Le RN présente son contre-budget pour regagner la crédibilité auprès des électeurs et des marchés financiers avant l'élection présidentielle 2027. Jordan Bardella, bien qu'au cœur d'accusations d'antisémitisme qu'il dément, reste le premier-ministrable de Marine Le Pen en cas de victoire.
Le Pen présente son contre-budget face à la tempête Bardella
Regagner la crédibilité auprès des marchés financiers
Pourquoi cette présentation budgétaire est-elle si importante maintenant, en pleine controverse?
Parce que Le Pen doit montrer qu'elle peut gouverner. Les marchés financiers regardent les candidats présidentiels comme des gestionnaires potentiels. Un programme budgétaire crédible, c'est un signal de sérieux.
Mais on ne sait pas encore si ce programme est réaliste. Ramener le déficit de 5,4% à moins de 3% en cinq ans, c'est possible, mais ça demande des coupes énormes. Où exactement?
Et Bardella, dans tout ça? Il est censé être premier ministre?
Oui, c'est son rôle désigné. Le Pen l'a réaffirmé ce week-end malgré les accusations. Il sera chargé de détailler le premier budget à mettre en œuvre dès l'été 2027.
Sauf que Bardella est au cœur d'une tempête antisémite. On ne sait pas comment ça va peser sur la crédibilité du programme. Les accusations, il les conteste, mais elles sont documentées par Mediapart.
Les jeunes électeurs, eux, qu'en pensent-ils?
Ils sont profondément pessimistes. Quatre-vingts pour cent disent qu'ils vont voter, mais soixante-quatre pour cent ne font pas confiance aux candidats. Ils craignent de devoir travailler plus longtemps, d'avoir du mal à acheter une maison.
L'enquête montre aussi que soixante-dix-sept pour cent sont satisfaits de leur vie personnelle. C'est un paradoxe intéressant : ils vont bien individuellement, mais ils pensent que le pays va mal collectivement.
Ça change quoi pour Le Pen et Bardella?
Ça signifie qu'ils doivent parler à une génération qui doute de la politique mais qui vote quand même. C'est une opportunité, mais aussi un risque.
Et l'aide au développement qui baisse de 43%? Ça fait partie du programme du RN ou c'est juste le gouvernement actuel qui coupe?
C'est le gouvernement actuel. Mais ça montre la direction générale : tout le monde coupe pour redresser les finances publiques. Le RN devra faire pareil, probablement plus agressivement.
O Pulso
- Déficit budgétaire à ramener de 5,4% à moins de 3% en cinq ans
- Aide publique au développement réduite de 43% à 2,47 milliards d'euros
- 78% des jeunes estiment que les responsables politiques préparent mal l'avenir
- Jordan Bardella reste le premier-ministrable de Marine Le Pen malgré les accusations
Le RN présente son contre-budget pour regagner la crédibilité auprès des électeurs et des marchés financiers avant l'élection présidentielle 2027. Jordan Bardella, bien qu'au cœur d'accusations d'antisémitisme qu'il dément, reste le premier-ministrable de Marine Le Pen en cas de victoire.
Marine Le Pen dévoile le programme budgétaire du Rassemblement national pour 2027 aux côtés de Jordan Bardella, malgré une semaine de polémiques antisémites visant son dauphin.
Marine Le Pen s'apprête à dévoiler les contours budgétaires de son programme présidentiel ce mardi matin, une présentation que le Rassemblement national ne pouvait repousser malgré le tumulte des derniers jours. Depuis une semaine, des révélations de Mediapart ont mis en lumière des écrits de jeunesse à caractère antisémite attribués à Jordan Bardella, son dauphin politique. Bardella conteste farouchement ces accusations et a engagé des poursuites judiciaires. Le Pen, elle, a renouvelé son soutien au week-end précédent, affirmant conserver une confiance totale envers celui qu'elle désigne comme son premier-ministrable en cas de victoire électorale.
Cette conférence de presse, prévue avant même les révélations de Mediapart, se tiendra comme prévu à dix heures au nouveau siège parisien du parti. Le Pen sera flanquée de Jean-Philippe Tanguy, nommé coordinateur du pôle économie et finances de la campagne, et de Bardella lui-même. Le choix de maintenir le programme malgré la controverse répond à une nécessité politique : regagner la crédibilité auprès des électeurs, mais aussi et surtout auprès des marchés financiers, qui scrutent la solidité des propositions économiques de tout candidat susceptible d'accéder au pouvoir.
Le programme nationaliste vise un redressement des finances publiques sur cinq ans. Le déficit budgétaire, actuellement à 5,4%, devrait être ramené sous la barre des 3%, permettant ainsi de stabiliser puis de réduire une dette publique qui dépassera nettement les 120% du produit intérieur brut au moment où Emmanuel Macron quittera l'Élysée. C'est un objectif ambitieux qui exigera des arbitrages difficiles et des coupes budgétaires substantielles.
Parallèlement, le gouvernement actuel poursuit ses propres ajustements budgétaires. Éléonore Caroit, ministre chargée des Partenariats internationaux, a annoncé une réduction significative de l'aide publique au développement dans le projet de budget 2027. En autorisation d'engagements, l'APD recule de 43%, passant à 2,47 milliards d'euros. Pour le seul programme de solidarité envers les pays en développement, la baisse atteint près de 29%, descendant sous les 800 millions d'euros. Caroit justifie cette réduction en invoquant l'effort collectif de redressement des comptes publics. Elle affirme néanmoins que ce budget conserve des marges de manœuvre suffisantes pour mener à bien les réformes qualitatives et structurelles de la politique française de développement. La nouvelle orientation privilégie les pays d'Afrique subsaharienne, jugés les plus vulnérables, et concentre les efforts sur trois secteurs : la santé, l'éducation et la nutrition.
Cette semaine, une enquête Ipsos/BVA menée auprès de trois mille jeunes de dix-huit à vingt-neuf ans révèle un fossé entre la satisfaction personnelle et le pessimisme collectif. Soixante-dix-sept pour cent des jeunes se disent satisfaits de leur vie, mais seulement un quart d'entre eux font confiance aux responsables politiques pour comprendre leurs difficultés quotidiennes. Soixante-dix-huit pour cent estiment que les politiques préparent mal l'avenir, et soixante-quatre pour cent ne font pas confiance aux candidats à la présidentielle pour prendre en compte leurs préoccupations. Malgré cette défiance, quatre-vingts pour cent déclarent avoir l'intention de voter.
Les chiffres révèlent une génération confrontée à des perspectives sombres. Quatre-vingt-neuf pour cent pensent devoir travailler plus longtemps que leurs parents. Quatre-vingt-six pour cent anticipent davantage de difficultés à accéder à la propriété. Quatre-vingt-quatre pour cent craignent de peiner à trouver un emploi stable. Soixante-dix-neuf pour cent ont envisagé de construire leur vie ailleurs qu'en France, dont trente-quatre pour cent sérieusement. La confiance dans l'avenir de la France varie du simple au double selon la situation financière : seize pour cent chez ceux en difficulté financière, trente-deux pour cent chez ceux à l'aise.
Le Pen et Bardella entrent donc dans cette phase cruciale de la campagne avec un double défi : présenter un programme économique crédible capable de rassurer les marchés et les électeurs, tout en gérant une crise de réputation qui menace la cohésion du tandem. La présentation de ce mardi matin sera scrutée non seulement pour le contenu budgétaire, mais aussi pour la capacité du binôme à projeter une image d'unité et de stabilité face aux turbulences de la semaine écoulée.
Citações Notáveis
La France ne tourne pas le dos à la solidarité internationale mais engage une réorientation stratégique de son action— Éléonore Caroit, ministre des Partenariats internationaux
Marine Le Pen a renouvelé sa confiance totale envers Jordan Bardella malgré les révélations de Mediapart— Marine Le Pen