En ce lundi de la rentrée de la Toussaint, la jeunesse scolaire et universitaire française refuse de tourner la page d'une mobilisation née à la mi-septembre contre la réforme de Parcoursup. Le gouvernement a répondu par des concessions — un remplacement de la plateforme d'ici 2028, la création de 500 postes, un plafonnement à 28 élèves en seconde — sans parvenir à apaiser des jeunes qui y voient un premier pas, insuffisant. Comme souvent, le pouvoir espère que l'effervescence cédera au temps et à la fatigue, tandis que les lycéens et étudiants, eux, veulent faire la preuve que leur voix compt
Crise lycéenne : la mobilisation refuse de s'éteindre malgré les concessions du gouvernement
La colère continue. On ne sent pas du tout un essoufflement.
En ce lundi de la rentrée de la Toussaint, la jeunesse scolaire et universitaire française refuse de tourner la page d'une mobilisation née à la mi-septembre contre la réforme de Parcoursup. Le gouvernement a répondu par des concessions — un remplacement de la plateforme d'ici 2028, la création de 500 postes, un plafonnement à 28 élèves en seconde — sans parvenir à apaiser des jeunes qui y voient un premier pas, insuffisant. Comme souvent, le pouvoir espère que l'effervescence cédera au temps et à la fatigue, tandis que les lycéens et étudiants, eux, veulent faire la preuve que leur voix compte encore.
La rentrée des vacances de la Toussaint s'ouvre sous tension. Depuis six semaines, lycéens et étudiants font vivre un mouvement né à la mi-septembre, et ils entendent le poursuivre malgré les concessions annoncées la semaine dernière par le gouvernement.
Le week-end a pourtant laissé apparaître un premier signe de fatigue : le troisième acte de la mobilisation sociale a rassemblé moins de manifestants que les précédents. Côté pouvoir, l'entourage d'Emmanuel Macron espère un retour en classe et estime que l'essentiel des revendications a trouvé une réponse.
Les mesures sont pourtant loin de faire consensus. Parcoursup doit être remplacé d'ici 2028, 500 postes sont créés et la classe de seconde est plafonnée à 28 élèves. Les organisations de jeunesse y voient un premier pas, mais insuffisant.
Sur le terrain, les appels se multiplient. Les Lycéens! annoncent des lycées bloqués dès lundi, l'Union syndicale lycéenne et l'Union étudiante appellent à de nouveaux blocages mardi et jeudi, et l'Unef rêve d'une journée noire dans tout le pays. « La colère continue », assure une responsable d'Interfac Île-de-France, qui prépare une manifestation parisienne mardi.
Reste à savoir si la semaine confirmera la baisse observée ce week-end, ou si elle donnera raison à ceux qui jugent que la mobilisation a encore de l'avenir.
La rentrée des vacances de la Toussaint, ce lundi 2 novembre, s'ouvre sous tension. Les organisations lycéennes et étudiantes veulent poursuivre un mouvement engagé depuis six semaines, né à la mi-septembre, malgré les concessions annoncées la semaine dernière par le gouvernement.
Le week-end a pourtant montré un premier signe de fatigue. L'« acte III » de la mobilisation sociale a réuni moins de manifestants que les précédents. Dimanche, l'entourage d'Emmanuel Macron a redit espérer un « retour en classe » des lycéens. Selon lui, « le temps d'un retour en classe est venu », même si « ce genre de mouvement ne se termine jamais de manière absolument nette ». Il estime que les principales revendications des lycéens ont trouvé une réponse dans les mesures du gouvernement.
Ces mesures ont été annoncées lundi dernier par les ministres de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur. Parcoursup sera remplacé progressivement d'ici 2028, avec une « évolution forte » dès la rentrée 2027. Les suppressions de postes prévues dans l'Éducation nationale sont annulées, 500 postes supplémentaires sont créés, le nombre d'élèves est plafonné à 28 par classe de seconde, et 15.000 places supplémentaires sont promises dans l'enseignement supérieur. Emmanuel Macron avait aussi reçu des organisations lycéennes à l'Élysée la semaine dernière.
Matignon précise que le premier ministre a demandé au ministre de l'Éducation nationale, après la réunion interministérielle de jeudi avec les régions et les lycéens, de veiller à ce qu'une réponse soit apportée aux 200 lycées les plus en difficulté recensés sur la plateforme de concertation. Les organisations de jeunesse y voient un « premier pas », mais insuffisant.
Sur le terrain, les appels au blocage se multiplient. « Bien sûr qu'on appelle au blocus », a assuré dimanche Pierre Sourzat, président des Lycéens!, qui affirme que les lycées seront bloqués dès lundi. L'Union syndicale lycéenne (USL) et l'Union étudiante appellent à de nouveaux blocages mardi et jeudi. L'Unef a demandé samedi de s'organiser dans toutes les universités ce lundi, et souhaite que le mardi 3 novembre soit une « journée noire » avec des blocages de facultés et de lycées dans le pays.
Les annonces du gouvernement ont même, selon Marius Mesnil, co-secrétaire général de l'USL, poussé certains à rester mobilisés. « Même si ce n'est pas satisfaisant, ce sont de vraies choses, des premières réussites, cela montre que la mobilisation fonctionne », dit-il à l'AFP, en s'attendant à « beaucoup de blocus ». Coppélia Moreau, d'Interfac Île-de-France, qui regroupe des étudiants issus d'assemblées générales d'universités, affirme : « La colère continue. On ne sent pas du tout un essoufflement. » Son collectif prévoit mardi une manifestation à Paris, entre le Panthéon et le siège du Medef.
Les journées du 2 et du 5 novembre sont dans le viseur des organisations syndicales, qui jugent leurs revendications encore insuffisamment prises en compte. Reste à savoir si la mobilisation de la semaine confirmera la baisse observée ce week-end ou le message des organisations.
Citazioni salienti
Même si ce n'est pas satisfaisant, ce sont de vraies choses, des premières réussites.— Marius Mesnil, co-secrétaire général de l'USL
Le temps d'un retour en classe est venu.— Entourage d'Emmanuel Macron