Dans l'intimité d'un foyer de Cagnac-les-Mines, une vie s'est éteinte dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 — et pendant des années, le silence a recouvert cette vérité. Le 18 septembre dernier, Cédric Jubillar, peintre plaquiste devenu accusé, a choisi d'approfondir ses aveux devant la juge d'instruction, décrivant avec une précision troublante les gestes qui ont coûté la vie à son épouse Delphine Aussaguel. En invoquant la jalousie, l'humiliation et un état second, il tente de donner une forme humaine à un acte qui défie l'entendement ordinaire, tandis que la justice, elle, continue patiemm
Cédric Jubillar réitère ses aveux sur la mort de son épouse lors d'un nouvel interrogatoire
Je ne suis plus là pour mentir, je suis là pour dire la vérité
Pourquoi un second interrogatoire, alors qu'il avait déjà avoué en juillet?
Parce que les aveux initiaux laissaient des zones floues. La juge voulait des précisions sur l'horaire exact, sur la séquence des événements, sur l'état mental de Jubillar au moment des faits.
Mais le texte dit qu'il « reste évasif sur l'horaire de son passage à l'acte ». Donc même lors de ce second interrogatoire, il n'a pas vraiment répondu à cette question fondamentale.
Qu'est-ce qui l'a poussé à avouer, après avoir nié pendant des années?
Il ne l'explique pas directement dans ce compte rendu. On sait seulement qu'il a changé de position à un moment donné, mais le texte ne dit pas pourquoi ni quand exactement ce revirement s'est produit.
C'est une lacune importante. Un homme qui nie pendant des années puis avoue soudain — il y a généralement une raison. Une preuve qui a émergé? Une pression psychologique? On ne le sait pas.
Et cette notion d'« état second » — est-ce une défense légitime ou une tentative de minimiser sa responsabilité?
C'est une question que le tribunal devra trancher. Juridiquement, c'est une invocation de trouble mental temporaire. Mais le fait qu'il ait serré le cou « fort » pour la faire taire suggère une intention consciente.
Exactement. Il y a une tension dans son récit : d'un côté il dit qu'il était dans un état second, de l'autre il décrit ses gestes avec une précision qui implique une certaine conscience de ce qu'il faisait.
Le Pouls
- Après des années de déni, Jubillar a brisé son silence en juillet, puis l'a confirmé et précisé en septembre, décrivant avoir serré le cou de sa femme « fort » pour la faire taire.
- La jalousie conjugale est au cœur du mobile avoué : les mots de Delphine sur son amant auraient, selon lui, déclenché une rage incontrôlable.
- L'accusé invoque un « état second » pour expliquer son passage à l'acte, une notion de dissociation psychologique qui constitue un pilier fragile mais central de sa défense.
- Des zones d'ombre persistent — notamment l'horaire précis du crime —, ce qui a conduit la juge à ordonner un supplément d'information pour compléter le dossier.
- Le dossier judiciaire converge désormais vers un procès, chaque interrogatoire ajoutant des couches de précision qui seront soumises à l'appréciation du tribunal.
Dans l'intimité d'un foyer de Cagnac-les-Mines, une vie s'est éteinte dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 — et pendant des années, le silence a recouvert cette vérité. Le 18 septembre dernier, Cédric Jubillar, peintre plaquiste devenu accusé, a choisi d'approfondir ses aveux devant la juge d'instruction, décrivant avec une précision troublante les gestes qui ont coûté la vie à son épouse Delphine Aussaguel. En invoquant la jalousie, l'humiliation et un état second, il tente de donner une forme humaine à un acte qui défie l'entendement ordinaire, tandis que la justice, elle, continue patiemment son travail de vérité.
Le 18 septembre, Cédric Jubillar a été conduit de sa cellule de Toulouse-Seysses jusqu'au bureau de la juge d'instruction pour un second interrogatoire sur la mort de son épouse, Delphine Aussaguel, survenue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. « Je ne suis plus là pour mentir, je suis là pour dire la vérité », a-t-il déclaré — non pas pour confesser pour la première fois, mais pour approfondir des aveux déjà formulés en juillet.
Selon son récit, tout a commencé par une dispute nocturne. Réveillé vers une heure du matin, il affirme avoir été blessé par les paroles de sa femme, qui aurait comparé leurs relations intimes à celles qu'elle entretenait avec un amant. « Quand elle me dit que son amant lui fait mieux l'amour que moi, je deviens fou », a-t-il confié à la magistrate. Cette humiliation conjugale constitue, selon lui, le terreau émotionnel du drame.
Il a ensuite décrit avec une précision saisissante les gestes qui ont suivi : il a saisi le cou de Delphine et l'a serré fort, très fort, pour qu'elle se taise. Pour expliquer son état mental à cet instant, il a invoqué une sorte de dissociation — être « dans un état second », comme si sa volonté consciente avait cédé la place à quelque chose d'autre. Ce détail psychologique forme une part importante de sa défense, même s'il ne nie pas l'acte lui-même.
Si Jubillar est resté évasif sur l'horaire précis du passage à l'acte — une question centrale pour la chronologie judiciaire —, il s'est montré plus disert sur la mécanique du crime. La juge avait ordonné ce supplément d'information précisément pour combler ces lacunes. Pendant des années, la mort de Delphine était restée un mystère, son mari niant toute implication. Ce revirement tardif, répété et approfondi, forme désormais la base de l'accusation.
Le dossier progresse vers son aboutissement. Chaque interrogatoire ajoute des précisions que les magistrats devront peser : qualification juridique des faits, circonstances atténuantes ou aggravantes, et finalement, jugement. La justice poursuit son travail, méthodique, face à un homme qui tente de donner un sens à l'insensé.
Le 18 septembre, Cédric Jubillar a été extrait de sa cellule à la prison de Toulouse-Seysses et conduit au bureau de la juge d'instruction. Cet homme, peintre plaquiste de profession, comparaissait pour un second interrogatoire portant sur la mort de son épouse, Delphine Aussaguel, survenue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 dans leur pavillon de Cagnac-les-Mines. Lors de cette audience, à laquelle Le Figaro a eu accès, Jubillar a déclaré : « Je ne suis plus là pour mentir, je suis là pour dire la vérité. » C'était un moment clé du dossier judiciaire — non pas une première confession, mais un approfondissement des aveux qu'il avait déjà formulés lors d'un interrogatoire antérieur, le 15 juillet.
Le contexte de cette nuit-là, selon le récit de Jubillar, s'était noué autour d'une dispute conjugale. Il affirmait s'être réveillé vers une heure du matin pour fumer une cigarette. C'est à ce moment que sa femme, qui se trouvait dans le salon, aurait lancé des paroles qui l'ont profondément blessé. Lors de cet interrogatoire de septembre, il a précisé la nature de ce qui l'avait poussé à bout : « Quand elle me dit que son amant lui fait mieux l'amour que moi, je deviens fou. » Cette jalousie, cette humiliation conjugale, formait selon lui le terreau émotionnel de ce qui allait suivre.
Ce qui a suivi, Jubillar l'a décrit avec une précision qui a marqué le dossier. Il a affirmé avoir saisi le cou de sa femme et l'avoir serré fort — très fort — pour qu'elle se taise. Il a utilisé une formule particulière pour décrire son état mental à cet instant : il était « dans un état second », comme s'il n'était plus maître de ses actes, comme si quelque chose d'autre que sa volonté consciente avait pris le contrôle. Ce détail psychologique — l'invocation d'une sorte de dissociation, d'une perte de conscience de soi — constitue une part importante de sa défense, même s'il ne nie pas l'acte lui-même.
Le supplément d'information ordonné par la juge visait à clarifier les circonstances exactes de cette nuit. Bien que Jubillar soit resté évasif sur l'horaire précis de son passage à l'acte — une question centrale pour établir la chronologie des faits — il s'est montré plus disert sur la mécanique du crime. Les gestes qu'il a décrits, le serrage du cou, l'intention de faire taire sa femme, tout cela a été énoncé avec une clarté dramatique qui contraste avec les zones d'ombre qu'il maintient ailleurs dans son récit.
Ce second interrogatoire s'inscrivait dans un processus judiciaire en cours. Les aveux de Jubillar, formulés une première fois en juillet, n'avaient pas clos l'enquête ; ils l'avaient plutôt ouverte à de nouvelles questions. La juge d'instruction avait ordonné un supplément d'information, ce qui signifiait que le dossier n'était pas encore complet, que des zones restaient à éclaircir. Le 18 septembre, Jubillar a eu l'occasion de fournir ces précisions, de remplir certains des blancs de son propre récit.
La mort de Delphine Aussaguel, survenue dans l'intimité de leur domicile, avait été longtemps un mystère. Pendant des années, son mari avait nié toute implication. Ce n'est que récemment qu'il avait changé de position, admettant non seulement sa présence lors de la mort de sa femme, mais son rôle direct dans celle-ci. Maintenant, assis face à la magistrate, il tentait de donner un sens à l'insensé — d'expliquer comment un homme ordinaire, un peintre plaquiste, avait pu commettre un acte aussi grave. La jalousie, l'humiliation, l'état second : voilà les éléments qu'il proposait comme explication.
Le dossier avance désormais vers son aboutissement judiciaire. Chaque interrogatoire ajoute des couches de détail, des précisions qui seront pesées par les magistrats et, finalement, par un tribunal. Les aveux de Jubillar, répétés et approfondis, forment la base de l'accusation. Mais le travail de la justice n'est pas terminé. Il reste à déterminer comment ces faits seront qualifiés juridiquement, quelles circonstances atténuantes ou aggravantes seront reconnues, et quel jugement sera rendu.
Citations marquantes
Quand elle me dit que son amant lui fait mieux l'amour que moi, je deviens fou— Cédric Jubillar, lors de son interrogatoire du 18 septembre
Je ne suis plus là pour mentir, je suis là pour dire la vérité— Cédric Jubillar, au bureau de la juge d'instruction