Depuis la reconquête du pouvoir par les Taliban en août 2021, les femmes et les filles afghanes vivent sous un régime d'effacement systématique de leur existence publique. La Cour pénale internationale, siégeant à La Haye, a rendu publics lundi deux mandats d'arrêt contre les ministres de l'Éducation Habibullah Agha et Neda Mohammad Nadeem, les tenant pénalement responsables de persécutions liées au genre érigées en crime contre l'humanité. Ce geste judiciaire, soutenu le même jour par une résolution unanime du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, rappelle que l'histoire finit toujours par
La CPI émet des mandats d'arrêt contre deux ministres afghans pour persécutions liées au genre
L'oppression grave, croissante et systématique des femmes afghanes
Pourquoi la CPI cible-t-elle spécifiquement ces deux ministres plutôt que d'autres responsables du régime?
Parce qu'ils jouent un rôle déterminant dans la mise en œuvre des politiques d'exclusion des femmes de l'éducation. Ils ne sont pas simplement des exécutants passifs — ils ordonnent, incitent, sollicitent. C'est la différence entre suivre une directive et la façonner activement.
Mais comment la CPI établit-elle ce lien causal? Les mandats disent qu'il existe des motifs raisonnables, mais sur quelles preuves précises? Des documents internes? Des témoignages?
Et comment réagit le gouvernement taliban à ces accusations?
Ils les rejettent catégoriquement. Le porte-parole a déclaré qu'ils ne reconnaissent que la charia islamique et ses tribunaux, pas la CPI. C'est un refus de légitimité.
Ce qui signifie que même si les mandats sont émis, l'arrestation dépend d'une coopération internationale que les Taliban ne fourniront probablement pas. Les mandats sont symboliques autant que juridiques.
Quel est l'impact réel sur les femmes afghanes en ce moment?
Elles vivent sous une oppression systématique. Pas d'école au-delà de douze ans, pas de travail pour la plupart, confinement à la maison, code vestimentaire strict, besoin d'un accompagnateur masculin. Et cela crée une crise de santé mentale.
Le texte mentionne des problèmes de santé mentale graves, mais sans chiffres. Combien de femmes? Quels types de troubles? C'est important, mais c'est aussi vague.
Pourquoi le Conseil des droits de l'Homme agit-il maintenant?
Parce que la situation s'aggrave. L'oppression est décrite comme grave, croissante, généralisée et systématique. Le Conseil a voté à l'unanimité, ce qui est rare.
Mais une résolution de l'ONU sans mécanisme d'application, c'est de la pression morale. Les Taliban l'ignoreront probablement, comme ils ignorent la CPI.
El Pulso
- La CPI franchit un seuil symbolique fort en ciblant non plus seulement des chefs militaires, mais les architectes bureaucratiques de l'oppression éducative.
- Les mandats couvrent des crimes d'une gravité extrême — assassinat, torture, viol, disparition forcée — révélant que l'interdiction scolaire n'est que la face visible d'un système de terreur plus vaste.
- Les Taliban rejettent catégoriquement la légitimité de la CPI, affirmant n'obéir qu'à la charia, rendant toute arrestation immédiate quasi impossible.
- Les conséquences humaines s'accumulent : pénurie de médecins dans les hôpitaux, détresse psychologique généralisée chez les adolescentes confinées, et isolement diplomatique croissant du régime.
- Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU adopte à l'unanimité une résolution exigeant l'abrogation de toutes les politiques restreignant les libertés fondamentales des femmes et des filles.
Depuis la reconquête du pouvoir par les Taliban en août 2021, les femmes et les filles afghanes vivent sous un régime d'effacement systématique de leur existence publique. La Cour pénale internationale, siégeant à La Haye, a rendu publics lundi deux mandats d'arrêt contre les ministres de l'Éducation Habibullah Agha et Neda Mohammad Nadeem, les tenant pénalement responsables de persécutions liées au genre érigées en crime contre l'humanité. Ce geste judiciaire, soutenu le même jour par une résolution unanime du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, rappelle que l'histoire finit toujours par nommer ceux qui ont choisi d'éteindre la lumière.
Lundi, la Cour pénale internationale a levé le sceau sur deux mandats d'arrêt émis le 9 septembre 2025 contre Habibullah Agha et Neda Mohammad Nadeem, les deux ministres afghans en charge de l'éducation. Tous deux sont accusés de persécutions liées au genre, qualifiées de crime contre l'humanité, pour avoir ordonné et mis en œuvre l'interdiction faite aux filles de poursuivre leurs études au-delà de douze ans. Ces poursuites s'ajoutent à celles déjà engagées contre le chef suprême taliban et le président de la Cour suprême.
La Chambre préliminaire de La Haye estime qu'il existe des motifs raisonnables de croire à leur responsabilité pénale dans des actes allant bien au-delà de l'éducation : assassinat, emprisonnement, torture, viol et disparition forcée, commis depuis la prise de pouvoir du 15 août 2021. Le porte-parole taliban Zabihullah Mujahid a répondu que le régime ne reconnaît que l'autorité de la charia islamique, écartant d'emblée toute coopération avec la Cour.
Sur le terrain, les restrictions touchent chaque dimension de la vie des femmes : code vestimentaire intégral dans l'espace public, exclusion de la quasi-totalité des emplois et des lieux communs, obligation d'être accompagnées par un tuteur masculin pour tout long déplacement. L'interdiction de formation médicale a provoqué une pénurie critique de personnel soignant féminin dans les hôpitaux. Des témoignages recueillis par l'AFP à travers le pays décrivent une détresse psychologique profonde chez les adolescentes et les femmes, pour la plupart réduites à vivre confinées.
Le même jour, les 47 États membres du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU ont adopté à l'unanimité une résolution qualifiant la discrimination institutionnalisée en Afghanistan de réalité qui devrait « choquer l'humanité », et exhortant les Taliban à abroger l'ensemble des politiques portant atteinte aux droits à l'éducation, au travail, à la liberté de réunion et au vote.
La Cour pénale internationale a rendu publics lundi deux mandats d'arrêt contre les deux ministres chargés de l'éducation en Afghanistan, Habibullah Agha et Neda Mohammad Nadeem. Les accusations portent sur des persécutions liées au genre, qualifiées de crime contre l'humanité. Ces mandats, émis sous scellé le 9 septembre 2025, rejoignent d'autres poursuites engagées contre le chef suprême taliban Haibatullah Akhundzada et le président de la Cour suprême Abdul Hakim Haqqani.
Selon la Chambre préliminaire de la CPI, qui siège à La Haye, il existe des motifs raisonnables de croire que les deux ministres sont pénalement responsables d'avoir ordonné, incité ou sollicité la commission de crimes contre l'humanité. Les crimes présumés auraient été commis sur le territoire afghan depuis la prise du pouvoir par les Taliban le 15 août 2021 et se seraient poursuivis au moins jusqu'au 20 janvier 2025. La Cour conclut que les suspects, agissant pour le compte du gouvernement taliban, ont mis en œuvre une politique entraînant de graves violations des droits et libertés fondamentaux, incluant des actes d'assassinat, d'emprisonnement, de torture, de viol et de disparition forcée.
Habibullah Agha et Neda Mohammad Nadeem jouent un rôle déterminant dans le maintien de l'interdiction faite aux femmes et aux filles de poursuivre leurs études au-delà de l'âge de douze ans. Les filles et les femmes ont été spécifiquement prises pour cible en raison de leur genre, par le biais de décrets et d'édits les privant de leurs droits à l'éducation ainsi que de leurs libertés de circulation, d'expression, de pensée, de conscience et de religion. Le gouvernement taliban a réagi par la voix de son porte-parole en chef Zabihullah Mujahid, déclarant que le régime est soumis aux décisions de la charia islamique et de ses tribunaux, non à celles de la CPI.
Les restrictions imposées par le régime taliban vont bien au-delà de l'éducation. Les femmes sont de plus en plus absentes de la vie publique et doivent respecter un code vestimentaire strict lorsqu'elles sortent de chez elles, se couvrant entièrement à l'exception de leurs yeux. Elles sont exclues de la plupart des emplois et d'une multitude de lieux publics, y compris les parcs, et doivent être accompagnées par un proche parent masculin lors de longs trajets. L'interdiction d'accès à l'enseignement supérieur a entraîné une pénurie de personnel dans les hôpitaux, les femmes n'étant plus autorisées à suivre une formation pour devenir médecins.
Partout dans le pays, des Afghans ont signalé à l'Agence France-Presse de graves problèmes de santé mentale liés à cette interdiction, les adolescentes et les femmes étant pour la plupart confinées chez elles. L'interdiction d'accès à l'éducation constitue également un obstacle majeur à l'approfondissement des relations entre le régime taliban et les gouvernements d'autres États.
Le même jour, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, composé de 47 États membres, a adopté à l'unanimité une résolution exhortant les Taliban à abroger les pratiques restreignant les libertés fondamentales des femmes et des filles. Le Conseil a déclaré que la discrimination institutionnalisée en Afghanistan devrait choquer l'humanité et a exprimé sa profonde préoccupation face à l'oppression grave, croissante, généralisée et systématique de toutes les femmes et filles. La résolution exhorte le régime à abroger toutes les politiques et pratiques qui restreignent la jouissance des droits humains et des libertés fondamentales, dont les droits à la liberté de réunion pacifique, à l'éducation, au travail et de vote.
Citas Notables
Nous sommes soumis aux décisions de la charia islamique et de ses tribunaux, et non à celles des services de renseignement ou de prétendus tribunaux— Zabihullah Mujahid, porte-parole en chef du gouvernement taliban