Dans le nord-est de la Syrie, un camp nommé Roj continue de retenir environ 2 200 femmes, enfants et adolescents — proches de jihadistes présumés venus d'une cinquantaine de pays — sous la garde de forces kurdes, malgré un accord censé intégrer ces institutions au sein de l'État syrien réunifié. Cette persistance illustre la difficulté de refermer les blessures d'un conflit : les nations d'origine refusent de rapatrier leurs ressortissants, les autorités syriennes reconnaissent le problème sans pouvoir le résoudre, et des milliers de vies demeurent suspendues entre la chute d'un califat et la
En Syrie, plus de 2 000 proches de jihadistes restent sous contrôle kurde
Le camp reste sous garde kurde, mais personne ne sait quand il changera de mains
Pourquoi ce camp reste-t-il sous contrôle kurde alors que les Kurdes ont accepté de s'intégrer à l'État syrien?
L'accord d'intégration a été signé en janvier, mais il s'agit d'un processus complexe. Les autorités syriennes disent que le transfert du camp prendra du temps à cause de ses dimensions humanitaires et politiques.
Mais qu'est-ce que cela signifie concrètement? Depuis combien de temps le camp attend-il? Et pourquoi les Kurdes ne l'ont-ils pas simplement remis?
C'est une bonne question. Les sources officielles syriennes ne donnent pas de calendrier précis. Elles mentionnent seulement que c'est « en cours ».
Quel est le rôle des pays étrangers dans ce retard?
Beaucoup de pays refusent de rapatrier leurs ressortissants — les femmes et les enfants du camp. Cela complique les choses politiquement et légalement.
Donc le camp est coincé parce que ni la Syrie ni les pays d'origine ne veulent vraiment prendre la responsabilité?
C'est une façon de le dire. Les autorités syriennes parlent de « complexités » sans vraiment expliquer qui fait quoi.
Et les 2 200 personnes dans le camp? Qu'est-ce qu'elles font en attendant?
Elles vivent dans des tentes. Certaines ont refusé d'être filmées par l'AFP. C'est une situation de limbes.
On sait si des enfants sont nés là-bas? Combien de temps certains y sont depuis?
L'article ne donne pas ces détails. On sait juste qu'il y a des enfants et des adolescents, mais pas leur nombre exact ni leur durée de détention.
Shamima Begum est mentionnée. Pourquoi elle est-elle importante?
Elle est l'une des résidentes les plus connues du camp — une Britannique qui a quitté le Royaume-Uni à quinze ans pour rejoindre l'État islamique. Son cas symbolise la complexité des rapatriements.
Mais l'article ne dit pas ce qu'elle veut ou ce qu'elle fait maintenant. C'est juste un nom connu.
Le Pouls
- Quelque 2 200 personnes — dont de nombreux enfants — vivent sous tentes dans le camp de Roj, sans perspective claire de transfert ni de rapatriement, des années après la défaite militaire de l'État islamique.
- L'accord de janvier entre Kurdes et gouvernement syrien, censé intégrer les institutions kurdes à l'État central, n'a pas suffi à régler le sort du camp, qui reste sous contrôle kurde sans qu'aucune passation d'administration n'ait eu lieu.
- Des pays comme la France, le Royaume-Uni, la Russie ou l'Allemagne refusent ou tardent à rapatrier leurs ressortissants, transformant Roj en impasse diplomatique autant qu'humanitaire.
- Les autorités syriennes reconnaissent que le transfert de gestion du camp prendra encore du temps, invoquant des complexités humanitaires et politiques que personne ne semble pressé de démêler.
- Roj est désormais le dernier camp sous contrôle kurde après qu'al-Hol — bien plus grand, avec plus de 23 000 résidents — a été abandonné dans le chaos de l'offensive gouvernementale récente, ses occupants se dispersant vers des destinations inconnues.
Dans le nord-est de la Syrie, un camp nommé Roj continue de retenir environ 2 200 femmes, enfants et adolescents — proches de jihadistes présumés venus d'une cinquantaine de pays — sous la garde de forces kurdes, malgré un accord censé intégrer ces institutions au sein de l'État syrien réunifié. Cette persistance illustre la difficulté de refermer les blessures d'un conflit : les nations d'origine refusent de rapatrier leurs ressortissants, les autorités syriennes reconnaissent le problème sans pouvoir le résoudre, et des milliers de vies demeurent suspendues entre la chute d'un califat et la lente reconstruction d'un État. Roj est moins un camp qu'une question sans réponse, posée à la conscience collective de la communauté internationale.
Dans le nord-est de la Syrie, le camp de Roj retient environ 2 200 personnes — femmes, enfants, adolescents — proches de jihadistes présumés venus d'une cinquantaine de pays. Sous la garde des forces de sécurité kurdes, 729 familles liées à l'État islamique y vivent sous des tentes de toile. Les Russes y forment le groupe le plus nombreux, suivis d'une quarantaine de familles françaises, ainsi que des Allemands, Turcs, Tunisiens et ressortissants de divers pays arabes. Parmi les résidentes les plus connues figure Shamima Begum, Britannique déchue de sa nationalité après avoir quitté le Royaume-Uni à quinze ans pour rejoindre un combattant de l'État islamique.
Ce qui rend la situation particulièrement tendue, c'est qu'elle perdure malgré un accord signé en janvier entre les Kurdes et le gouvernement du président Ahmad al-Chareh — qui a renversé Bachar al-Assad en décembre 2024 — prévoyant l'intégration des institutions kurdes dans l'État syrien. Le chef des Forces démocratiques syriennes avait même annoncé leur dissolution en août. Pourtant, Roj reste une enclave kurde, sans transfert d'administration.
Les autorités syriennes admettent que le processus sera long, invoquant les dimensions humanitaires et politiques complexes du dossier, et pointant du doigt les pays étrangers qui refusent de rapatrier leurs ressortissants. Un responsable du ministère de l'Intérieur a résumé la situation en qualifiant Roj de « partie d'un problème général sur lequel on travaille ».
Roj est aujourd'hui le dernier camp sous contrôle kurde. Son prédécesseur, al-Hol, qui abritait plus de 23 000 personnes dont plus de 6 000 étrangers, a été abandonné lors de l'offensive gouvernementale récente, ses résidents se dispersant dans le chaos. La question demeure entière : qui assumera la responsabilité de Roj, et quand — ou si — un transfert au gouvernement central aura finalement lieu.
Dans le nord-est de la Syrie, sous garde kurde, un camp retient environ 2 200 personnes — femmes, enfants, adolescents — qui sont les proches de jihadistes présumés. Ils viennent de quelque cinquante pays différents. Le camp s'appelle Roj, et selon Hakmieh Ibrahim, sa responsable, il abrite 729 familles liées à l'État islamique. Une équipe de l'AFP s'y est rendue le 5 octobre et a observé des femmes en niqab circulant entre les tentes de toile, certaines refusant d'être filmées. Les Russes y forment le groupe le plus important, suivis d'une quarantaine de familles françaises. On y trouve aussi des Allemands, des Turcs, des Tunisiens, des Marocains et d'autres ressortissants de pays arabes. Parmi les résidents les plus connus figure Shamima Begum, une Britannique déchue de sa nationalité après avoir quitté le Royaume-Uni en 2015, à quinze ans, pour rejoindre un combattant de l'État islamique.
Ce qui rend la situation de Roj particulièrement complexe, c'est qu'elle persiste malgré un accord signé en janvier entre les Kurdes et le gouvernement syrien. Cet accord prévoyait l'intégration des institutions civiles et militaires kurdes dans l'État syrien. Il avait été conclu sous la pression d'une offensive lancée par les forces du président Ahmad al-Chareh, qui a renversé Bachar al-Assad en décembre 2024 et cherche à réunifier le pays. En août, le chef des Forces démocratiques syriennes — la puissante coalition dominée par les Kurdes — Mazloum Abdi, avait même annoncé leur dissolution. Pourtant, le camp de Roj reste sous contrôle kurde, gardé par les forces de sécurité kurdes, et aucun transfert d'administration n'a eu lieu.
Les autorités syriennes reconnaissent le problème mais affirment que le processus prendra du temps. Deux sources officielles syriennes ont indiqué à l'AFP que le transfert de la gestion du camp au pouvoir central allait encore prendre du temps. Un responsable du gouvernement syrien qui suit la question des combattants de l'État islamique et de leurs familles a déclaré que l'intégration du camp était en cours, mais que le transfert de son administration prendrait du temps en raison de ses dimensions humanitaires et politiques complexes. Il a également souligné que des pays étrangers sont impliqués — une référence aux nations qui refusent de rapatrier leurs ressortissants. Un responsable du ministère de l'Intérieur syrien, parlant sous le couvert de l'anonymat, a qualifié le camp de Roj de « partie d'un problème général sur lequel on travaille ».
Roj est désormais le dernier camp resté sous contrôle kurde. Son prédécesseur, al-Hol, était beaucoup plus grand et accueillait plus de 23 000 personnes — des Syriens mais aussi plus de 6 000 étrangers de quarante pays environ. Lors de l'offensive gouvernementale récente, les forces kurdes se sont retirées d'al-Hol, et la plupart des résidents ont quitté le camp pour des destinations inconnues pendant et après les violences. Le transfert d'al-Hol au contrôle gouvernemental a marqué un tournant dans la présence kurde en Syrie, mais Roj persiste comme une enclave non résolue.
Le contexte plus large remonte à 2019, quand les Forces démocratiques syriennes, avec l'appui d'une coalition multinationale dirigée par les États-Unis, ont vaincu l'État islamique en Syrie et capturé des milliers de combattants présumés du groupe jihadiste ainsi que des membres de leurs familles. Ces détentions se sont prolongées pendant des années. En février de cette année, plus de 5 700 personnes soupçonnées d'être membres de l'État islamique ont été transférées en Irak par les États-Unis, après avoir passé des années dans des prisons supervisées par les Forces démocratiques syriennes. Mais le camp de Roj, avec ses 2 200 résidents, n'a pas suivi le même chemin. Il demeure une question ouverte : qui en assumera la responsabilité, comment seront traitées les personnes détenues, et quand — ou si — le transfert au gouvernement central aura lieu.
Citations marquantes
Le camp de Roj abrite 729 familles de l'État islamique, soit plus de 2 200 personnes. Il n'y a pas eu de changement dans l'administration jusqu'à présent.— Hakmieh Ibrahim, responsable du camp
L'intégration du camp de Roj, comme d'autres institutions, est en cours. Le transfert de son administration prendra du temps en raison de ses dimensions humanitaires et politiques complexes.— Responsable du gouvernement syrien