Iran : Mojtaba Khamenei menace d'une riposte « sans limite géographique » face aux rumeurs de nouvelles frappes

Le conflit, après 40 jours de bombardements, a déjà fait de lourdes pertes et plonge la population iranienne dans une attente anxieuse d'une nouvelle guerre.
« Nous vivons dans l'entre-deux depuis un an »
Farima, 62 ans, résume à Téhéran l'attente d'une possible reprise de la guerre.
Mark

Pourquoi ce communiqué de Mojtaba Khamenei arrive-t-il maintenant ?

Mimi

Parce que les spéculations sur une reprise des frappes après les élections américaines de mardi se multiplient. Il répond à ce climat en promettant une riposte immédiate et sans limite géographique.

Luke

Précisons qu'il s'agit d'une menace conditionnelle. Rien dans l'article ne confirme que des frappes sont prévues.

Mark

Marco Rubio dit pourtant que rien n'est décidé.

Mimi

Oui, il affirme que Trump n'a pris aucune décision et préfère une autre approche. Il refuse aussi de parler de calendrier pour les pourparlers.

Luke

Mais ce sont des déclarations, pas des faits vérifiés. Les informations de presse sur une campagne courte et intense ne sont pas détaillées, et le démenti ne les réfute pas de façon vérifiable.

Mark

Que signifie l'ordre de mettre à jour la liste des cibles ?

Mimi

Il inclut les actifs matériels et immatériels de l'ennemi. L'Iran avait déjà évoqué les centres de données, l'IA et les câbles sous-marins d'Ormuz.

Luke

Là encore, ce sont des menaces. On ne sait pas quelles capacités l'Iran possède réellement ni ce qui a été décidé.

Mark

Et les Iraniens dans la rue ?

Mimi

Farima parle d'une attente depuis un an, Ebrahim dit que le pays est en guerre depuis 48 ans. Deux témoignages, deux manières de vivre l'incertitude.

Luke

Deux voix seulement, il ne faut pas en tirer un sentiment général.

  • Le guide suprême iranien menace d'une riposte « sans limite géographique » si les frappes reprennent, et ses forces élargissent la liste des cibles possibles.
  • Washington affirme que Trump n'a pris aucune décision militaire et pousse vers la diplomatie, alors qu'un cessez-le-feu fragile tient à peine.
  • Téhéran examine une lettre du vice-président américain JD Vance tout en refusant pour l'instant toute rencontre directe avec les Américains.
  • Le sort de la région dépend désormais du scrutin américain de mi-mandat et des longues négociations israéliennes après les législatives du 27 octobre.
  • Les Téhéranais vivent dans une attente anxieuse, entre lassitude et résignation face à une guerre qui semble n'avoir jamais vraiment cessé.

Dans un monde où chaque silence pèse autant que chaque mot, le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, invisible depuis sa succession à son père tué au début de la guerre, a averti que toute reprise des frappes américaines et israéliennes déclencherait une riposte sans frontières. Ce cri de défense surgit alors qu'une médiation qatarie tente encore de tracer un chemin de paix dans une région épuisée par quarante jours de bombardements. Entre les menaces qui s'échangent et les calendriers électoraux à Washington comme à Jérusalem, l'avenir semble suspendu à des urnes et à des hésitations plus qu'à des décisions arrêtées.

Samedi 31 octobre, par communiqué, le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a lancé un avertissement à Washington et à Israël : si les attaques reprennent, l'Iran répondra immédiatement et sans limite géographique. Le message intervient alors qu'un médiateur qatari tente de faire aboutir des négociations de paix. Il a aussi ordonné d'élargir la liste des cibles, en évoquant centres de données, systèmes d'intelligence artificielle et câbles sous-marins du détroit d'Ormuz.

À Atlanta, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a démenti que le président Trump ait arrêté une décision militaire. Il a affirmé que Washington privilégiait la voie diplomatique, sans calendrier, tout en dénonçant les attaques iraniennes contre des navires commerciaux. À Téhéran, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi juge inutile, pour l'instant, une rencontre avec les Américains.

Le contexte reste lourd. Ali Khamenei a été tué le 28 février, un cessez-le-feu conclu en avril s'est effondré cet été. Dans les rues de Téhéran, Farima, 62 ans, vit une attente épuisante, tandis qu'Ebrahim, vendeur, rappelle que son pays est en guerre depuis 1979.

Tout dépendra désormais de deux scrutins. Aux États-Unis, la popularité de Donald Trump est au plus bas, sur fond de vie chère et de pétrole en hausse. En Israël, Benjamin Netanyahu est arrivé en tête des législatives sans majorité et reste Premier ministre par intérim le temps des négociations.

Samedi 31 octobre, depuis un communiqué car il n'a plus été vu en public, le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a adressé un avertissement à Washington et à Israël. Si les « ennemis » relançaient des attaques militaires ou terroristes, a-t-il écrit, ce seraient les forces armées de la République islamique et le peuple iranien qui détermineraient le moment et les conditions de leur fin. Il a promis une riposte « immédiate, puissante et sans limite géographique ».

Le message tombe alors que des négociations de paix sont en cours, sous l'égide d'un médiateur qatari, pour mettre fin à la guerre opposant l'Iran aux États-Unis et à Israël. Depuis plusieurs semaines, les spéculations sur une reprise des hostilités se multiplient. Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont agité la menace, et des informations de presse évoquent une possible campagne militaire courte et intense après les élections américaines de mi-mandat, prévues mardi.

Mojtaba Khamenei est allé plus loin que la menace. Il a ordonné aux responsables militaires de mettre à jour la liste des cibles iraniennes, afin d'y inclure « tous les types d'actifs matériels et immatériels » de ce qu'il appelle l'ennemi américano-sioniste. L'Iran avait déjà menacé de s'en prendre aux centres de données et aux systèmes d'intelligence artificielle, ainsi qu'aux câbles sous-marins du détroit d'Ormuz, afin de nuire aux États-Unis et à leurs alliés régionaux. Le porte-parole de l'armée iranienne, Mohammad Akraminia, a fait écho au guide sur X : si le président américain se lançait de nouveau dans une « aventure régionale » sous la pression des sionistes, les flammes de la guerre embraseraient une zone bien plus vaste.

À Atlanta, à l'issue d'une réunion des pays du G20, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a démenti les informations de presse. Selon lui, le président n'a « pris aucune décision » et privilégie une autre approche : s'il avait voulu agir par la force, a-t-il dit, il l'aurait fait il y a des semaines, voire des mois. Il a refusé de donner un calendrier, assurant que les pourparlers n'ont jamais cessé et que Washington resterait ouvert à une solution diplomatique, à condition qu'elle ne mette pas en danger sa sécurité nationale. Il a aussi dénoncé les attaques directes de l'Iran contre des navires commerciaux.

Côté iranien, la lettre adressée par le vice-président américain JD Vance est « examinée » au plus haut niveau. Le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a déclaré sur Al Jazeera, selon l'agence officielle Irna, qu'il ne voyait pas la nécessité d'une rencontre avec les Américains. Si les États-Unis acceptent les conditions de l'Iran, a-t-il ajouté, Téhéran décidera si les négociations seront directes ou indirectes.

Le contexte pèse lourd. Ali Khamenei, père de Mojtaba, a été tué le 28 février, au début de l'offensive américano-israélienne, et son fils lui a succédé sans apparaître en public depuis. Après 40 jours de bombardements, un cessez-le-feu a été conclu en avril, suivi en juin d'un protocole d'accord irano-américain. Cette entente fragile a volé en éclats cet été.

Dans les rues de Téhéran, l'AFP a recueilli des réactions contrastées. Farima, 62 ans, dit ne pas savoir si la guerre reprendra, mais estime que son peuple l'attend en quelque sorte, « dans l'entre-deux » depuis un an. Ebrahim, vendeur d'une quarantaine d'années, balaie la crainte : cela fait 48 ans, depuis 1979, que le pays est en guerre.

Tous les regards se tournent vers deux scrutins. Aux États-Unis, le Parti républicain aborde les élections de mardi avec fébrilité : la cote de confiance de Donald Trump est au plus bas, les Américains lui imputant le coût élevé de la vie, alors que la guerre a ébranlé l'économie mondiale et fait flamber le pétrole. En Israël, le camp de Benjamin Netanyahu est arrivé en tête des législatives du 27 octobre, devant le bloc principal de l'opposition, mais loin de la majorité. Il reste Premier ministre par intérim pendant plusieurs semaines de négociations, et a évoqué au soir du vote une « opportunité historique unique » d'éliminer la menace existentielle iranienne. La suite dépendra de ces échéances et de l'issue des pourparlers.

Le président n'a pris aucune décision.
— Marco Rubio, secrétaire d'État américain
Si les États-Unis acceptent les conditions de l'Iran, Téhéran décidera si les négociations doivent être directes ou indirectes.
— Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères
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