Le SNALC critique la réponse gouvernementale comme insuffisante, exigeant des actions concrètes plutôt que des communications. Les syndicats soutiennent les revendications lycéennes sur les conditions d'étude dégradées et les suppressions de postes d'enseignants.
Blocage des lycées : le gouvernement critiqué pour son manque de mesures concrètes
Il va falloir mettre des choses concrètes sur la table, pas juste des courriers
Pourquoi le SNALC rejette-t-il la feuille de route du gouvernement alors qu'elle énumère cinq chantiers à traiter ?
Parce que Girard voit surtout des promesses sans substance. Le gouvernement dit « améliorer les remplacements » mais il n'y a pas de remplaçants disponibles. Il dit « aménager les locaux » mais c'est du ressort des régions, pas de l'État. C'est de la communication sans engagement réel.
Mais la lettre fixe un calendrier — propositions avant fin octobre. C'est quand même un délai concret, non ?
Oui, mais après une semaine de blocages, 78 personnels blessés, 5 000 interpellations. Les lycéens demandent des réponses maintenant, pas des promesses pour octobre.
Le SNALC soutient les revendications lycéennes, mais Girard appelle aussi à la prudence. Comment concilie-t-il les deux ?
Il distingue le droit de manifester du droit de bloquer ou de casser. Il dit que les violences desservent les revendications, mais que le gouvernement aurait dû agir avant que ça n'en arrive là.
Il dit que 78 personnels ont été blessés « généralement par des personnes extérieures ». C'est important — ça suggère que les casseurs ne sont pas tous des lycéens. Mais on ne sait pas combien de blessés viennent vraiment de l'extérieur.
Et la CGT ? Pourquoi elle s'implique maintenant ?
Sophie Binet dit que la CGT sera là mardi pour « sécuriser » les manifestations. Elle critique aussi la gestion policière des premières mobilisations. C'est un soutien syndical classique, mais aussi une tentative de canaliser le mouvement.
Elle demande aussi l'annulation des 1 588 suppressions de postes d'enseignants dans le budget 2027. C'est un enjeu plus large que juste les lycées.
Qu'est-ce qu'une « semaine noire » ?
Des appels sur les réseaux sociaux pour des blocages quotidiens. Leila Nehari a dit dimanche que ça allait être « blocus, blocus, blocus, blocus ». C'est une escalade annoncée.
Mais on ne sait pas si ça va vraiment se produire ou si c'est surtout du bruit sur les réseaux. Lundi, 400 à 500 lycées seront fermés — c'est déjà beaucoup, mais c'est moins que tous les 3 700.
The Pulse
- 78 personnels de l'Éducation nationale blessés depuis le début du mouvement
- 5 000 interpellations enregistrées, dont 85 % de mineurs
- 400 à 500 lycées fermés lundi sur 3 700 en France
- Plus de 160 lycées fermés en Île-de-France lundi
- 24 établissements incendiés ou saccagés
Le SNALC critique la réponse gouvernementale comme insuffisante, exigeant des actions concrètes plutôt que des communications. Les syndicats soutiennent les revendications lycéennes sur les conditions d'étude dégradées et les suppressions de postes d'enseignants.
Les syndicats d'enseignants dénoncent la « feuille de route » du gouvernement comme du simple affichage et réclament des mesures concrètes face à la mobilisation lycéenne qui s'intensifie avant un « acte III » mardi.
Le gouvernement a adressé dimanche une « feuille de route » à ses ministres pour répondre à la mobilisation lycéenne qui s'intensifie. Lundi matin, Jean-Rémi Girard, professeur de français et président du syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (SNALC), a rejeté ce document sur le plateau de France 2 comme un simple exercice de communication. « À un moment, il va falloir mettre des choses concrètes sur la table, pas juste des courriers », a-t-il déclaré, pointant l'absence de mesures tangibles dans la réponse gouvernementale.
Le mouvement, parti mi-septembre de la région parisienne, s'est étendu et amplifié au cours de la semaine précédente. Les lycéens dénoncent l'insalubrité des bâtiments, les classes surpeuplées, les absences d'enseignants non remplacées — particulièrement dans les quartiers populaires — et les inégalités générées par le système Parcoursup. Le gouvernement a enregistré 5 000 interpellations depuis le début des blocages, dont environ 85 % concernent des mineurs. Vingt-quatre établissements ont été incendiés ou saccagés, et soixante-dix-huit personnels de l'Éducation nationale ont été blessés, généralement par des personnes extérieures aux lycées, selon le ministre de l'Éducation Édouard Geffray.
Girard a exprimé sa frustration face à l'inaction prolongée du gouvernement. « L'école ne va pas bien, elle est en crise, c'est fou qu'on ne s'en rende compte qu'aujourd'hui », a-t-il dit, notant que les problèmes dénoncés ne sont pas nouveaux. Il a critiqué les propositions vagues du gouvernement : améliorer les remplacements de professeurs quand « on n'a pas de remplaçants », ou aménager les locaux alors que « ça dépend des régions » et non de l'État. Le SNALC soutient les revendications lycéennes, mais Girard a appelé à la prudence lors des prochaines journées, exprimant sa crainte que des personnels de l'Éducation nationale ne soient agressés.
La lettre de Sébastien Lecornu, le Premier ministre, fixe un calendrier pour répondre à certaines revendications avant la fin octobre. Elle énumère cinq chantiers : améliorer Parcoursup, préparer les lycées aux fortes chaleurs, et d'autres mesures. Lecornu a exhorté ses ministres à « engager » ces travaux et à « prolonger le dialogue » avec les représentants lycéens, les organisations syndicales et les parents. Il souhaite que les cours reprennent dès lundi 5 octobre partout où la sécurité le permet.
Cependant, lundi, entre 400 et 500 lycées sur les 3 700 du pays resteront totalement ou partiellement fermés, selon Geffray. En Île-de-France, plus d'un tiers des lycées seront fermés, soit plus de 160 établissements, selon Valérie Pécresse, présidente de région. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a apporté le soutien du syndicat à la mobilisation et a promis que la CGT serait présente mardi pour « sécuriser » les manifestations. Elle a vivement critiqué la gestion des premières mobilisations : « On ne gère jamais une mobilisation lycéenne comme ça, on n'envoie pas les policiers comme ça ».
L'Union syndicale lycéenne a promis un « acte III » mardi, redouté par Matignon, qui estime que le mouvement a basculé vers des « violences urbaines ». Sur les réseaux sociaux, des appels à une « semaine noire » de blocages quotidiens ont fleuri. Une étudiante mobilisée, Leila Nehari, a déclaré dimanche lors d'un rassemblement à Saint-Denis : « Les lycéens ne vont rien lâcher, les étudiants encore plus (...) ça va vraiment être une semaine noire : blocus, blocus, blocus, blocus ». Les rassemblements resteront théoriquement interdits lundi aux abords de nombreux établissements scolaires. À Nancy, par exemple, les manifestations seront prohibées dans l'ensemble du centre-ville de lundi 6 heures à mercredi 7 heures.
Girard a appelé à la désescalade politique. « Il faut que tous nos politiques désescaladent », a-t-il dit. « Il faut qu'ils arrêtent de se renvoyer la balle et de s'engueuler les uns et les autres, il faut qu'ils travaillent ensemble. » Il a insisté sur la nécessité de « faire quelque chose pour nos lycées, nos lycéens, notre école, et que le message soit un message de consensus politique ». Concernant la question de faire payer les réparations aux parents des casseurs, Girard a reconnu que les tribunaux pouvaient déjà le faire, mais a soulevé la difficulté de prouver la responsabilité individuelle. Il a donné l'exemple de l'incendie du lycée Mandela à Nantes, qu'il a affirmé ne pas avoir été déclenché par les élèves de l'établissement, appelant à distinguer les lycéens des casseurs qui n'ont parfois rien à voir avec les lycées.
Notable Quotes
À un moment, il va falloir mettre des choses concrètes sur la table, pas juste des courriers— Jean-Rémi Girard, président du SNALC
L'école ne va pas bien, elle est en crise, c'est fou qu'on ne s'en rende compte qu'aujourd'hui— Jean-Rémi Girard, président du SNALC
Les lycéens ne vont rien lâcher, les étudiants encore plus (...) ça va vraiment être une semaine noire : blocus, blocus, blocus, blocus— Leila Nehari, étudiante mobilisée