En 2017, une vidéo d'un ours polaire émacié sur l'île de Somerset a traversé le monde en quelques semaines, vue par quelque 2,5 milliards de personnes sous le titre « Voilà à quoi ressemble le changement climatique ». Des scientifiques ont depuis établi que cet animal souffrait vraisemblablement d'une maladie ou d'une blessure, et non de la famine systémique que le réchauffement arctique impose à son espèce. L'image reste puissante, le danger climatique reste réel — mais l'écart entre les deux révèle quelque chose d'essentiel sur la façon dont les sociétés construisent leur compréhension des c