Dans une France traversée par les tensions d'une campagne présidentielle, trente-neuf rédactions ont choisi de parler d'une seule voix pour rappeler une vérité ancienne : la liberté de la presse n'est pas un privilège corporatiste, mais le fondement silencieux de toute démocratie vivante. La remarque de Marine Le Pen suggérant à Mediapart d'enfiler un « costard en kevlar » a agi comme un révélateur, forçant des médias aux sensibilités très différentes à reconnaître qu'ils partageaient une vulnérabilité commune. Ce moment de solidarité rare pose, en creux, une question que chaque société doit s
39 médias condamnent les menaces de Marine Le Pen contre Mediapart
Elle met une cible dans le dos des journalistes
Pourquoi cette tribune maintenant, et pourquoi ces trente-neuf médias ensemble ? C'est rare de voir tant de rédactions se mettre d'accord.
Parce que la remarque de Le Pen sur le « costard en kevlar » a franchi une ligne. Ce n'est pas une critique ordinaire du travail journalistique. C'est une menace voilée de violence physique adressée à des journalistes qui font leur métier.
Mais attendez — Le Pen a-t-elle explicitement menacé quelqu'un de mort ? Ou est-ce une interprétation de sa remarque ?
C'est une interprétation, mais une interprétation raisonnable. Elle dit à Mediapart d'enfiler un gilet pare-balles. C'est difficile de lire cela autrement qu'comme une allusion à la violence.
Et les autres attaques contre les journalistes mentionnées dans la tribune ? Sont-elles documentées ?
La tribune parle de menaces de mort et d'attaques systématiques de l'extrême droite. Mediapart lui-même a publié des reportages sur ces menaces. Mais la tribune elle-même ne détaille pas chaque incident.
Donc on sait qu'il y a des menaces, mais la tribune ne nous dit pas combien, ni quand, ni contre qui précisément, en dehors de Mediapart.
C'est juste. La tribune est un acte de solidarité et une déclaration de principes, pas un rapport détaillé sur chaque menace.
Qu'est-ce que cela signifie pour la campagne présidentielle ? Est-ce que cela change quelque chose ?
C'est difficile à dire. Cela montre que la presse française, malgré ses divisions habituelles, considère que quelque chose de fondamental est en jeu. Mais cela ne change pas nécessairement le calcul politique.
Et Le Pen ou le Rassemblement national ont-ils réagi à cette tribune ?
Pas que je sache, du moins pas au moment où cette tribune a été publiée.
O Pulso
- Marine Le Pen a suggéré à Mediapart d'enfiler un « costard en kevlar », une formule métaphorique mais suffisamment transparente pour être lue comme une invitation à se préparer à la violence physique.
- Les journalistes de Mediapart et d'autres rédactions font face à des menaces de mort répétées et à des campagnes d'intimidation systématiques orchestrées depuis les rangs de l'extrême droite.
- Trente-neuf médias aux lignes éditoriales opposées — de Libération au Figaro, de TF1 à France Télévisions — ont mis de côté leurs divergences pour cosigner une tribune commune, un geste rare dans le paysage médiatique français.
- La tribune dénonce des pratiques qualifiées de « marque de fabrique des régimes autoritaires » et rappelle que la liberté de la presse est protégée par la Convention européenne des droits de l'Homme.
- Cette mobilisation collective envoie un signal d'alarme sur l'état de la démocratie française à l'approche d'une présidentielle où le Rassemblement national occupe une place centrale.
Dans une France traversée par les tensions d'une campagne présidentielle, trente-neuf rédactions ont choisi de parler d'une seule voix pour rappeler une vérité ancienne : la liberté de la presse n'est pas un privilège corporatiste, mais le fondement silencieux de toute démocratie vivante. La remarque de Marine Le Pen suggérant à Mediapart d'enfiler un « costard en kevlar » a agi comme un révélateur, forçant des médias aux sensibilités très différentes à reconnaître qu'ils partageaient une vulnérabilité commune. Ce moment de solidarité rare pose, en creux, une question que chaque société doit se poser : jusqu'où peut-on laisser l'intimidation s'installer avant qu'elle ne devienne la norme ?
Un vendredi d'octobre, trente-neuf rédactions françaises ont accompli quelque chose d'inhabituel : elles ont signé ensemble une tribune de solidarité, franchissant les frontières éditoriales qui les séparent ordinairement. Le déclencheur était une phrase de Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, qui avait conseillé à Mediapart d'enfiler un « costard en kevlar ». En surface, une métaphore. Dans le contexte d'une campagne présidentielle tendue et de menaces de mort répétées contre des journalistes, une suggestion autrement plus lourde.
Les signataires — France 24, RFI, Le Monde, Libération, TF1, France Télévisions, L'AFP et trois douzaines d'autres — ont dénoncé des « violentes tentatives d'intimidation » qu'ils ont situées dans un schéma plus large : celui des attaques systématiques de l'extrême droite contre la presse d'investigation. Ce qui rendait cette mobilisation remarquable, c'est précisément sa diversité. Des titres de gauche et des organes conservateurs, des chaînes publiques et des médias privés, des quotidiens généralistes et des magazines spécialisés comme L'Équipe ou Que choisir : tous avaient jugé que la ligne avait été franchie.
La tribune affirmait que les journalistes enquêtent « preuves à l'appui », dans le respect de règles déontologiques strictes, et qu'ils ne sauraient être intimidés pour avoir exercé leur métier. Elle rappelait que la liberté de la presse est garantie par le droit international et qu'elle constitue un contre-pouvoir indispensable en démocratie. Elle avertissait enfin que les tentatives d'intimidation violente sont « la marque de fabrique des régimes autoritaires » — et que leur apparition dans une campagne présidentielle française était, selon les rédactions, profondément alarmante.
Vendredi, trente-neuf rédactions de médias français ont signé ensemble une tribune rare : un acte de solidarité collective contre ce qu'elles décrivent comme des menaces directes à l'encontre de leurs confrères. Le déclencheur était précis et troublant. Marine Le Pen, candidate à la présidentielle pour le Rassemblement national, avait adressé à Mediapart une remarque qui semblait anodine en surface mais qui portait un poids différent à la lumière du contexte politique. Elle avait suggéré au site d'investigation d'enfiler un « costard en kevlar » — une allusion transparente à un gilet pare-balles, une protection contre les balles.
Les signataires de la tribune — parmi lesquels France 24, RFI, Le Monde, Libération, TF1, France Télévisions et trois douzaines d'autres organisations de presse — ont lu cette phrase comme une menace. Pas une menace directe et explicite, mais quelque chose de plus insidieux : une suggestion que les journalistes de Mediapart devraient se préparer à la violence. Les rédactions ont dénoncé ce qu'elles ont appelé des « violentes tentatives d'intimidation » émanant du Rassemblement national, et elles ont situé ces attaques dans un contexte plus large. Mediapart n'était pas seul. Les journalistes travaillant sur l'ensemble du territoire français faisaient face à des menaces de mort répétées et à des campagnes systématiques d'attaques de la part de l'extrême droite.
Ce qui rendait cette mobilisation remarquable, c'est qu'elle transcendait les lignes éditoriales. Des médias aux orientations très différentes — des titres de gauche comme Libération et Politis aux organes plus conservateurs comme Le Figaro et Le Parisien, des chaînes publiques comme France Télévisions aux médias privés comme TF1 et M6 — ont mis de côté leurs divergences habituelles pour parler d'une seule voix. Les rédactions ont affirmé que les journalistes enquêtent « preuves à l'appui », qu'ils rapportent des faits, qu'ils analysent et qu'ils déjouent les campagnes de communication élaborées, tout cela en respectant des règles déontologiques strictes. Aucun d'entre eux ne devrait être intimidé pour avoir fait son travail.
La tribune situait ces attaques dans un cadre démocratique plus large. Les rédactions ont rappelé que la liberté de la presse est garantie par la Convention européenne des droits de l'Homme et le droit international, et que le journalisme fonctionne comme un contre-pouvoir indispensable dans une démocratie. Elles ont noté que les tentatives d'intimidation violente sont « la marque de fabrique des régimes autoritaires à travers le monde ». Le fait que des responsables politiques aspirant à gouverner la France puissent se permettre de telles actions était, selon elles, « alarmant ».
La liste des signataires était exhaustive : elle incluait les grandes agences de presse comme l'AFP, les chaînes nationales comme France 3 et Franceinfo, les quotidiens de référence comme Le Monde et Les Échos, les magazines d'investigation comme Mediapart lui-même (implicitement soutenu par cette mobilisation), et même des titres spécialisés comme L'Équipe et Que choisir. Au total, quarante organisations de journalistes et de personnel de rédaction avaient apposé leur signature. C'était un signal rare et puissant : la presse française, dans sa diversité, considérait que la ligne avait été franchie.
Le contexte politique était celui d'une campagne présidentielle où le Rassemblement national jouait un rôle central. Mediapart, en tant que site d'investigation, avait publié des reportages critiques sur le mouvement et ses figures de proue. Ces reportages avaient déclenché des réactions hostiles. Mais ce qui distinguait la remarque de Le Pen, c'était son caractère métaphorique mais clairement menaçant. Elle ne disait pas simplement que Mediapart se trompait ou qu'elle désapprouvait son travail. Elle suggérait que les journalistes du site devraient se préparer à une agression physique.
La tribune elle-même était un document de protestation, mais aussi une déclaration de principes. Les rédactions affirmaient que les journalistes ne doivent « en aucun cas subir d'intimidations pour avoir fait leur métier ». Elles soulignaient que le droit à l'information est un droit fondamental auquel la population d'un pays démocratique peut prétendre. Et elles mettaient en garde : si des candidats à la présidence pouvaient agir de la sorte, cela posait une question existentielle sur l'état de la démocratie française elle-même.
Citações Notáveis
En suggérant à Mediapart d'enfiler son « costard en kevlar », Marine Le Pen met une cible dans le dos des journalistes.— Tribune collective des 39 médias
Ces violentes tentatives d'intimidation sont la marque de fabrique des régimes autoritaires à travers le monde et sont particulièrement inquiétantes pour le droit à l'information auquel peut prétendre la population d'un pays démocratique.— Tribune collective des 39 médias