Les Houthis revendiquent des frappes sur Riyad ; Turquie et Pakistan déploient des troupes

Le ciel au-dessus de l'Arabie saoudite n'est pas sûr
Les Houthis avertissent les compagnies aériennes alors que les tensions s'intensifient dans le Golfe.
Mark

Pourquoi ce moment précis ? Les Houthis attaquent l'Arabie saoudite depuis des années. Qu'est-ce qui a changé en septembre pour que tout s'accélère ainsi ?

Mimi

En septembre, ils ont remporté une offensive éclair qui leur a donné le contrôle de tout le littoral ouest du Yémen. C'est un changement qualitatif — ils ne frappent plus depuis loin, ils contrôlent maintenant les points stratégiques clés, notamment les détroits. Cela leur donne une capacité de projection entièrement nouvelle.

Luke

Mais attendez — les Houthis revendiquent ces frappes. Nous ne savons pas avec certitude qu'elles ont réussi. Les explosions à Riyad sont confirmées par des témoins, mais les dégâts réels à l'aéroport, à la raffinerie Aramco ? Ce sont les Houthis qui le disent.

Mark

Et la réaction turco-pakistanaise ? C'est vraiment la première fois que cet accord de défense mutuelle est utilisé ?

Mimi

Oui, c'est la première activation concrète. Cela montre à quel point l'Arabie saoudite se sent menacée. Elle a demandé du soutien américain sans succès, donc elle active ses autres alliances.

Luke

Mais le communiqué conjoint ne nomme pas directement les Houthis. Il condamne les attaques contre les villes saintes et les installations civiles. C'est une formulation diplomatique qui laisse de la place à l'interprétation.

Mark

Et l'impact économique ? Le patron d'Aramco parle de stocks mondiaux « dangereusement bas ».

Mimi

C'est le cœur du problème. L'oléoduc Est-Ouest a été arrêté. Le détroit d'Ormuz est déjà verrouillé par l'Iran. Si les Houthis contrôlent Bab el-Mandeb, les routes pétrolières mondiales sont sous pression. C'est une menace pour l'économie mondiale.

Luke

Mais nous ne savons pas encore si les Houthis ont vraiment endommagé l'oléoduc ou s'il a été arrêté par précaution. Et Mokha — les sources militaires disent que la voie d'approvisionnement a été coupée, mais aucune confirmation officielle que la ville a été reprise.

Mark

Donc il y a encore beaucoup d'incertitude sur ce qui s'est réellement passé.

Mimi

Oui, mais l'escalade elle-même est réelle. Les trois pays activent un pacte de défense. Les forces gouvernementales yéménites lancent une contre-offensive massive. Les Houthis avertissent les compagnies aériennes. C'est du concret.

Luke

C'est vrai. Mais nous devons distinguer entre ce qui est confirmé — les explosions à Riyad, les annonces de déploiement militaire, les déclarations des porte-paroles — et ce qui est revendiqué ou rapporté par une seule source.

  • Les Houthis ont revendiqué des frappes contre l'aéroport de Riyad, la raffinerie d'Aramco à Rabigh et des sites militaires du sud saoudien, le 5 octobre
  • La Turquie et le Pakistan déploient des forces militaires en Arabie saoudite en vertu d'un accord de défense mutuelle signé en août à La Mecque
  • Les Houthis contrôlent depuis septembre tout le littoral ouest du Yémen bordant la mer Rouge
  • Les forces gouvernementales yéménites ont lancé une contre-offensive avec plus de 1 000 frappes et une offensive sur Sanaa

Les Houthis ont frappé l'aéroport international de Riyad, une raffinerie Aramco et des sites militaires du sud saoudien avec drones et missiles. La Turquie et le Pakistan déploient des forces militaires en Arabie saoudite en vertu d'un accord de défense mutuelle signé en août.

Les Houthis yéménites ont revendiqué des frappes contre l'aéroport de Riyad et des installations pétrolières saoudiennes. La Turquie et le Pakistan activent leur pacte de défense mutuelle pour soutenir le royaume.

Lundi 5 octobre, les Houthis du Yémen ont revendiqué une série de frappes coordonnées contre des cibles saoudiennes majeures : l'aéroport international de Riyad, une raffinerie d'Aramco à Rabigh, et plusieurs installations militaires dans le sud du royaume. Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a déclaré que ces attaques, menées à l'aide de drones, de missiles balistiques et de missiles de croisière, avaient atteint leurs objectifs. À Riyad même, des habitants et un journaliste de l'AFP ont rapporté de fortes explosions en fin de soirée. L'un d'eux a décrit avoir vu ses fenêtres trembler, vivant près de l'aéroport international de la capitale saoudienne.

Cette escalade intervient dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient. Les Houthis, soutenus par l'Iran et au pouvoir dans une grande partie du Yémen depuis une décennie, ont relancé les hostilités en juillet après des années de calme relatif. En septembre, ils ont mené une offensive éclair qui leur a permis de prendre le contrôle de tout le littoral ouest du Yémen bordant la mer Rouge. Depuis, ils ciblent régulièrement les installations pétrolières et militaires du royaume voisin, ouvrant un nouveau front dans la guerre régionale qui s'est intensifiée depuis février.

Face à cette menace, la Turquie et le Pakistan ont activé immédiatement leur pacte de défense mutuelle avec l'Arabie saoudite, signé en août à La Mecque. Après une réunion à Riyad, les trois pays ont annoncé qu'ils passeraient sans délai à la mise en œuvre de cet accord en déployant rapidement les forces et moyens militaires convenus dans le royaume. C'est la première fois que ce mécanisme associant la deuxième armée de l'Otan (la Turquie), la principale puissance du Golfe (l'Arabie saoudite) et la seule puissance nucléaire du monde musulman (le Pakistan) est activé concrètement.

De son côté, la coalition dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen a riposté en frappant des cibles militaires à Hodeïda, le grand port de la mer Rouge contrôlé par les Houthis. Le porte-parole de la coalition, Turki Al-Malki, a indiqué que les forces navales avaient détruit des dépôts d'armes, des installations abritant des bateaux piégés et des mines, tout en déjouant une attaque prévue contre les voies navigables du sud de la mer Rouge.

Les forces gouvernementales yéménites, soutenues par l'Arabie saoudite, ont lancé dimanche une vaste contre-offensive pour reprendre les territoires que les Houthis ont conquis en septembre, voire pour les déloger de l'ensemble du pays. Elles ont affirmé avoir mené plus de mille frappes et ont ouvert une offensive sur Sanaa, la capitale aux mains des Houthis depuis 2015. Sur le littoral, des sources militaires ont rapporté lundi que les forces progouvernementales avaient coupé la seule voie d'approvisionnement vers Mokha, le port stratégique pris par les Houthis en septembre, bien qu'aucune confirmation officielle de sa reprise n'ait été donnée.

Les enjeux économiques de ce conflit sont considérables. Dimanche, l'oléoduc Est-Ouest, qui permet à l'Arabie saoudite de transférer son pétrole bloqué à l'est par le verrouillage du détroit d'Ormuz vers l'ouest du royaume, a été pris pour cible et arrêté — il avait déjà dû l'être le mois précédent. Le patron d'Aramco a mis en garde contre le niveau « dangereusement faible » des stocks mondiaux de pétrole. La coalition a déclaré assurer la protection aérienne du détroit de Bab el-Mandeb, essentiel pour le transport des hydrocarbures. Les Houthis ont renforcé en septembre leur contrôle sur ce détroit, dont l'importance stratégique s'est accrue avec le verrouillage par l'Iran du détroit d'Ormuz de l'autre côté de la péninsule arabique.

Les Houthis ont également averti les compagnies aériennes que le ciel au-dessus de l'Arabie saoudite n'était « pas sûr » — à l'exception des villes saintes de Médine et La Mecque, qu'ils affirment ne jamais avoir visées. Cette déclaration contraste avec les accusations saoudiennes selon lesquelles les Houthis auraient attaqué ces deux villes saintes. L'Arabie saoudite et les forces gouvernementales yéménites, peinant à repousser les attaques des Houthis, ont plusieurs fois demandé du soutien international, notamment aux États-Unis, sans succès jusqu'à présent. Le déploiement turc et pakistanais représente donc un tournant significatif dans la dynamique régionale.

Les forces navales ont détruit des dépôts d'armes, des installations abritant des bateaux piégés et des mines, et ont déjoué une attaque prévue contre les voies navigables du sud de la mer Rouge
— Turki Al-Malki, porte-parole de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite
Le niveau des stocks mondiaux de pétrole est dangereusement bas
— Le patron du géant pétrolier saoudien Aramco
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