Dans un monde où les glaces arctiques fondent et où les routes maritimes du Grand Nord deviennent des enjeux de puissance, le secrétaire d'État Marco Rubio pose le pied en Islande pour tisser des liens que Washington considère désormais indispensables. Sa visite, dix jours après la signature d'un accord historique avec le Groenland, révèle une stratégie américaine méthodique : verrouiller les accès arctiques avant que Moscou ou Pékin ne s'y installent durablement. L'Islande, île sans armée mais dotée d'une position géographique exceptionnelle, se retrouve au cœur d'un jeu qui la dépasse, et do
Les États-Unis poursuivent leur offensive arctique en Islande après l'accord sur le Groenland
L'Islande dépend entièrement de Washington pour sa sécurité
Pourquoi cette visite en Islande maintenant, juste après l'accord sur le Groenland? C'est une continuation ou quelque chose de nouveau?
C'est une continuation, mais avec une urgence nouvelle. L'accord sur le Groenland a montré que Washington prend l'Arctique très au sérieux. L'Islande est le maillon suivant dans cette chaîne de contrôle des voies d'accès arctiques.
Mais attendez — les États-Unis n'ont pas de base permanente en Islande. Quel est exactement le levier que Rubio apporte à cette conversation?
L'accord de défense de 1951 est toujours en place. C'est le fondement. Rubio vient renforcer ce qui existe déjà, pas nécessairement installer quelque chose de nouveau.
Et l'Islande, elle veut vraiment de cette présence américaine renforcée? Ils ont rejeté l'UE il y a quelques semaines.
C'est compliqué. Ils n'ont pas d'armée. Ils dépendent de quelqu'un pour leur sécurité. L'UE n'a pas offert de garanties militaires claires. Les États-Unis, oui.
Mais ce rejet de l'UE — est-ce qu'on sait vraiment pourquoi? C'était 52,8 % contre 47,2 %. C'est serré. On ne peut pas dire que l'Islande a clairement choisi l'Amérique plutôt que l'Europe.
Non, c'est vrai. C'est un vote très divisé. Mais dans l'absence d'une armée propre, la sécurité prime. Et c'est là que Washington a un avantage.
Cette carte que Trump a diffusée en septembre — celle avec le drapeau américain sur l'Islande — ça n'a pas endommagé la relation?
Ça l'a ébranlée, clairement. L'Islande a convoqué l'ambassadeur. Mais ça n'a pas remis en cause la relation fondamentale.
Parce qu'il n'y a pas d'alternative viable. C'est ça le vrai calcul, non? L'Islande est coincée.
Coincée est un mot fort. Mais oui, dans un monde où la Russie et la Chine convoitent l'Arctique, l'Islande a besoin d'une puissance militaire. Et seuls les États-Unis en offrent une.
Rubio va aussi en Grèce. C'est la même logique?
Oui et non. La Grèce est un hub énergétique. C'est une autre pièce du puzzle stratégique américain en Europe.
El Pulso
- Dix jours après un accord de sécurité inédit avec le Groenland, Washington accélère son offensive diplomatique en Arctique en envoyant Rubio directement à Reykjavik.
- Des frictions récentes — une carte trumpiste recouvrant l'Islande du drapeau américain, une convocation de l'ambassadeur américain — ont fragilisé la confiance entre les deux alliés sans rompre leurs liens fondamentaux.
- L'Islande, dépourvue de toute armée depuis 1944 et liée aux États-Unis par un traité de défense datant de 1951, dispose de peu de marges de manœuvre face aux ambitions américaines dans la région.
- Le rejet par référendum de la reprise des négociations avec l'UE en août dernier laisse l'île dans un vide stratégique qui renforce paradoxalement sa dépendance envers Washington.
- La tournée de Rubio — Islande, Grèce, Portugal — dessine une ligne de défense américaine reliant l'Arctique au flanc sud-est de l'Europe, face aux ambitions russes et chinoises.
Dans un monde où les glaces arctiques fondent et où les routes maritimes du Grand Nord deviennent des enjeux de puissance, le secrétaire d'État Marco Rubio pose le pied en Islande pour tisser des liens que Washington considère désormais indispensables. Sa visite, dix jours après la signature d'un accord historique avec le Groenland, révèle une stratégie américaine méthodique : verrouiller les accès arctiques avant que Moscou ou Pékin ne s'y installent durablement. L'Islande, île sans armée mais dotée d'une position géographique exceptionnelle, se retrouve au cœur d'un jeu qui la dépasse, et dont elle doit pourtant choisir les règles.
Marco Rubio arrive à Reykjavik le lundi 5 octobre pour une visite express qui s'inscrit dans une offensive diplomatique américaine soigneusement orchestrée. Dix jours plus tôt, Washington avait signé un accord de sécurité avec le Danemark et le Groenland, prévoyant l'installation de deux nouvelles bases militaires américaines sur ce territoire autonome. La visite en Islande prolonge cette logique : consolider la présence américaine sur les voies d'accès arctiques que la Russie et la Chine convoitent également.
L'Islande occupe une place singulière dans ce dispositif. Sans armée depuis son indépendance en 1944, elle repose entièrement sur l'Otan et sur un accord de défense bilatéral américain signé en 1951. Les États-Unis n'y maintiennent pas de base permanente, mais l'île reste un verrou géographique incontournable dans le Grand Nord. Rubio doit y rencontrer des responsables islandais pour évoquer coopération économique et sécuritaire.
La relation entre les deux pays n'est pourtant pas sans nuages. En septembre, Trump avait diffusé une carte représentant l'Islande sous drapeau américain, provoquant la convocation de l'ambassadeur américain par Reykjavik. Le président avait par ailleurs confondu l'Islande et le Groenland en janvier 2026, révélant une méconnaissance troublante de la région qu'il entend dominer. Ces incidents ont ébranlé la confiance sans la briser.
La politique intérieure islandaise complique encore le tableau. Fin août, les Islandais ont rejeté à 52,8 % la reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne, gelées depuis 2013. Ce vote laisse l'île dans un entre-deux stratégique qui, paradoxalement, renforce sa dépendance envers Washington au moment même où celle-ci se fait plus pressante.
Après l'Islande, Rubio se rendra en Grèce — hub gazier clé dans un sud-est européen fragilisé par les conflits en Iran et en Ukraine — avant de conclure sa tournée à Lisbonne. Cette séquence révèle une stratégie cohérente : ancrer l'influence américaine aux points névralgiques de l'Arctique et du flanc européen, face à des rivaux qui, eux aussi, avancent leurs pions.
Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine, arrive en Islande lundi 5 octobre pour une visite express à Reykjavik. C'est un déplacement qui s'inscrit dans une stratégie plus large : consolider l'emprise américaine sur l'Arctique, une région devenue cruciale à mesure que les tensions géopolitiques s'intensifient. Le timing n'est pas anodin. Rubio arrive dix jours après la signature d'un accord de sécurité avec le Danemark et le Groenland, un accord qui a mis fin à des mois de tensions diplomatiques et qui prévoit l'installation de deux nouvelles bases militaires américaines sur le territoire autonome danois.
L'Islande occupe une position stratégique unique dans ce calcul arctique. Depuis son indépendance en 1944, l'île n'a jamais disposé d'une armée propre. Sa sécurité repose entièrement sur l'Otan et sur un accord de défense bilatéral conclu avec les États-Unis en 1951, un traité qui demeure le fondement de sa protection. Les États-Unis n'y maintiennent pas de base permanente, mais ils cherchent à asseoir leur domination des voies d'accès arctiques, des routes maritimes que la Russie et la Chine convoitent également. C'est dans ce contexte que le département d'État a annoncé que Rubio rencontrerait des responsables islandais pour discuter de coopération dans les domaines de l'économie et de la sécurité.
La visite arrive aussi à un moment où les relations entre Washington et Reykjavik ont connu des frictions. En septembre, le président Trump avait diffusé une carte recouvrant du drapeau américain toute l'Amérique du Nord, le Mexique, les Caraïbes, le Groenland et l'Islande. L'Islande avait réagi en convoquant l'ambassadeur américain pour signifier clairement que cette image était totalement inappropriée. Trump avait d'ailleurs confondu l'Islande avec le Groenland en janvier 2026, révélant une certaine confusion sur la géographie de la région qu'il cherchait à contrôler. Malgré ces incidents, les certitudes quant à la relation entre les deux pays n'ont pas été remises en cause, même si elles ont été ébranlées.
Le contexte politique intérieur islandais ajoute une couche de complexité. Fin août, les Islandais ont rejeté par 52,8 % contre 47,2 % une reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne, des négociations gelées depuis 2013. Ce vote reflète une certaine ambivalence face à l'intégration européenne, ce qui laisse l'île davantage dépendante de ses arrangements de sécurité existants avec Washington. La visite de Rubio intervient dans ce vide politique, au moment où l'Islande doit décider de son orientation stratégique.
Après l'Islande, Rubio poursuivra sa tournée européenne en Grèce, où il participera à un dialogue stratégique avec Athènes sur la sécurité régionale et énergétique. La Grèce, membre de l'Otan, se positionne comme un hub clé pour le transport de gaz naturel dans le sud-est de l'Europe, une importance accrue par les guerres en Iran et en Ukraine qui ont mis en évidence la fragilité des voies d'approvisionnement énergétique. Rubio terminera sa tournée par une brève escale à Lisbonne. Cette séquence de visites dessine une stratégie cohérente : renforcer les alliances américaines aux points stratégiques de l'Arctique et du flanc sud-est de l'Europe, tout en consolidant l'influence américaine face aux ambitions russes et chinoises dans ces régions.
Citas Notables
L'Islande a convoqué l'ambassadeur américain pour signifier clairement que l'image du drapeau américain couvrant l'île était totalement inappropriée— Gouvernement islandais, septembre 2026