Mali : plus de 50 civils tués dans des attaques armées à Ménaka

Plus de 40 civils, dont des femmes et des personnes âgées, ont été tués dans les attaques, et des dizaines de personnes ont été déplacées vers la ville de Ménaka.
Ils n'ont adressé la parole à personne, ils ont juste commencé à tuer.
Témoignage d'un habitant de Tinabow décrivant l'arrivée des assaillants à motocyclette dimanche soir.
Mark

Pourquoi cette attaque a-t-elle visé spécifiquement la communauté Daoussahak ?

Mimi

Parce que le MSA, le mouvement armé issu de cette communauté, est aligné sur la junte au pouvoir. Une source sécuritaire suggère que l'attaque était une représaille contre les opérations militaires récentes et contre le MSA lui-même. Mais le Bureau exécutif Daoussahak attribue l'attaque à l'État islamique.

Luke

Attendez — nous avons deux explications différentes. L'une vient d'une source sécuritaire à Gao, l'autre du Bureau exécutif Daoussahak. Laquelle est vérifiée ?

Mark

Aucune des deux n'est définitivement établie ?

Luke

Non. Ce que nous savons, c'est que l'armée malienne a mené des opérations samedi dans la zone. Ce que nous ne savons pas, c'est qui exactement a lancé l'attaque de dimanche et pour quelle raison précise.

Mimi

C'est juste. Mais le contexte est clair : le Mali est en proie à une crise sécuritaire depuis 2012, avec des groupes jihadistes, des criminels, et maintenant aussi des tensions entre formations armées communautaires et la junte.

Mark

Combien de personnes ont été tuées exactement ?

Mimi

Les chiffres varient entre quarante et cinquante selon les sources. Le Bureau exécutif Daoussahak parle de 48 morts à Tagadayat. D'autres sources évoquent une quarantaine, d'autres plus de cinquante.

Luke

Donc nous n'avons pas un chiffre unique. C'est important de le dire clairement.

Mark

Et les déplacements de population ?

Mimi

Importants. Lundi encore, les gens continuaient d'arriver à Ménaka en fuyant les zones attaquées. Le Bureau exécutif a lancé un appel à l'aide humanitaire d'urgence.

Luke

Nous ne savons pas combien de personnes exactement ont été déplacées. C'est un autre chiffre qui reste flou.

  • Des dizaines de motocyclettes ont surgi dans la nuit, ouvrant le feu sans sommation sur des campements civils — un acte de violence aveugle qui a laissé au moins quarante à cinquante morts sur le sol.
  • Parmi les victimes se trouvaient des femmes, des enfants et des personnes âgées, et la résidence du chef du MSA à Ménaka a elle aussi été ciblée, signalant une intention de frapper au cœur du pouvoir communautaire.
  • L'attribution reste disputée : le Bureau exécutif Daoussahak accuse l'État islamique, tandis qu'une source sécuritaire évoque des représailles liées aux opérations militaires menées la veille par l'armée malienne.
  • Les survivants fuient en masse vers Ménaka, et le Bureau exécutif Daoussahak lance un appel urgent à l'aide humanitaire pour des populations désormais sans abri ni protection.
  • Ces violences révèlent l'impuissance persistante de la junte à endiguer un conflit multiforme où jihadistes, groupes criminels et milices communautaires se disputent un territoire que l'État ne contrôle qu'en apparence.

Dans les étendues arides du nord-est du Mali, à une cinquantaine de kilomètres de Ménaka, des hommes armés ont fondu dimanche soir sur des campements de la communauté Daoussahak, tuant au moins quarante à cinquante civils — femmes, enfants et vieillards confondus. Ce massacre, attribué tantôt à l'État islamique, tantôt à des représailles contre des opérations militaires récentes, s'inscrit dans une crise sécuritaire qui dévore le Mali depuis 2012, rappelant que ce sont toujours les plus vulnérables qui portent le poids des guerres que d'autres ont décidées.

Dimanche soir, plusieurs dizaines d'hommes armés à motocyclette ont attaqué des campements de la communauté Daoussahak situés à une cinquantaine de kilomètres de Ménaka, dans le nord-est du Mali. Ils ont ouvert le feu sans discrimination, incendié les habitations et tué au moins quarante à cinquante civils, parmi lesquels des femmes, des enfants et des personnes âgées. Un témoin à Tinabow a décrit l'arrivée soudaine des assaillants et leur silence meurtrier : « Ils n'ont adressé la parole à personne, ils ont juste commencé à tuer. »

La communauté Daoussahak est liée au Mouvement pour le salut de l'Azawad (MSA), formation armée alignée sur la junte au pouvoir depuis 2020. Son Bureau exécutif a attribué le massacre à l'État islamique et lancé un appel urgent à l'aide humanitaire. Une source sécuritaire basée à Gao propose une lecture différente : les attaques seraient des représailles contre des opérations militaires menées la veille par l'armée malienne dans la même zone, et contre les actions du MSA lui-même. La résidence à Ménaka du chef du MSA, Moussa Ag Acharatoumane, a également été visée, sans faire de victimes.

Dès le lendemain, les survivants continuaient d'affluer vers Ménaka, fuyant les zones dévastées. Cet exode massif illustre le climat de terreur qui s'est installé dans la région. Ces événements s'inscrivent dans une crise sécuritaire qui ravage le Mali depuis 2012, où groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l'État islamique, organisations criminelles et milices communautaires se disputent un territoire que la junte, malgré ses proclamations, peine à pacifier. Ce sont, une fois encore, des civils sans armes qui en ont payé le prix.

Dimanche soir, des hommes armés ont débarqué à motocyclette dans plusieurs campements situés à une cinquantaine de kilomètres de Ménaka, dans le nord-est du Mali. Ce qu'ils ont fait ensuite — selon les témoins et les sources de sécurité qui se sont exprimés lundi auprès de l'AFP — ressemble moins à une opération militaire qu'à un massacre. Ils ont tiré sans discrimination. Ils ont incendié les habitations. Ils n'ont adressé la parole à personne. Quand tout a été fini, au moins quarante à cinquante civils gisaient morts, parmi lesquels des femmes, des enfants et des personnes âgées.

Les campements visés appartenaient en majorité à la communauté Daoussahak, groupe dont est issu le Mouvement pour le salut de l'Azawad (MSA), une formation armée alignée sur la junte militaire qui gouverne le Mali depuis les coups d'État de 2020 et 2021. Le Bureau exécutif de la communauté Daoussahak a attribué les attaques à l'organisation État islamique. Mais une source sécuritaire basée à Gao a fourni une explication différente : ces violences seraient des représailles contre les opérations militaires menées récemment dans la zone et contre les attaques du MSA lui-même. La résidence à Ménaka du chef du MSA, Moussa Ag Acharatoumane — qui siège également au Conseil national de transition, l'organe législatif de la junte — a aussi été ciblée, bien sans faire de victimes.

Un témoin local à Tinabow a décrit l'arrivée soudaine de plusieurs dizaines de motocyclettes, puis l'ouverture du feu immédiate et systématique. "Ils n'ont adressé la parole à personne, ils ont juste commencé à tuer. J'ai vu des dizaines de corps", a-t-il rapporté. Un élu local a confirmé le bilan lourd, mentionnant plus de cinquante morts incluant femmes et vieillards. Le Bureau exécutif Daoussahak, dans un communiqué publié lundi, a dénoncé le "massacre" de "populations civiles sans défense" et a lancé un appel urgent à l'aide humanitaire.

Les attaques ont provoqué des déplacements massifs de population. Lundi encore, selon une source sécuritaire, les gens continuaient d'arriver à Ménaka, fuyant les zones attaquées. L'ampleur de cet exode souligne le climat de terreur qui règne dans la région.

Ce qui s'est déroulé dimanche s'inscrit dans une crise sécuritaire qui ravage le Mali depuis 2012. Le pays est devenu un champ de bataille fragmenté où s'affrontent des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l'État islamique, des organisations criminelles, des mouvements indépendantistes touaregs, et désormais aussi des formations armées communautaires. La junte au pouvoir, malgré le contrôle qu'elle exerce, n'a pas réussi à endiguer ces violences. À cela s'ajoute une crise économique grave qui affaiblit davantage la capacité de l'État à maintenir l'ordre.

L'armée malienne a affirmé avoir mené samedi — la veille des attaques — des opérations dans la même zone, à environ soixante-cinq kilomètres au sud-ouest de Ménaka. Elle a déclaré avoir ciblé et frappé avec succès "une importante base abritant plusieurs éléments terroristes ainsi que du matériel de guerre et de logistique". Que ces opérations aient effectivement provoqué les représailles de dimanche, ou que les attaques aient répondu à d'autres calculs politiques et militaires, reste pour l'instant une question sans réponse définitive. Ce qui est certain, c'est que plus de quarante civils sans armes ont payé le prix de ces tensions entrecroisées.

Ils ont tiré sur tout ce qui bouge. Il y a eu 50 civils tués dont des jeunes et des personnes âgées.
— Source sécuritaire à Gao
Le Bureau exécutif Daoussahak a dénoncé le massacre de populations civiles sans défense et lancé un appel urgent à l'aide humanitaire.
— Bureau exécutif de la communauté Daoussahak
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