Depuis les studios de France 24, Jérôme Clément — homme qui a façonné Arte pendant vingt-deux ans et dirigé le CNC avant cela — a prononcé ce qu'il nomme une « alerte rouge » sur l'avenir de la culture en France et en Europe. Son message est celui d'un témoin lucide : lorsque l'argent devient le seul arbitre de ce qui mérite d'exister, la culture perd son âme. Ce n'est pas un cri d'idéaliste, mais l'avertissement d'un praticien qui a passé des décennies à tenir ensemble la création et les contraintes du réel.
« Je suis à l'opposé de cette façon de penser » : Jérôme Clément tire la sonnette d'alarme sur la culture
Je suis à l'opposé de cette façon de penser
Pourquoi Clément sonne-t-il l'alarme maintenant, après toutes ces années ? Qu'est-ce qui a changé ?
Ce qui a changé, c'est l'accélération. Pendant longtemps, il y avait un équilibre — imparfait, certes — entre les impératifs commerciaux et la mission culturelle. Maintenant, cet équilibre s'effondre. Les plateformes numériques, la concentration des médias, les coupes budgétaires publiques : tout converge vers une seule logique, celle du profit.
Mais il faut être prudent ici. Clément parle d'une « alerte rouge », mais le source ne détaille pas précisément quelles menaces il identifie. On sait qu'il s'oppose à la prédominance de l'argent, mais on ne sait pas exactement ce qu'il propose comme alternative.
C'est une bonne question. Est-ce qu'il critique simplement le système actuel, ou est-ce qu'il a une vision constructive ?
C'est probablement les deux. Son expérience à Arte montre qu'il croit à un modèle différent — une télévision de service public, financée publiquement, libre des impératifs commerciaux. Mais l'alerte qu'il lance suggère que même ce modèle est menacé.
Oui, mais encore une fois, on ne sait pas par quoi exactement. La source nous dit qu'il sonne l'alarme, mais elle ne nous dit pas sur quels points précis il insiste. Est-ce le financement ? La programmation ? La propriété des médias ?
Donc ce qu'on a, c'est le diagnostic général — l'argent domine trop — mais pas le détail des symptômes.
Exactement. Et c'est peut-être intentionnel. Clément parle à un niveau de principe. Il dit : je ne crois pas que la culture doive être gouvernée par la logique du profit. C'est un appel à repenser les fondamentaux.
Ce qui est important à noter, c'est que Clément a une légitimité pour parler. Il n'est pas un critique extérieur. Il a construit Arte, il a dirigé le CNC. Il parle de l'intérieur du système qu'il critique.
Et cela rend son message plus puissant, ou plus troublant ?
Les deux. Plus puissant parce qu'il sait de quoi il parle. Plus troublant parce qu'il suggère que même quelqu'un qui a réussi à créer une alternative durable — Arte a survécu 22 ans sous sa présidence — voit maintenant cette alternative menacée.
El Pulso
- La logique financière a pris le dessus sur les décisions culturelles, reléguant au second plan tout ce qui ne promet pas un retour rapide sur investissement.
- Des formes d'expression entières — cinéma d'auteur, théâtre expérimental, musique classique — se retrouvent marginalisées au profit de contenus calibrés pour le marché.
- La concentration du pouvoir entre quelques grands groupes médiatiques, les fermetures de salles et les coupes budgétaires rendent la menace concrète et visible.
- Clément appelle à une résistance consciente : défendre la culture comme bien public, refuser que la question « est-ce rentable ? » soit la seule qui vaille.
- Son alerte, lancée depuis une position de crédibilité rare, place le secteur culturel français et européen face à un choix structurel qu'il ne peut plus différer.
Depuis les studios de France 24, Jérôme Clément — homme qui a façonné Arte pendant vingt-deux ans et dirigé le CNC avant cela — a prononcé ce qu'il nomme une « alerte rouge » sur l'avenir de la culture en France et en Europe. Son message est celui d'un témoin lucide : lorsque l'argent devient le seul arbitre de ce qui mérite d'exister, la culture perd son âme. Ce n'est pas un cri d'idéaliste, mais l'avertissement d'un praticien qui a passé des décennies à tenir ensemble la création et les contraintes du réel.
Jérôme Clément s'est confié à Judith Grimaldi dans l'émission « Avec Judith » sur France 24, avec la gravité de quelqu'un qui a consacré sa vie professionnelle à la culture. Ancien directeur du CNC et fondateur-président d'Arte pendant vingt-deux ans, il parle depuis une expérience rare et une légitimité incontestable.
Son diagnostic est sans détour : l'argent est devenu le maître mot du secteur culturel, et cette domination de la logique financière déforme profondément ce que nous créons, diffusons et préservons. « Je suis à l'opposé de cette façon de penser », a-t-il affirmé, rejetant l'idée que la culture puisse se réduire à une équation comptable.
Pour Clément, le danger n'est pas abstrait. Quand les impératifs commerciaux gouvernent les choix, les projets sans rentabilité immédiate disparaissent, les créateurs adaptent leur vision aux attentes du marché, et les formes d'expression les moins lucratives se retrouvent aux marges. Ce qu'il a bâti avec Arte — une chaîne fondée sur la qualité et l'ambition culturelle plutôt que sur la maximisation des audiences — illustre qu'une autre voie est possible, même si elle est constamment remise en question.
Son alerte rouge est un appel à repenser les priorités collectives. La culture forme les esprits, crée du lien social, permet à une société de se connaître elle-même : des bénéfices invisibles dans un bilan comptable, mais réels et durables. Face aux fermetures de salles, aux réductions de budgets publics et à la concentration du pouvoir médiatique, Clément invite à une défense active de la culture comme bien commun — non comme simple marchandise.
Jérôme Clément s'est assis face à Judith Grimaldi pour parler de ce qui le préoccupe depuis des décennies : la direction que prend la culture en France et en Europe. L'homme n'est pas un observateur distant. Il a dirigé le Centre national du cinéma et de l'audiovisuel de 1984 à 1989, puis a fondé et présidé Arte pendant vingt-deux ans — une trajectoire qui lui a donné une vue d'ensemble rare sur les rouages du secteur culturel français.
Ce qu'il a vu le trouble profondément. Lors de cette apparition dans l'émission « Avec Judith », Clément a tiré ce qu'il appelle une « alerte rouge » sur les menaces qui pèsent sur le monde de la culture. Le diagnostic est clair dans son esprit : l'argent est devenu le maître mot, et cette logique financière domine désormais les décisions qui façonnent ce que nous voyons, lisons et écoutons.
Mais Clément ne se contente pas de constater le problème. Il le rejette activement. « Je suis à l'opposé de cette façon de penser », a-t-il déclaré, en référence à la prédominance de la logique économique dans les secteurs culturels. Pour lui, réduire la culture à une équation financière, c'est la vider de sa substance. C'est transformer ce qui devrait être un espace de création, de réflexion et de transmission en simple marchandise.
Cette position n'est pas celle d'un idéaliste naïf. Clément a passé des décennies à naviguer les réalités budgétaires, les contraintes de financement, les négociations avec les gouvernements et les institutions. Il sait que la culture coûte de l'argent. Mais il sait aussi — et c'est le cœur de son message — que quand l'argent devient le seul critère de décision, quelque chose d'essentiel se perd.
Son alerte rouge pointe vers des enjeux structurels qui dépassent les simples questions de budget. Il s'agit de savoir qui décide de ce qui mérite d'être créé, diffusé et préservé. Quand les impératifs commerciaux dominent, les projets qui ne promettent pas un retour financier rapide disparaissent. Les formes d'expression moins rentables — le cinéma d'auteur, la musique classique, le théâtre expérimental — se retrouvent marginalisées. Les créateurs sont poussés à adapter leur vision aux attentes du marché plutôt que de suivre leur intuition artistique.
Clément parle depuis une position de crédibilité. Arte, qu'il a bâtie, a toujours représenté une alternative à la logique purement commerciale. La chaîne a misé sur la qualité, sur la diversité des contenus, sur l'ambition culturelle — pas sur la maximisation des audiences ou des profits. C'est un modèle qui a survécu, qui a ses défenseurs, mais qui est constamment remis en question par ceux qui demandent : pourquoi investir dans quelque chose qui ne rapporte pas ?
Ce que Clément essaie de dire, c'est que cette question elle-même est mal posée. La culture ne devrait pas être évaluée uniquement à l'aune de son rendement financier. Elle a d'autres valeurs : elle forme les esprits, elle crée du lien social, elle permet à une société de se connaître elle-même. Ces bénéfices ne figurent pas dans un bilan comptable, mais ils sont réels et durables.
Son alerte rouge, lancée dans les studios de France 24, est un appel à repenser les priorités. Elle suggère que le secteur culturel français et européen se trouve à un carrefour. Les menaces qu'il identifie ne sont pas abstraites — elles sont concrètes, visibles dans les fermetures de salles, dans les réductions de budgets publics, dans la concentration du pouvoir de décision entre les mains de quelques grands groupes médiatiques. Clément invite à une résistance consciente, à une défense active de la culture comme bien public, pas comme simple marchandise.
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Je suis à l'opposé de cette façon de penser— Jérôme Clément, sur la prédominance de la logique financière dans la culture