Cinéma : The Social Reckoning, Ni vue ni connue et L'Espèce explosive à l'affiche

Une mise en accusation implacable des réseaux et des démiurges de la tech
Aaron Sorkin revient seize ans après The Social Network pour explorer comment Facebook est devenu une arme de désinformation.
Mark

Pourquoi The Social Reckoning mérite-t-il vraiment qu'on le voie cette semaine ?

Mimi

Parce que Sorkin revient sur le sujet qu'il a traité il y a seize ans, mais cette fois en tant que réalisateur, et il pose une question plus urgente : comment les réseaux sociaux sont devenus des armes de désinformation. C'est une mise en accusation implacable.

Luke

Mais le film est-il vraiment un thriller au suspense élevé, ou c'est surtout une leçon pédagogique ? Le critique dit « suspense sage ».

Mimi

C'est justement ça qui le rend intéressant. Ce n'est pas du spectaculaire. C'est de la conviction.

Mark

Et Leviticus, c'est vraiment un film d'horreur ou plutôt une allégorie ?

Mimi

Les deux. C'est un film d'horreur qui utilise le surnaturel pour parler du passage à l'âge adulte queer, de l'homophobie, du déni. L'effroi vient de là, pas des effets spéciaux.

Luke

Donc il y a peu de sang ? Le critique dit que c'est « mesuré en termes d'hémoglobine ».

Mimi

Oui, c'est un film qui refuse le spectaculaire gore.

Mark

Isabelle Huppert en figurante dans Ni vue, ni connue, c'est une blague ?

Mimi

Non, c'est un contre-emploi délibéré. Elle joue une femme qui aspire à être plus qu'une figurante, et elle excelle dans ce rôle étriqué.

Luke

Mais le film lui-même fonctionne ? Le critique dit que Fitoussi ne réussit pas toujours à trouver son rythme.

Mimi

C'est vrai, mais la performance de Huppert vaut le coup.

Mark

Et L'Espèce explosive, c'est quoi exactement ?

Mimi

C'est un premier long-métrage qui refuse les catégories. Action, thriller, comédie noire, romance. C'est surprenant et détonant.

Luke

Donc on ne sait pas vraiment à quoi s'attendre ?

Mimi

Non, et c'est ça qui le rend intéressant. C'est l'irruption d'une réalisatrice à suivre.

  • The Social Reckoning d'Aaron Sorkin, 1 h 53, thriller sur la désinformation des réseaux sociaux
  • Leviticus d'Adrian Chiarella, 1 h 27, film d'horreur sur le passage à l'âge adulte queer
  • Ni vue, ni connue de Marc Fitoussi, 1 h 55, avec Isabelle Huppert en figurante
  • L'Espèce explosive de Sarah Arnold, 1 h 35, premier long-métrage mêlant action, thriller et comédie noire

The Social Reckoning d'Aaron Sorkin examine comment Facebook est devenu une arme de désinformation, avec un thriller au suspense maîtrisé et une mise en accusation implacable. Leviticus utilise l'horreur comme parabole du passage à l'âge adulte queer, tandis que Ni vue, ni connue met en scène Isabelle Huppert en figurante aspirant à plus.

Le Figaro propose sa sélection hebdomadaire de films en salles, des thrillers sur les réseaux sociaux aux comédies et drames variés, avec des recommandations graduées.

Les salles de cinéma cette semaine proposent un éventail de films qui témoignent de la diversité des formes et des préoccupations du cinéma contemporain. Aaron Sorkin, le scénariste qui avait donné ses dialogues tranchants à The Social Network en 2010, revient seize ans plus tard pour explorer comment les réseaux sociaux se sont transformés en instrument de désinformation à grande échelle. The Social Reckoning, son nouveau long-métrage en tant que réalisateur, abandonne David Fincher au profit d'une approche plus pédagogique. Le film suit l'alliance entre un journaliste du Wall Street Journal et une lanceuse d'alerte qui tentent de documenter les mécanismes par lesquels Facebook et ses pairs ont amplifié les mensonges. C'est un thriller au suspense mesuré, mais qui gagne en force par sa conviction et sa clarté didactique — une accusation implacable contre les réseaux et ceux qui les gouvernent.

Dans un registre radicalement différent, Leviticus d'Adrian Chiarella propose un film d'horreur qui entrelace le désir et la peur. L'histoire se déploie dans une petite ville australienne où deux lycéens du milieu queer se tournent autour tandis qu'une série de meurtres décime les adolescents de leur communauté. Une entité surnaturelle prend l'apparence de la personne qu'on désire le plus, semant le doute sur l'identité de celui qui se tient face à vous. Le film, dépourvu d'effets spéciaux tape-à-l'œil, utilise le surnaturel comme métaphore du passage à l'âge adulte et interroge le poids du déni et de l'homophobie. L'horreur véritable réside moins dans les éclaboussures de sang que dans les questions qu'il pose.

Ni vue, ni connue, comédie de Marc Fitoussi, joue sur le contraste entre deux mondes du cinéma. Sandrine Kiberlain incarne une version d'elle-même, capricieuse et exaspérante, tandis qu'Isabelle Huppert joue Corinne Maclou, une figurante qui aspire à davantage que des apparitions muettes et des gobelets de café soluble. Fitoussi, qui a signé la série Dix pour cent, reprend ses codes, mais le long-métrage peine parfois à trouver son rythme propre. Huppert, vêtue des habits étriqués de son personnage, excelle cependant dans ce contre-emploi qui la montre loin de ses rôles habituels.

Ton animal maternel, le second long-métrage de Valentina Maurel après J'ai des rêves électriques, est un film étrange et sauvage qui ne se laisse pas domestiquer aisément. Il suit Elsa, revenue à San José au Costa Rica après des études en Belgique, qui retrouve sa petite sœur Amalia en pleine crise ésotérique vivant seule dans la maison familiale. Leur mère, elle, se concentre sur la réédition d'un recueil de poèmes érotiques qu'elle a composé dans sa jeunesse. Trois femmes habitées par les désirs et les doutes, incarnées par trois actrices remarquables qui ont reçu le prix d'interprétation féminine Un certain regard au Festival de Cannes.

L'Espèce explosive, premier long-métrage de Sarah Arnold, se présente comme un objet filmique inclassable. Un agriculteur en faillite, acculé, tue un notable venu le pousser à bout. L'enquête est menée par Fulda Orsini, un gendarme corse muté dans la région pour raisons disciplinaires, incarné par Alexis Manenti. Le film mélange action, thriller, comédie noire et romance, refusant les catégories habituelles du cinéma français. Surprenant et détonant, il marque l'apparition d'une réalisatrice à suivre.

Butterfly Jam de Kantemir Balagov complète cette sélection. Balagov, qui vivait encore en Russie quand il a commencé à écrire le scénario en 2020, a dû quitter le Nord-Caucase après avoir manifesté contre l'invasion de l'Ukraine et s'installer à Los Angeles. Là, il a découvert une communauté de Kabardes dans le New Jersey et a adapté son histoire à cette nouvelle réalité. Le film suit Azik, un cuisinier qui passe son temps à échouer dans ses entreprises. Situé aux États-Unis, réalisé par un Russe, tourné dans le nord de la France avec des acteurs anglo-saxons, le film porte les traces de sa fabrication complexe. Il rappelle néanmoins que le cinéma demeure une terre d'accueil pour les êtres déracinés.

Thriller au suspense sage, le film se rattrape grâce à sa pédagogie et sa force de conviction
— critique du Figaro sur The Social Reckoning
Leviticus utilise le surnaturel comme parabole de passage à l'âge adulte et interroge sur le poids du déni et de l'homophobie
— critique du Figaro sur Leviticus
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