À l'Opéra Bastille, le cent cinquantième anniversaire du Crépuscule des dieux de Wagner se trouve alourdi par une mise en scène de Calixto Bieito que la critique juge incapable de s'élever à la hauteur de l'œuvre. Là où la musique wagnérienne exige une sensibilité profonde pour déployer sa puissance envoûtante, le metteur en scène catalan aurait choisi la voie des concepts enchevêtrés, transformant la grandeur en grotesque. Cette déception soulève, au-delà du spectacle lui-même, une question plus vaste sur ce que les grandes institutions doivent aux œuvres qu'elles ont la charge de transmettre
À l'opéra Bastille, Calixto Bieito démonte le « Ring » de Wagner
L'œuvre devient grotesque quand on la prive de sensibilité musicale
Pourquoi le critique est-il si dur avec cette production ? C'est juste une question de goût personnel ?
Non, c'est plus précis que ça. Le problème, c'est que Bieito a choisi des idées de mise en scène qui ne dialoguent pas avec la musique. Wagner, c'est d'abord une expérience musicale intense — hypnotique, même. Quand la mise en scène ne sert pas cette expérience, elle la sabote.
Mais le critique ne donne pas d'exemples concrets. Qu'est-ce que Bieito a fait exactement ? Quelles sont ces « idées tarabiscotées » ? On ne le sait pas vraiment.
C'est vrai. Et comment on compare avec Braunschweig sans avoir vu les deux ?
Braunschweig avait une approche où la mise en scène respectait la partition. Elle ne cherchait pas à dominer la musique, mais à la servir. C'est une philosophie différente de celle de Bieito.
Mais encore une fois, on n'a que l'affirmation du critique. Il dit que Braunschweig était meilleur, mais il ne montre pas comment.
Alors qu'est-ce qu'on peut vraiment conclure de ce texte ?
Que cette production du Ring à l'Opéra Bastille déçoit profondément. Que le choix de Bieito ne fonctionne pas pour cette œuvre. Que l'anniversaire des cent cinquante ans méritait mieux.
Oui, mais on devrait lire d'autres critiques avant de trancher. Ce texte exprime une opinion forte, pas une vérité établie.
El Pulso
- Une œuvre centenaire et demi arrive sur scène dans un moment qui appelait la célébration, mais c'est la consternation qui s'installe dès les premiers instants.
- Bieito empile des concepts alambiqués qui ne trouvent jamais leur ancrage dans la musique, transformant ce qui devrait envoûter en quelque chose de creux et de ridicule.
- Le souvenir de Stéphane Braunschweig plane sur la soirée comme un reproche silencieux : d'autres ont su servir Wagner avec intelligence et cohérence visuelle sur cette même scène.
- La question qui demeure est celle de la direction artistique de l'Opéra Bastille : comment une institution de ce rang choisit-elle de commémorer un anniversaire majeur avec une production qui diminue l'œuvre plutôt qu'elle ne l'honore ?
À l'Opéra Bastille, le cent cinquantième anniversaire du Crépuscule des dieux de Wagner se trouve alourdi par une mise en scène de Calixto Bieito que la critique juge incapable de s'élever à la hauteur de l'œuvre. Là où la musique wagnérienne exige une sensibilité profonde pour déployer sa puissance envoûtante, le metteur en scène catalan aurait choisi la voie des concepts enchevêtrés, transformant la grandeur en grotesque. Cette déception soulève, au-delà du spectacle lui-même, une question plus vaste sur ce que les grandes institutions doivent aux œuvres qu'elles ont la charge de transmettre.
L'Opéra Bastille accueille en ce moment le Crépuscule des dieux, dernier volet de la tétralogie de Wagner, à l'occasion de ses cent cinquante ans. La mise en scène est confiée au Catalan Calixto Bieito — et c'est là que le bât blesse, selon le critique de Libération, qui quitte la salle dans un état de stupéfaction peu ordinaire.
Les opéras de Wagner exercent une fascination presque narcotique, ce pouvoir hypnotique que Nietzsche lui-même avait d'abord subi avant de s'en détourner avec véhémence, reprochant à ces œuvres leur histrionisme völkisch et leur nihilisme. Cent trente-huit ans après cette rupture philosophique, on se retrouve à se poser la même question fondamentale : pourquoi y va-t-on, et qu'en fait-on une fois sur place ?
Le problème n'est pas Wagner, mais l'absence de passion véritable dans l'approche de Bieito. À la place d'une sensibilité musicale authentique, le metteur en scène déploie des idées tarabiscotées qui s'accumulent sans jamais trouver leur justification dans la partition. Ce qui aurait dû émouvoir devient creux ; ce qui aurait pu envoûter devient grotesque.
Le contraste avec d'autres productions du Ring à la Bastille est d'autant plus douloureux. Stéphane Braunschweig avait su démontrer qu'on pouvait servir Wagner avec intelligence, en faisant dialoguer les choix visuels avec la force de la musique plutôt qu'en les lui imposant. Bieito semble avoir choisi la voie inverse.
Que cette production arrive précisément lors d'un anniversaire majeur rend la déception plus amère encore. Le Crépuscule des dieux, malgré ses failles idéologiques bien connues, possède une grandeur musicale indéniable — une grandeur que cette mise en scène, au lieu de révéler, s'emploie involontairement à éteindre.
L'Opéra Bastille accueille en ce moment le dernier volet de la tétralogie de Wagner, « le Crépuscule des dieux », une œuvre qui marque ses cent cinquante ans d'existence. La mise en scène est signée Calixto Bieito, le metteur en scène catalan, et elle laisse le critique de Libération dans un état de consternation profonde — non pas une déception ordinaire, mais une sorte de stupéfaction face à ce qui s'est déroulé sur la scène.
Les opéras de Wagner possèdent une puissance hypnotique, presque narcotique. C'est précisément ce pouvoir que Nietzsche reprochait à ces œuvres, lui qui s'était autrefois laissé séduire par elles avant de s'en détourner avec véhémence. Le philosophe avait réglé ses comptes avec Wagner et son univers idéologique — cet histrionisme völkisch, cet antisémitisme, ce nihilisme qui imprègne la partition. Cent trente-huit ans après que Nietzsche eut formulé sa critique, on se demande pourquoi on s'est rendu à l'Opéra Bastille pour assister à ce spectacle.
Le problème n'est pas Wagner lui-même, mais la manière dont Bieito l'aborde. Quand une mise en scène manque de passion véritable, quand elle se contente de déployer des idées compliquées et alambiquées au lieu de puiser dans une authentique sensibilité musicale, l'œuvre devient rapidement grotesque. Ce qui aurait pu envoûter devient ridicule. Ce qui aurait dû émouvoir devient creux.
Le contraste est d'autant plus frappant qu'on a connu d'autres approches du Ring à l'Opéra Bastille. Stéphane Braunschweig, par exemple, avait su démontrer comment on pouvait mettre en scène Wagner avec une véritable intelligence artistique, en respectant la force de la musique tout en la servant par des choix visuels cohérents et sensibles. Bieito, lui, semble avoir choisi une autre voie — celle des « idées tarabiscotées », comme le dit le critique, des concepts qui s'empilent sans jamais trouver leur justification dans la musique elle-même.
Ce qui rend cette production particulièrement décevante, c'est qu'elle arrive à un moment où l'institution parisienne devrait célébrer dignement cet anniversaire. Le Crépuscule des dieux mérite mieux qu'une mise en scène qui le rend grotesque. L'œuvre, malgré ses failles idéologiques bien documentées, possède une grandeur musicale indéniable. Quand on la prive de cette grandeur en la soumettant à des choix de mise en scène qui ne la servent pas, on ne fait que la diminuer.
Citas Notables
Les opéras de Wagner peuvent envoûter comme un stupéfiant, mais ils deviennent grotesques quand ils sont dirigés sans passion et mis en scène avec des idées compliquées au lieu d'une authentique sensibilité musicale.— Critique de Libération