellations en France
Un gendarme prend feu avant de s'éloigner en courant
Le chiffre de 565 interpellations frappe. Qu'est-ce qu'il dit vraiment de la journée ?
Il a augmenté tout au long du jour, de 27 à 14 heures jusqu'à 565 au total. Mais à Paris, on compte 79 interpellations pour 70.000 manifestants : l'essentiel s'est passé ailleurs, à Marseille et Nantes notamment.
Et ces « centaines » de casseurs d'ultragauche ? C'est l'évaluation du ministre. Le texte ne donne aucun décompte indépendant ni le profil des personnes interpellées.
Les violences contre les forces de l'ordre sont pourtant documentées.
Oui : cinq blessés à Paris selon la préfecture, dont trois par cocktails Molotov, et une vidéo montrant un gendarme en feu, blessé à la cheville selon des sources concordantes.
Précisons que ces cinq blessés viennent de la préfecture. On ne connaît pas la gravité de chaque cas, hormis celui du gendarme.
Les commerçants dans tout ça ?
À Nantes, un crêpier parle de 150 couverts au lieu de 600 et dit que le samedi pèse jusqu'à 60 % de son chiffre d'affaires hebdomadaire. À Marseille, un magasin a été pillé et deux autres dégradés.
C'est le témoignage d'un seul gérant, pas une mesure générale. Et les rumeurs ont aussi circulé : la préfecture a démenti une coupure d'électricité attribuée à la police.
Qu'est-ce qui reste ouvert ?
Les appels lycéens et étudiants de mardi et jeudi, et la tenue des couvre-feux.
Et l'on ignore encore si les auteurs du jet de cocktail Molotov ont été identifiés.
Der Puls
- Une vidéo d'un gendarme mobile en feu, fuyant sous les yeux des caméras, a secoué l'opinion dès samedi soir.
- Plus de 560 interpellations à travers le pays ont rythmé une journée où les chiffres grimpaient d'heure en heure.
- À Marseille, un Foot Locker pillé, une cave saccagée et une école maternelle envahie ont plongé le centre-ville dans l'inquiétude.
- Des couvre-feux tombent dans plusieurs villes, pendant que les lycéens et étudiants annoncent déjà des blocages pour mardi et jeudi.
- Une crêperie n'a compté que 150 couverts au lieu de 600 : la colère sociale se double désormais d'une onde de choc économique.
Le 31 octobre, alors que des centaines de milliers de Français descendaient dans la rue contre la hausse du coût de la vie, une minorité de casseurs a semé la violence dans plusieurs villes, jusqu'à viser des gendarmes à coups de cocktails Molotov. Il arrive souvent qu'une colère sociale légitime soit ainsi recouverte par ses franges les plus radicales, et que la question de la protestation se déplace vers celle de l'ordre. Entre le défilé pacifique de la majorité et les vitrines brisées, la nuit a dessiné la frontière mouvante entre expression démocratique et désordre. Le pays regarde désormais ce qu'il fera de cette fracture.
Samedi soir, à Paris, une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux a saisi l'instant où un groupe de gendarmes mobiles était visé par un cocktail Molotov. L'un des militaires s'est retrouvé en feu avant de s'éloigner en courant, blessé à la cheville selon des sources concordantes. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a parlé de « tentative de meurtre » et dénoncé une « violence inouïe ».
Ce 31 octobre était l'acte III de la mobilisation contre la vie chère. Selon la préfecture de police, 320.000 personnes ont défilé dans le pays, dont 70.000 à Paris, où la capitale s'était préparée à accueillir jusqu'à 150.000 manifestants, avec plus de quarante stations de métro fermées. Le Conseil d'État a rétabli l'interdiction du parcours Bastille-Nation, ce qui laissait planer une tension supplémentaire sur la journée.
Le bilan des interpellations a grimpé au fil des heures, jusqu'à 565 sur l'ensemble du territoire. Cinq membres des forces de l'ordre ont été blessés, dont trois par des cocktails Molotov. Nuñez a désigné des « centaines » de casseurs issus de la mouvance d'ultragauche, tout en saluant un dispositif qui a permis aux cortèges déclarés de se dérouler.
À Marseille, la soirée a été la plus rude. Un magasin de sport de la rue Saint-Ferréol a été pillé, une cave à vin et une charcuterie dégradées, et une école maternelle a subi une intrusion sans dommage connu à ce stade. Les commerçants comptent déjà leurs pertes, à l'image de ce gérant de crêperie qui a servi bien moins de couverts que d'habitude. À Paris, en revanche, le calme a largement prévalu autour de Bastille, pendant que le Trocadéro faisait la fête.
Les couvre-feux se multiplient, à Paris, Grenoble, Lille, Tours ou encore Lyon et Marseille pour les mineurs. Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre : Marine Le Pen réclame des condamnations sévères, Bruno Retailleau parle de tentative de meurtre, tandis qu'Alexis Corbière salue une mobilisation « joyeuse et déterminée » et accuse le gouvernement de surdité. Les organisations lycéennes et étudiantes appellent déjà à bloquer établissements et universités mardi et jeudi.
Samedi soir, à Paris, une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux montre un groupe de gendarmes mobiles pris pour cible par un cocktail Molotov. L'un des militaires prend feu avant de s'éloigner en courant. Selon des sources concordantes citées par Le Figaro, il a été blessé à la cheville. Cette scène résume la tonalité d'une journée que le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a qualifiée de « tentative de meurtre » à propos de ce jet, en dénonçant la « violence inouïe » de groupes de casseurs.
Ce 31 octobre était l'acte III de la mobilisation contre la vie chère. D'après la préfecture de police, 320.000 personnes ont défilé dans le pays, dont 70.000 à Paris. Avant la journée, la police en attendait entre 100.000 et 150.000 dans la capitale, entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton, et plus de 40 stations de métro avaient été fermées. Le Conseil d'État avait par ailleurs annulé la décision du tribunal administratif de Paris : le parcours Bastille-Nation restait donc interdit.
Le bilan des interpellations a grimpé au fil de la journée : 27 à 14 heures (contre 217 le samedi précédent), 296 à 18 heures, 422 un peu plus tard, puis 565 pour l'ensemble du pays. À Paris, la préfecture a recensé 5745 contrôles et 79 interpellations. Elle a aussi fait état de cinq blessés parmi les forces de l'ordre, quatre policiers et un gendarme, dont trois touchés par des cocktails Molotov.
Laurent Nuñez a dénoncé des « centaines » de « casseurs et pilleurs » issus de la « mouvance d'ultragauche ». Il a estimé que le dispositif, « robuste et agile », avait permis aux manifestations déclarées de se tenir tout en entravant ceux qui voulaient faire dégénérer les cortèges. Il a aussi fustigé les cortèges sauvages, notamment à Marseille, où 10.000 personnes ont défilé sans autorisation, et ceux annoncés à Paris, où des individus « veulent se rendre à Bastille ».
À Marseille, la tension a été vive autour du quartier de La Plaine. Un magasin Foot Locker du 1er arrondissement, rue Saint-Ferréol, a été pillé en début de soirée : cinq personnes ont été interpellées. Une cave à vin et une charcuterie de la rue Saint-Michel ont été dégradées, et l'école maternelle Saint-Savournin a subi une intrusion, sans dommage connu à ce stade. Des couteaux et des masques ont été saisis. La préfecture a démenti une rumeur selon laquelle les forces de l'ordre auraient coupé l'électricité à La Plaine : l'éclairage public avait été dégradé la veille par un acte de malveillance. À Lyon, la préfecture a affirmé que la situation était « sous contrôle ». À Nantes, 52 interpellations ont eu lieu avec Saint-Nazaire. Les gaz lacrymogènes ont continué d'y être tirés en soirée, tandis que des commerçants constataient les dégâts économiques : le gérant d'une crêperie a compté 150 couverts au lieu de 600.
À Paris, le calme est resté la règle dans la soirée. Aucun heurt n'était signalé à Bastille à 21 heures, malgré les appels en ligne : la police avait déployé de nombreux véhicules dans les rues adjacentes et filtrait des manifestants rue du Faubourg Saint-Antoine. Au Trocadéro, l'ambiance était festive, Halloween oblige. Aux Halles, des patrouilles à pied circulaient.
Des couvre-feux ont été décrétés dans de nombreuses villes. À Paris, de 23 heures à 6 heures, autour de République et de Châtelet-Les Halles ; à Grenoble, dans plusieurs secteurs ; dans le Nord, notamment à Lille et Valenciennes ; à Tours, de 19 heures à 5 heures. À Lyon, Marseille et Avignon, certaines mesures visent les mineurs non accompagnés.
Les réactions politiques n'ont pas tardé. Marine Le Pen a réclamé que les auteurs de l'attaque contre le policier soient retrouvés et condamnés avec la plus grande sévérité. Bruno Retailleau a parlé de tentative de meurtre. Alexis Corbière a eu une pensée pour les forces de l'ordre visées, mais a souligné la mobilisation « joyeuse et déterminée » et reproché au gouvernement de rester sourd. L'Union syndicale lycéenne et l'Union étudiante appellent déjà à bloquer lycées et universités mardi et jeudi.
Bemerkenswerte Zitate
Le dispositif élaboré, robuste et agile, a permis aux manifestations déclarées de se tenir.— Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur
Il s'agit d'une tentative de meurtre.— Bruno Retailleau, candidat LR à la présidentielle