Depuis la fin de la pandémie, la relation des Français à leur travail s'est silencieusement transformée : l'absence, autrefois exception, est devenue une réalité ordinaire. En 2025, un salarié du secteur privé manque près de 5 % de son temps de travail annuel, un niveau que le secteur public égale désormais — fait inédit il y a encore dix ans. Ce glissement, mesuré avec précision par WTW sur des centaines de milliers de salariés, pose au gouvernement une question autant économique que civilisationnelle : que dit de nous ce rapport nouveau au travail ?
L'absentéisme en France atteint des niveaux record dans le privé et le public
Ce qui semblait autrefois une exception est devenu une pratique ordinaire
Pourquoi ce chiffre de 5 % vous semble-t-il important ? C'est moins d'une semaine par mois.
Parce que c'est systémique. Ce n'est pas une ou deux personnes qui s'absentent beaucoup. C'est la moyenne sur 427 800 salariés. Et ça a augmenté depuis 2023.
Mais on ne sait pas pourquoi. Le baromètre mesure le fait, pas la cause. Est-ce que c'est la santé ? Le télétravail qui rend les absences plus faciles à justifier ?
C'est vrai. Et le secteur public est au même niveau que le privé, ce qui est frappant.
Qu'est-ce que le gouvernement peut vraiment faire ? Interdire les absences ?
C'est la question. Réduire le coût, oui, c'est possible — changer les règles de remboursement. Mais réduire le nombre ? Il faudrait d'abord comprendre si c'est un problème de santé, de motivation, ou simplement une nouvelle normalité.
Les disparités entre travailleurs sont importantes aussi. Ça veut dire que certains secteurs ou certains groupes sont beaucoup plus touchés que d'autres.
Donc ce n'est pas un problème uniforme.
Non. Et c'est pour ça que les solutions générales risquent de ne pas fonctionner.
Der Puls
- L'absentéisme dans le secteur privé français a atteint 4,95 % en 2025, soit près de 95 heures manquées par an pour un salarié à temps plein — une hausse par rapport aux deux années précédentes.
- Le secteur public affiche un taux équivalent de 5 %, effaçant une frontière qui semblait autrefois évidente entre les deux mondes du travail.
- Derrière la moyenne nationale se cachent des disparités profondes selon les métiers, les régions et les âges, rendant toute réponse uniforme insuffisante.
- Le gouvernement tente d'agir sur deux leviers simultanément : réduire le nombre d'arrêts de travail et en diminuer le coût pour les entreprises et les finances publiques.
- La question centrale reste sans réponse : ces absences traduisent-elles une dégradation de la santé, un désengagement profond, ou simplement une nouvelle norme sociale déstigmatisée ?
Depuis la fin de la pandémie, la relation des Français à leur travail s'est silencieusement transformée : l'absence, autrefois exception, est devenue une réalité ordinaire. En 2025, un salarié du secteur privé manque près de 5 % de son temps de travail annuel, un niveau que le secteur public égale désormais — fait inédit il y a encore dix ans. Ce glissement, mesuré avec précision par WTW sur des centaines de milliers de salariés, pose au gouvernement une question autant économique que civilisationnelle : que dit de nous ce rapport nouveau au travail ?
Depuis la fin de la pandémie de coronavirus, quelque chose s'est déplacé dans la relation des Français à leur travail. L'absence, autrefois vécue comme une exception, est devenue une pratique ordinaire. Un nouveau baromètre de WTW, fondé sur l'observation de 3 100 entreprises et de près de 428 000 salariés en équivalent temps plein, en mesure l'ampleur avec une précision inédite : en 2025, un salarié du secteur privé était absent en moyenne 4,95 % du temps prévu par son contrat — soit près de 95 heures par an pour un temps plein. Le chiffre est en hausse par rapport à 2023-2024, sans toutefois retrouver le pic de 5,34 % atteint en 2022.
Le secteur public n'est pas épargné. Avec un taux d'absentéisme avoisinant 5 % en 2024, la fonction publique se retrouve au même niveau que le privé — une convergence qui aurait semblé impensable une décennie plus tôt. Mais ces moyennes nationales dissimulent des réalités très contrastées : certains secteurs, certaines régions et certaines catégories d'âge affichent des taux bien supérieurs, d'autres restent nettement en dessous. Cette hétérogénéité complique toute réponse globale.
Face à ce phénomène, le gouvernement cherche à agir sur deux fronts : limiter le nombre d'arrêts de travail et réduire leur coût pour les entreprises comme pour l'État. Car au-delà des salaires versés pour du travail non effectué, c'est la productivité, la compétitivité et la cohésion des équipes qui sont en jeu. Reste la question que les chiffres ne tranchent pas : ces absences témoignent-elles d'une santé dégradée, d'un désengagement croissant, d'une meilleure capacité à faire valoir ses droits — ou d'une nouvelle norme sociale où s'absenter n'est plus un aveu de faiblesse ? C'est cette réponse qui guidera les politiques à venir.
Depuis la fin de la pandémie de coronavirus, quelque chose a changé dans la relation des Français à leur travail. Ce qui semblait autrefois une exception — s'absenter régulièrement — est devenu une pratique ordinaire, presque attendue. Un nouveau baromètre de WTW, la grande société de courtage d'assurance, révèle l'ampleur de ce glissement. En 2025, un salarié du secteur privé en France était absent en moyenne de 4,95 % du temps prévu par son contrat annuel. Cela signifie qu'un travailleur à temps plein, censé travailler environ 1 900 heures par an, en manquait près de 95. Le chiffre a augmenté par rapport aux deux années précédentes, bien qu'il n'ait pas encore atteint le pic de 2022, quand l'absentéisme avait grimpé à 5,34 %.
Ce baromètre repose sur des données solides. WTW a observé 3 100 entreprises sur six ans, couvrant 427 800 salariés en équivalent temps plein en 2025. L'étude n'est pas une estimation ou une projection ; c'est une mesure directe du phénomène dans les carnets de paie et les registres d'absence. Le secteur public n'échappe pas à cette tendance. Les arrêts de travail y restent à un niveau équivalent, autour de 5 % en 2024, ce qui place la fonction publique au même niveau que le privé — une situation qui aurait semblé inimaginable il y a une décennie.
Mais ces chiffres globaux masquent des réalités très différentes selon les travailleurs et les secteurs. Certains métiers, certaines régions, certaines tranches d'âge connaissent des taux d'absentéisme bien supérieurs à la moyenne, tandis que d'autres restent bien en dessous. Cette disparité rend le problème plus complexe à résoudre : ce n'est pas un phénomène uniforme qui pourrait être traité par une seule mesure, mais plutôt un ensemble de situations distinctes qui demandent des approches différentes.
Le gouvernement voit dans cette persistance de l'absentéisme un défi économique et social majeur. Les arrêts de travail représentent un coût direct pour les entreprises — salaires versés pour du travail non effectué, surcharges de travail pour les collègues, perturbations de la production ou des services. Mais il y a aussi un coût indirect : la perte de productivité, l'impact sur la compétitivité, les tensions au sein des équipes. C'est pourquoi l'exécutif cherche à agir sur deux fronts : réduire le nombre d'arrêts de travail et diminuer leur coût global pour les entreprises et l'État.
La question sous-jacente reste ouverte. Est-ce que ces absences reflètent une dégradation réelle de la santé des travailleurs français ? Une perte de motivation ou d'engagement envers le travail ? Une meilleure capacité à documenter et justifier les absences ? Ou simplement une nouvelle norme sociale où l'absence n'est plus stigmatisée comme elle l'était autrefois ? Le baromètre de WTW mesure le phénomène avec précision, mais il ne dit pas pourquoi il se produit. C'est cette question — le pourquoi — qui déterminera comment le gouvernement et les entreprises réagiront dans les mois à venir.
Bemerkenswerte Zitate
L'exception est devenue la norme. Depuis l'épidémie de coronavirus, un nouveau standard s'est installé dans la relation des Français au travail.— Baromètre WTW