Flavio Bolsonaro dit avoir fui le Brésil pour échapper à une «persécution»

« Je ne suis pas sorti du Brésil, je suis sorti pour le Brésil »
Flavio Bolsonaro justifie sa fuite en Floride après le retrait de ses passeports dans une enquête pour blanchiment.
Mark

Pourquoi cette fuite pèse-t-elle autant, au-delà du cas personnel ?

Mimi

Parce qu'un candidat battu, visé par une enquête, quitte le pays avec un passeport italien. Et il dit partir « pour le Brésil ». Son récit et les faits s'opposent.

Mark

Que sait-on de l'enquête ?

Luke

Peu. On sait qu'il s'agit de soupçons de blanchiment d'argent et que ses passeports ont été retirés lundi. Mais c'est lui qui décrit la scène avec la police et avec son père. Aucun détail de l'enquête n'est donné.

Mark

Et l'accusation de persécution ?

Luke

C'est une affirmation, pas un fait établi. Rien ne l'étaye dans ce qui est rapporté.

Mimi

Idem pour la fraude électorale : son propre camp et la justice la démentent.

Mark

Le rôle de l'Argentine et des États-Unis est-il avéré ?

Luke

Non. Brasília demande des explications, des démocrates américains posent une question. Un haut responsable argentin nie toute irrégularité. Rien ne prouve une aide officielle.

Mimi

Le détail des quarante minutes entre la frontière et l'avion intrigue, mais il ne prouve rien en soi.

Mark

Et dans son camp ?

Mimi

Le Parti libéral a pris ses distances avec sa lettre. Même chez les siens, sa posture de « leader » ne passe pas.

  • Un sénateur apprend par la police que ses passeports lui sont retirés, et la nouvelle tombe comme un coup de tonnerre sur toute une famille politique.
  • Il traverse la frontière argentine par voie terrestre, embarque quarante minutes plus tard dans un avion privé, puis gagne la Floride par l'Équateur, dans un périple qui fait scandale.
  • Brasília convoque l'ambassade argentine et exige des explications, tandis que Buenos Aires rejette toute irrégularité et que Washington est sommé de dire si l'administration l'a aidé.
  • À Washington, des élus démocrates pressent l'administration Trump de répondre, pendant que le parti de la famille Bolsonaro désavoue la lettre qui se proclame « leader » du Brésil.

Il est des départs qui disent plus que les mots qui les accompagnent. Flavio Bolsonaro, sénateur et fils de l'ancien président, a quitté le Brésil par l'Argentine et l'Équateur pour rejoindre la Floride, après la découverte d'une enquête pour blanchiment et le retrait de ses passeports. Il y voit une persécution et un sacrifice pour son pays, tandis que la défaite électorale qu'il refuse de reconnaître continue de hanter le camp conservateur. Le geste pose désormais une question plus large : jusqu'où les alliances politiques entre Brasília, Buenos Aires et Washington peuvent-elles protéger un homme qui fuit la justice de son propre pays ?

Lundi, en sortant de la résidence où son père purge son assignation à domicile, Flavio Bolsonaro apprend par la police qu'on lui retire ses passeports. Dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent, cette mesure devient pour lui le point de départ d'une fuite, qu'il choisit de raconter vendredi dans un direct sur Instagram.

Le sénateur affirme avoir partagé la nouvelle avec son père, Jair Bolsonaro, qui aurait répondu, les yeux embués, qu'il savait déjà où l'on voulait en venir. Flavio dit avoir décidé seul avec son épouse et réclame qu'on ne désigne personne. « Je ne suis pas sorti du Brésil, je suis sorti pour le Brésil », lance-t-il.

Le trajet a des allures de feuilleton. Entré en Argentine par la route depuis la frontière, il embarque à Puerto Iguazu dans un avion privé, quarante minutes après son arrivée, puis transite par l'Équateur avant d'atterrir en Floride. Selon un document de vol consulté par l'AFP, il voyageait avec un passeport italien à son nom.

Battu au second tour par Lula, il n'a jamais reconnu sa défaite et dénonce une fraude électorale qu'il n'étaye pas. Son message, qui se présente comme celui du véritable « leader » du pays, a provoqué la gêne jusque dans son propre camp.

Le voyage ouvre désormais un front diplomatique. Brasília a convoqué la représentante de l'ambassade argentine, et des parlementaires démocrates américains demandent à l'administration Trump si elle a facilité ce départ. Reste à savoir si l'enquête pour blanchiment avancera sans lui.

Lundi, en sortant de la résidence où son père purge son assignation, Flavio Bolsonaro a appris par la police qu'on lui retirait ses passeports. C'est ce moment que le sénateur brésilien, battu au second tour de la présidentielle face au président sortant de gauche Lula, a choisi de raconter vendredi lors d'un direct sur Instagram, pour justifier son départ du pays.

La mesure s'inscrit dans une enquête portant sur des soupçons de blanchiment d'argent. Flavio Bolsonaro dit avoir informé son père, l'ancien président Jair Bolsonaro, qui lui aurait répondu, les yeux pleins de larmes : « Tu sais déjà où ils veulent en venir avec ça, non ? » Le fils affirme avoir répondu qu'il le savait et qu'il savait désormais ce qu'il devait faire. « La persécution a commencé même plus tôt que je ne l'imaginais », a-t-il déclaré. Il assure avoir pris la décision avec son épouse, sans que personne d'autre ne soit au courant, et a demandé qu'on ne pointe personne du doigt.

Le trajet, lui, a tout d'un périple rocambolesque. Selon la direction argentine des migrations, Flavio Bolsonaro est entré en Argentine par voie terrestre, depuis la frontière brésilienne toute proche, puis a embarqué mardi soir à Puerto Iguazu, dans le nord-est du pays, à bord d'un avion privé, quarante minutes seulement après son entrée. Il est passé ensuite par l'Équateur avant d'atterrir en Floride mercredi, à bord d'un jet privé. Selon un document de vol consulté par l'AFP, il a embarqué avec un passeport italien à son nom.

Dans sa vidéo, le sénateur a lancé : « Je ne suis pas sorti du Brésil, je suis sorti pour le Brésil. » Il n'a jamais reconnu sa défaite, pourtant surprenante, et a crié à la fraude électorale, malgré les démentis de son propre camp et de la justice. Il a comparé les irrégularités supposées du scrutin à des buts de la main non sanctionnés par la VAR, sans étayer ses accusations. Il a aussi prédit que l'économie brésilienne allait « faire faillite » sous Lula et s'est dit prêt à se représenter. « Je ne parle pas de 2030, je parle d'avant », a-t-il dit.

Le voyage soulève des questions diplomatiques. Jeudi, le ministère brésilien des Affaires étrangères a convoqué la représentante de l'ambassade d'Argentine à Brasília pour qu'elle donne des explications sur le passage de Flavio Bolsonaro par le territoire argentin. Un haut responsable du gouvernement argentin a réfuté toute irrégularité. Les gouvernements de Donald Trump et de Javier Milei sont ainsi sommés de préciser le rôle de leurs pays.

Aux États-Unis, un groupe de parlementaires démocrates a écrit à l'administration Trump, dans une lettre diffusée vendredi par l'une des signataires, la députée Sydney Kamlager-Dove. La question, y lit-on, est simple : le Département d'État, l'ambassade américaine au Brésil ou toute autre agence ont-ils aidé le sénateur à voyager ou à entrer aux États-Unis ?

La défaite a sonné la droite brésilienne, qui se croyait proche de la victoire après être arrivée en tête au premier tour. Mercredi, peu après son arrivée, Flavio Bolsonaro s'est présenté dans une lettre publiée sur les réseaux sociaux comme le véritable « leader » du Brésil. Le texte a provoqué la réprobation dans le pays, y compris dans son camp : jeudi, le président du Parti libéral, la formation de la famille Bolsonaro, a affirmé que « personne n'approuvait » cette lettre, au sortir d'une visite à Jair Bolsonaro.

Reste à voir ce que répondront Washington et Buenos Aires, et si l'enquête pour blanchiment avancera malgré l'absence du sénateur.

La persécution a commencé même plus tôt que je ne l'imaginais.
— Flavio Bolsonaro, lors d'un direct sur Instagram
Le Département d'État ou toute autre agence américaine ont-ils aidé le sénateur Bolsonaro à entrer dans le pays ?
— Lettre de parlementaires démocrates américains, dont Sydney Kamlager-Dove
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